Cultures 

« Les Rues de Lyon », une nouvelle revue associative, locale et en BD

Auto-éditée par l’association l’Épicerie Séquentielle, c’est une belle revue toute neuve qui se lance ce jeudi 11 juin. « Les Rues de Lyon », c’est son nom, se dévoile à la veille du Lyon BD Festival des 13 et 14 juin. Sa campagne de financement sur Ulule vient de se terminer et a réuni près de 23 000 euros. Et en exclu sur Rue89Lyon, les premières planches du numéro 5 de la revue, signés Grégoire Berquin (en fin d’article).

> Nous republions notre article du 18 mai 2015

« Permettre aux Lyonnais de redécouvrir leur environnement », c’est l’objectif que se fixe l’Épicerie séquentielle. Créée en 2004, cette association qui réunit des auteurs de BD de Lyon va auto-éditer la revue « Les Rues de Lyon » grâce à une campagne de crowdfunding.

Son ambition est de « réintégrer l’auteur dans un circuit de proximité », comme pour les légumes. Mais aussi de pouvoir être « fier d’être lyonnais » en dehors « de la bouffe et du foot » explique Olivier Jouvray, scénariste de bandes dessinées (notamment Lincoln), professeur à l’école Émile Cohl et directeur technique de La Revue Dessinée.

Les Rues de Lyon

Benjamin Lebègue et Olivier Jouvray, à l’origine de la revue « Les Rues de Lyon ». ©Léa Ménard/Rue89 Lyon

Les premiers numéros seront consacrés à des sujets historiques. Dans une vidéo de présentation, l’Épicerie Séquentielle donne quelques exemples d’histoires que les lecteurs pourront découvrir : pourquoi la porte d’entrée de l’Église du Bon Pasteur fut construite à quatre mètres de haut, comment François 1er fît cocu un riche lyonnais en 1515, ou encore l’histoire du tumulte du pont de Rosne.

Des sujets plus actuels sous forme de reportages, documentaires ou portraits seront à retrouver dans les numéros suivants. Un reportage sur l’école Gilbert-Dru du 7è arrondissement et sa mobilisation en soutien des familles sans toit est notamment prévu. Et toujours en bande dessinée.

Olivier Jouvray précise :

« Il n’y aura surtout pas de fiction, on va parler du local pour permettre aux lyonnais de redécouvrir leur environnement de tous les jours. »

« Il n’y a pas de chef »

Olivier Jouvray se considère comme l’un des « superviseurs » du projet :

« Il n’y a pas de chef. J’ai lancé l’idée et très vite on s’est réuni à trois puis maintenant on est quatre, cinq à superviser le projet. »

Ils sont donc trois à se lancer au départ dans l’aventure : Olivier Jouvray, Kieran et Benjamin Lebègue.

« On s’est dit qu’il fallait qu’on tente l’auto-édition de manière collective, car tout seul ça représente un gros gros boulot… »

Très vite, ils se rassemblent avec d’autres membres de l’Épicerie séquentielle. Ils sont maintenant 23 au sein de l’équipe éditoriale.

« On a pensé à se réunir au sein d’une SARL ou d’une SCOP. Mais ça génère trop de charge. »

1 euro pour l’auteur après chaque vente

Un projet qui s’engage dans un esprit collaboratif et qui met en avant la précarité des auteurs. Sur Ulule, l’Épicerie séquentielle explique que « les auteurs de BD sont fauchés ». Olivier Jouvray va plus loin:

« Les éditeurs nous font de plus en plus comprendre qu’il faut qu’on envisage un deuxième métier. Nous, on a décidé de rester dans la BD. »

Avec « Les Rues de Lyon » l’objectif est de rémunérer l’auteur en conséquence. Chaque revue sera vendue 3 euros et pour chaque vente 1 euro rémunérera l’auteur. Un autre euro sera reversé au revendeur (libraire ou commerçant) et le dernier euro reviendra à l’association pour la production des revues à venir.

Capture d'écran Ulule Les Rues de Lyon

Les trois premiers numéros. Capture d’écran Ulule – Les Rues de Lyon

Un objet « pas cher » qui se collectionne

L’Épicerie séquentielle a la volonté de créer un objet qui se collectionne, tout en proposant un journal accessible pour « pas cher ».

C’est pour cette raison que pour éviter des « pertes énormes » la revue ne sera pas proposée en kiosque, mais uniquement en librairie, dans certains commerces locaux et sur abonnement. Olivier Jouvray a déjà convaincu des revendeurs :

« Pour l’instant elle sera dans une quinzaine d’endroits à Lyon, mais je pense qu’il y en aura plus. »

La collecte de fonds sur Ulule permettra à l’association d’éditer ses premiers numéros à 3 000 exemplaires chacun. Pour la suite, l’association compte surtout sur les abonnements. Olivier Jouvray complète :

« Cela devrait permettre plus d’investissements et de réfléchir à d’autres collections. »

« La règle c’est d’être intéressant »

Les histoires racontées par Les Rues de Lyon sont pour certaines issues d’ouvrages d’un passionné d’histoire lyonnaise, proche d’Olivier Jouvray.

« Il m’a permis d’utiliser tout son travail, mais dès qu’on creuse un peu on peut trouver des centaines d’autres histoires. »

Certaines sont aussi directement proposées par les auteurs, dont certains sont des anciens étudiants du scénariste. Olivier Jouvray indique également qu’ « il n’y a pas de règles », toutes les propositions sont à prendre, et tous les styles de dessins sont acceptés.

« La seule règle c’est d’être intéressant. Il y a tellement d’histoires drôles et farfelues à raconter sur Lyon. J’ai envie de permettre aux gens qui se baladent d’avoir des explications sur les lieux qu’ils fréquentent. »

Un lancement en grande pompe

À l’initiative d’Olivier Jouvray, le lancement de la revue au festival Lyon BD Festival les 13 et 14 juin prochains est un « choix stratégique ».

« On voulait utiliser la résonance du festival. Faire un gros lancement avec six numéros d’un coup : janvier, février, mars, avril, mai et juin 2015 avant de prendre un rythme mensuel. Pour donner aux lecteurs de quoi se faire plaisir dès le début. »

Olivier Jouvray est confiant, mais il admet que :

« Pour démarrer une aventure comme ça il faut être un peu original. »

Ci-dessous, les trois premières planches de la revue n°5 – mai 2015 « Les Rues de Lyon » signées Grégoire Berquin : 

http://issuu.com/leamenard/docs/document_fusionne_2?e=17184247/12979304

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