Appartement 16
  • 12:11
  • 23 juin 2015
  • par Loïc Masson

« Frappé par des taxis », le client d’UberPop poste sa photo sur Facebook

1516 visites | 4 commentaires

[Cet article est mis à jour régulièrement] Après les traquenards tendus aux chauffeurs UberPop à Lyon, c’est un client qui aurait également fait les frais de la colère des taxis samedi soir à Lyon. Il a même posté la photo de son visage tuméfié sur Facebook « pour qu’une telle violence gratuite ne se reproduise pas ».

L’arrêté préfectoral anti-UberPop pris jeudi dernier pour « éviter les risques de trouble à l’ordre public » a été d’un grand effet.

L’histoire a d’abord été relayée lundi soir par 20 Minutes.

Dans le quartier de la Confluence, « un jeune homme de 26 ans » a tenté de prendre un taxi dans la nuit de samedi à dimanche. Face au refus du conducteur qui lui aurait dit qu’il était en grève, il a contacté un chauffeur UberPop via l’application.

C’est le geste, vraisemblablement vécu comme une provocation, qui aurait débouché sur une agression. La police a indiqué à 20 Minutes qu’« il a été frappé au visage à coups de poing par des chauffeurs de taxi ». Il a pris 21 jours d’ITT.

Une fois l’article en ligne, un homme de 27 ans a publié la photo de son visage tuméfié sur son compte Facebook en expliquant que le « jeune homme » dont parle 20 Minutes, c’est lui, Alexandre.

Les Amis,

Vous savez que je deteste le pathos. Néanmoins, l affreuse histoire racontée par cet article est la mienne….

Posted by Alexande Berlin on lundi 22 juin 2015

Depuis, le post a été partagé 2 700 fois (à l’heure où nous mettons en ligne cet article).

Et l’histoire a été relayée par Buzzfeed ou BFM TV. Le témoignage du père de la victime supposée a même été publié par Europe1.

Les Inrocks ont contacté « le jeune homme » qui se présente comme un « consultant en management » qui « sortait d’un séminaire » avec un ami. Celui-ci raconte l’agression qui s’est déroulé en deux temps :

  • “J’ai essayé de monter dans un taxi normal, qui avait sa lumière verte allumée. Il n’a pas voulu nous prendre, prétextant qu’il était en grève (…) Je l’ai invité à mettre sa lumière en rouge, en lui disant que le plus simple pour tout le monde serait qu’il se mette en route. Il m’a traité de fils de pute en me disant de me mêler de mes oignons.” Et Alexandre lui a alors lancé : “Avec de tels propos, pas étonnant que les clients préfèrent Uber.”
  • « Le chauffeur est sorti de son taxi pour en découdre mais c’est un deuxième chauffeur qui se serait interposé. Le ton serait alors descendu et ils se seraient même serré  la main, avant de se séparer. Mais « au bout de 50 mètres, il y a quelqu’un qui me retient par l’épaule. Il me frappe une fois, puis deux. J’entends dans ma tête que quelque chose s’est cassé.” C’est l’intervention de son ami qui a fait partir son agresseur.

« Il n’y a pas la preuve que ce sont des chauffeurs de taxi »

Les avocats d’Alexandre, Hadrien Bourrellis et Me Rémi Lorrain, ont appelé mardi soir les présentes sur les lieux de l’agression à se mettre « à la disposition des enquêteur « , comme le rapporte l’AFP :

« Nous espérons que les personnes qui ont assisté aux faits et ayant fait des déclarations dans la presse se mettront à la disposition des enquêteurs ».

Cette déclaration vise particulièrement les nombreux taxis qui étaient rassemblés samedi soir à la Confluence pour tendre des traquenards aux chauffeurs d’UberPop.

Interrogé par Lyon Capitale, Pascal Wilder, qui préside la fédération des taxis indépendants, appelle à la prudence sur les auteurs de l’agression :

« Au moment où l’on se parle, il n’y a pas la preuve que ce sont des chauffeurs de taxi. La personne dit qu’il a été agressé verbalement par des chauffeurs de taxi. Mais qu’il est parti 100 mètres plus loin, et s’est fait agresser physiquement ».

Selon le président de la Maison des taxis du Rhône, deux chauffeurs de taxi ont été entendus mardi matin par la police sans être placés en garde à vue.

Manif de taxis Versus Réseaux sociaux

UberPop, qui a déjà annoncé son intention de déposer un recours contre l’arrêté préfectoral et de réunir toutes les plaintes de ses chauffeurs en justice, a témoigné publiquement de son soutien au jeune homme sur Twitter.

Alors que les chauffeurs de taxi annoncent une manif ce jeudi à Lyon, la riposte pour soutenir UberPop contre les taxis passent par les réseaux sociaux.

Un comité de soutien « Pour que Uber continue à Lyon » a également sa page sur facebook depuis l’arrêté préfectoral. Promettant de pouvoir faire pression auprès de la préfecture à partir de 10 000 soutiens (sous forme de « j’aime »), elle en compte plus de 8000 ce mardi après-midi.

L’arrêté préfectoral n’a pas calmé les tensions

La préfecture du Rhône, qui a interdit UberPop le 18 juin, affirme qu’elle « sera ferme des deux côtés ».

Depuis l’arrêté, qui avait pour principale justification d' »éviter les risques de trouble à l’ordre public », les tensions semblent se multiplier.

Les taxis se rassemblent, se font passer pour un client afin de piéger les chauffeurs et les remettre à la police, non sans avoir recouvert les voitures d’autocollants.

Les actions dégénèrent parfois, comme ce week-end aux Brotteaux. Dans le quartier de Confluence, un chauffeur UberPop a forcé un barrage de taxis pour échapper au traquenard. Boulevard Vivier-Merle, toujours ce week-end, plusieurs voitures appartenant à des chauffeurs UberPop ont été tapissées d’autocollants.

Au moins une procédure a été ouverte, pour dégradation de véhicule.

> Article mis à jour le 24 juin à 9h avec la déclaration des avocats d’Alexandre


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4 Commentaires postés

  1. Bravo pour le zèle du préfet. Actes = consequences

  2. Je croyais que la Confluence était bardée de caméras de surveillance… Ça ne doit pas être bien difficile pour la police de connaître le fin mot de l’histoire.

  3. « Frappé par des propriétaire d’immeubles », un ex-futur-colocataire poste sa photo sur Facebook
    Après les traquenards tendus aux prétendants à la colocation à Lyon, c’est un colocataire qui aurait également fait les frais de la colère des propriétaires d’appartements et de studio samedi soir à Lyon. Il a même posté la photo de son visage tuméfié sur Facebook « pour qu’une telle violence gratuite ne se reproduise pas ».

    L’arrêté préfectoral anti-colocation pris jeudi dernier pour « éviter les risques de trouble à l’ordre public » a été d’un grand effet.


    L’histoire a d’abord été relayée lundi soir par 20 Minutes.
    Dans agence immobilière de la Confluence, « un jeune homme de 22 ans, étudiant en histoire de l’art » a déposé un dossier de candidature pour un appartement meublé. Face au refus de l’agent immobilier qui lui aurait dit qu’il n’avait pas les garanties locatives suffisantes, il a demander à déposer dans une autre agence un dossier de colocation avec 2 autres étudiants de sa faculté.
    C’est le geste, vraisemblablement vécu comme une provocation, qui aurait débouché sur une agression. La police a indiqué à 20 Minutes qu’« il a été frappé au visage à coups de poing par des propriétaires de logements étudiants ». Il a pris 21 jours d’ITT.
    Une fois l’article en ligne, un homme de 27 ans a publié la photo de son visage tuméfié sur son compte Facebook en expliquant que le « jeune homme » dont parle 20 Minutes, c’est lui, Alexandre.

    Depuis, le post a été partagé 2 700 fois (à l’heure où nous mettons en ligne cet article).
    Et l’histoire a été relayée par Buzzfeed ou BFM TV. Le témoignage du père de la victime supposée a même été publié par Europe1.
    Les Inrocks ont contacté « le jeune homme » qui se présente comme un « un simple étudiant en histoire de l’art » qui « sortait d’un TD » avec un autre étudiant de sa promo. Celui-ci raconte l’agression qui s’est déroulé en deux temps :

    • “J’ai essayé de louer un appartement meublé, qui avait l’air disponible sur le site de l’agence. Il n’a pas voulu prendre mon dossier pourtant complet, prétextant que les garants n’étaient pas vraiment solvables (…) Je l’ai invité à m’indiquer combien d’equivalents en loyers mes garants devaient gagner, en lui disant que le plus simple pour tout le monde serait qu’il l’affiche clairement sur l’annonce. Il m’a traité de fils de pute en me disant d’aller bosser à Mc Donald à côté des cours, que le propriétaire gagnait le triple du salaire de mon père (un de mes garants).” Et Alexandre lui a alors lancé : “Avec de tels propos, pas étonnant que les étudiants se mettent en coloc ou préfèrent la sous-location.”
    • « L’agent s’est levé de son bureau pour en découdre mais c’est le propriétaire du bien en question dans la pièce par le plus grand hasard qui se serait interposé. Le ton serait alors descendu et ils se seraient même serré  la main, avant de se séparer. En sortant de l’officine « au bout de 50 mètres, il y a quelqu’un qui me retient par l’épaule.

    • Il me frappe une fois, puis deux. J’entends dans ma tête que quelque chose s’est cassé.” C’est l’intervention d’un autre étudiant venu déposer un dossier qui a fait partir son agresseur.
      « Il n’y a pas la preuve que ce sont les agents immobiliers »
      Les avocats d’Alexandre, Robert Papadokis et Me Gérard d’Alsace, ont appelé mardi soir les présentes sur les lieux de l’agression à se mettre « à la disposition des enquêteur « , comme le rapporte l’AFP :
      « Nous espérons que les personnes qui ont assisté aux faits et ayant fait des déclarations dans la presse se mettront à la disposition des enquêteurs ».
      Cette déclaration vise particulièrement les nombreux propriétaires de biens locatifs et les syndics de copropriété qui étaient rassemblés samedi soir à la Confluence pour tendre des traquenards aux prétendants à la sous-location. Ils postaient de fausses annonces sur le bon coin et invitaient les jeunes gens à venir visiter de vrai appartements faussement à la location.

      Interrogé par Lyon Capitale, Robert Kramer, qui préside la fédération des propriétaires indépendants, appelle à la prudence sur les auteurs de l’agression :
      « Au moment où l’on se parle, il n’y a pas la preuve que ce sont des propriétaires de logements étudiants. La personne dit qu’il a été agressé verbalement par des agents immobiliers. Mais qu’il est parti 100 mètres plus loin, et s’est fait agresser physiquement ».
      Selon le président de la Maison de l’immobilier du Rhône, deux agents immobiliers ont été entendus mardi matin par la police sans être placés en garde à vue.

      Manif de proprio Versus Réseaux sociaux
      Colocation.com, qui a déjà annoncé son intention de déposer un recours contre l’arrêté préfectoral et de réunir toutes les plaintes de ses clients en justice, a témoigné publiquement de son soutien au jeune homme sur Twitter.
      Alors que les propriétaires annoncent une manif ce jeudi à Lyon, la riposte pour soutenir les prétendants à la colocation contre les proprio passent par les réseaux sociaux.
      Un comité de soutien « Pour que la colocation continue d’exister » a également sa page sur facebook depuis l’arrêté préfectoral. Promettant de pouvoir faire pression auprès de la préfecture à partir de 10 000 soutiens (sous forme de « j’aime »), elle en compte plus de 8000 ce mardi après-midi.

      L’arrêté préfectoral n’a pas calmé les tensions
      La préfecture du Rhône, qui a interdit la colocation le 18 juin, affirme qu’elle « sera ferme des deux côtés ».
      Depuis l’arrêté, qui avait pour principale justification d’ »éviter les risques de trouble à l’ordre public », les tensions semblent se multiplier.
      Les proprios se rassemblent, se font passer pour des étudiants en recherche de colocation afin de piéger les autres prétendants et les remettre à la police, non sans avoir recouvert les vêtements des jeunes gens de badges d’autocollants.

      Les actions dégénèrent parfois, comme ce week-end aux Brotteaux. Dans le quartier de Confluence, un étudiant a cassé la fenêtre d’un appartement pour écha