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La Percée du vin jaune se remet en question : on est content pour les vignerons du Jura

actualisé le 30/06/2015 à 21h54

On ne pensait pas revenir si vite sur le cas de la Percée du vin jaune, une grosse fête populaire tournante qui se tient chaque année dans une ville différente du Jura, terre de fabrication du breuvage.

C’est l’édition départementale du Progrès qui nous en donne l’occasion, en titrant sa Une du jour « La Percée du vin jaune s’interroge sur son avenir » (version web).

jesuisvinjaune

Un billet du blogueur Benjamin Poussardin publié sur Rue89Lyon, qualifiant cette fête de « beuverie sans intérêt », avait sérieusement remué la dernière édition de la Percée. Les hurlements et, même, les menaces, s’étaient abattus sur notre site et sur l’auteur du billet, via les réseaux sociaux notamment.

Certains des organisateurs de la Percée, bien chauds, nous soupçonnaient dans un reportage réalisé par France 3 Franche-Comté d’avoir des desseins malveillants vis-à-vis de la manifestation (imaginant peut-être que l’on fomentait un événement concurrent ?).

La rédactrice en chef de l’édition jurassienne du Progrès était en personne montée au créneau pour défendre l’événement dont le journal est par ailleurs partenaire, mieux encore qu’un office du tourisme ne l’aurait fait.

L’un des cofondateurs de la Percée estimait quant à lui que le billet de blog, très critique, constituait « une attaque à [sa] culture ». Celle qu’il a envie d’attribuer au Jura, suppose-t-on.

C’est dans cette même édition départementale du quotidien que l’on apprend ce mardi les questionnements qui traversent le groupe des organisateurs de la Percée, rendus publiques lors de l’assemblée générale de l’association :

« Faut­-il faire du vin jaune un grand cru, un grand vin ? »

Avec des réponses de cette teneur :

« Si oui, la Percée n’a peut-­être plus lieu d’être. On y vient pour faire la fête. De moins en moins de vin y est vendu. Si on veut faire monter en gamme le vin jaune, faut­-il le servir comme cela, dans des conditions difficiles ? »

 

« La meilleure publicité qu’on puisse faire aux vins du Jura ». Vraiment ?

L’éventualité d’interrompre un an la Percée a donc été évoquée. Pour être évincée par les tenants d’une manifestation grand public qui reste, pour reprendre les termes de Valérie Tissot, présidente de la Percée 2015, « la meilleure publicité qu’on puisse faire aux vins du Jura ».

Le blogueur de Rue89Lyon avait décrit au contraire une fête virant au glauque (l’édition 2015 a compté environ 30 000 visiteurs). Il concluait ainsi son billet :

« Le Jura tout comme ses vignerons méritent mieux. Ploussard, trousseau, pinot noir, savagnin ou chardonnay possèdent tous leur typicité. Le terroir y est exceptionnel, la concentration de vignerons talentueux est importante. »

On ne peut s’empêcher de penser que la vague d’échanges provoquée par le billet de blog, parfois étonnamment haineux, pertinents pour certains, n’est peut-être pas totalement étrangère aux questions posées au cours de cette assemblée générale (qui s’est donc tenue cinq mois après l’édition 2015 de la Percée).

Christian Vuillaume, présenté par Le Progrès comme un « ambassadeur » de la Percée du vin jaune, a déclaré ce lundi soir :

« Nous avons le nez dans le guidon à peine une édition terminée, pour préparer la suivante. Nous sommes soumis à de plus en plus de contraintes, financières comme sécuritaires et à force de ne pas répondre aux questions, il sera peut­-être trop tard. »

A la suite de la « polémique jurassienne » de ce mois février 2015, Arnaud Septime, auteur du guide de l’Alter-vin, avait rappelé que nombre d’événements en France, ayant originellement pour but de « fêter le vin », devenaient contre-productifs, quel que soit le territoire :

« A Beaune aussi c’est la fête à la saucisse. Faut arrêter avec ce pseudo oenotourisme sur-alcoolisé et racoleur. »

 

 

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Dalya Daoud
Dalya Daoud
Redchef à Rue89Lyon.
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