Environnement 

La pollution coûte cher et affecte d’abord les plus modestes, exemple à Lyon

actualisé le 21/07/2015 à 15h07

La commission d’enquête sénatoriale a rendu publiques ses conclusions sur le coût de la pollution ce 15 juillet. Bilan : environ 40 000 décès prématurés en France et un coût sanitaire estimé entre 68 et 97 milliards d’euros. Un chiffre sous-évalué selon les mots de la rapporteure. Dans l’agglomération de Lyon, les plus modestes sont les plus exposés.

Niveau d'exposition à la pollution atmosphérique selon le niveau de vie dans l'agglo de Lyon / PDF Equit'area

Niveau d’exposition à la pollution atmosphérique selon le niveau de vie dans l’agglo de Lyon / PDF Equit’area

Si le rapport dresse une listes de recommandations et de mesures à mettre en oeuvre à destination du gouvernement pour réduire la facture et améliorer la santé des français, il ne dit pas qui en souffre le plus.

C’est la question que s’est posée notamment Rue89 quise réfère aux études que mènent des chercheurs de l’Ecole des hautes études en santé publique, dans un programme de recherche nommé Equit’area, lancé en 2009. L’agglomération de Lyon faisait partie des territoires étudiés et les premiers résultats ont été publiés fin 2012.

Les chercheurs ont combiné deux séries de données : d’une part les données socio-économiques du territoire, de l’autre les concentrations moyennes de dioxyde d’azote (trafic routière, système de chauffage…).

Que révèlent-ils dans l’agglomération lyonnaise ? Réponse : les plus modestes sont globalement les plus exposés (cf carte ci-dessus).

Les concentrations de dioxyde de carbone sont les plus forts autour des grands axes routiers et dans une grande partie de Lyon intra-muros. Globalement, les zones les plus défavorisées socio-économiquement recouvrent celles les plus exposées à la pollution. Le sud-est de l’agglomération et les secteurs au-delà du périphérique Est restent toutefois une exception. Plutôt défavorisés, ils présentent des taux de pollution plus faibles.

Pollution supérieure de 20% dans les zones les plus défavorisées

Interrogé au moment de la publication de ces premiers résultats Denis Zmirou, un des chercheurs menant le projet, pointait comme principal enseignement du niveau de pollution la proximité avec les grands axes routiers.

« L’enseignement principal, c’est que là où il y a de grands axes routiers, il ne faut pas qu’il y ait de fortes concentrations de populations et vice-versa. Il ne faut plus que l’on vive près de grands axes routiers. Et on ne devrait plus trouver de collèges, hôpitaux ou maisons de retraites à proximité.  »

« (…) Les populations les plus exposées sont donc le plus souvent celles qui vivent à proximité des axes routiers. Ce facteur est un héritage de l’histoire, mais il a aussi beaucoup évolué ces quarante dernières années ».

A Lyon, très récemment, même si ce n’est pas le territoire le plus défavorisé, ce sont les abords du tunnel de la Croix-Rousse qui aimeraient mieux respirer. Notamment une école. Une étude sur la qualité de l’air est d’ailleurs en cours.

Il affirmait d’ailleurs qu’en moyenne la pollution était supérieure de 20% dans les quartiers défavorisés. Pour Lyon, les quartiers favorisés tirent avantages de leur organisation selon lui :

« Surtout, à Lyon comme à Lille, les quartiers favorisés sont composés de petites ruelles et de peu d’axes routiers ».

Plus récemment, une étude l’INSEE sur la pauvreté mettait en évidence dans l’agglomération la prévalence de l’âge. La proportion de ménages jeunes vivant sous le seuil de pauvreté est plus importante qu’après 50 ans. D’autres aspects de la pauvreté pourraient être dévoilés par l’équipe de recherche du programme Equit’area.

Leurs études portent également sur la combinaison entre les indices socio-économiques et la nuisance sonore ou encore la mortalité infantile. Toujours en cours, ces données du programme n’ont pas encore été rendues publiques.

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