Cultures 

Un AIR de famille : qu’est-ce qui ne tourne pas rond ici ?

actualisé le 05/06/2015 à 14h24

Dépression, remise en question, deuil, dysfonctionnement familial, rapport compliqué à son pays natal, et parfois tout cela à la fois : à travers les personnages de leur roman, une bonne partie des auteurs de cette édition des assises internationales du roman se pose la question frontale de savoir ce qui est universellement pourri au royaume de l’être humain ; et que la littérature pourrait, peut-être, résoudre.

Ces cinq-là en particulier.

L’expérience douloureuse de la dépression de Céline Curiol

Céline Curiol AIR

©DR

«Agglutinés à mon désarroi, mes mots, des mots qui ne tranchaient rien, ne séparaient rien, ne créaient rien. Seulement s’enchaînaient. Et avec eux moi. Qu’ils pétrifiaient.»

Le 15 août 2009, Céline Curiol sombre dans une grave dépression dont, avec le recul, elle nous livre aujourd’hui l’expérience douloureuse (Un quinze août à Paris, Actes Sud) et les cheminements difficiles (notamment sur le plan familial) pour s’en sortir, toutes ces «maintes petites luttes, maintes résistances, maintes attentions.»

La dépression est aussi ici une traversée, une mutation, la quête d’une nouvelle identité : «Cet autre, c’est en moi qu’il fallut le trouver» écrit-elle.

Au Centre hospitalier Le Vinatier jeudi 28 mai à 18h30
Aux Subsistances vendredi 29 mai à 15h30
Aux Subsistances dimanche 31 mai à 11h

Mohammed Hasan Alwan donne un portrait saisissant de la famille saoudienne grâce à un castor 

Mohammed Hasan Alwan AIR

©DR

Si vous voulez en savoir un peu plus sur la très fermée société saoudienne et/ou sur votre famille, allez donc à la rencontre d’un castor, c’est radical.

C’est ce que fait bien malgré lui Ghaleb, personnage du roman d’Alwan Le Castor (Seuil), lors d’un exil de lassitude, au fin fond du Nord-ouest américain.

Les deux, le narrateur comme l’auteur, recomposent ainsi par le biais de cette rencontre fortuite et de la ressemblance de l’animal, physiquement et métaphoriquement, avec les proches de Ghaleb, un portrait saisissant et, il faut bien le dire, étonnamment drôle de la famille et de la société saoudiennes, empêtrées dans leur contradiction et leur hypocrisie.

Ce qui est le propre de toute famille et rend Alwan et son livre si universels.

Au centre hospitalier Saint-Joseph Saint-Luc jeudi 28 mai à 18h30
Aux Subsistances samedi 30 mai à 19h30

Arno Geiger : son nouveau roman fait de lui un très bon Flaubert

Arno Geiger AIR

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Dans une Autriche qui, comme le montre admirablement le documentaire L’Autriche d’Arno Geiger, Robert Menasse et Josef Winkler – et n’importe quelle œuvre autrichienne de ces trente dernières années – se déteste cordialement, Arno Geiger est un peu le petit prince des Lettres, dont on aurait presque tendance à oublier la gravité de certains des livres comme Le Vieux Roi en son exil.

Plus léger,  Tout sur Sally (Gallimard), le dernier en date, est l’histoire d’une femme d’âge mûr et de condition bourgeoise qu’un cambriolage va libérer du poids de son couple et de sa famille trop parfaits. On ne sait si Sally c’est lui, mais Geiger fait un très bon Flaubert.

Á la médiathèque François Mitterrand, Saint-Priest,  vendredi 29 mai à 15h
Aux Subsistances vendredi 29 mai à 20h

À la découverte de la psyché adolescente indienne avec Manu Joseph

Manu Joseph AIR

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Avant de se suicider, le jeune Unni déclare :

«Vous n’échapperez pas au bonheur.»

Son père Ousep, lui, échappe à toute explication du geste de son fils et, en sa qualité (parmi d’autres) de journaliste d’investigation, se met en tête de percer le mystère de ce drame juvénile.

Et découvre l’univers, fascinant pour lui et pour nous, sous la plume de Manu Joseph (Le Bonheur illicite des autres, Philippe Rey) de la psyché adolescente certes, mais surtout de la psyché adolescente indienne – infusée de BD et de spiritualité en vrac.

Laquelle,  comme tout ce qui est adolescent, constitue pour les adultes un vaste continent noir dans lequel avancer est toujours un péril.

Aux Subsistances samedi 30 mai à 17h30
Au Comoedia dimanche 31 mai à 11h30

Fillipo D’Angelo livre une métaphore d’une Italie Berlusconnienne avec La Fin de l’Autre Monde

Fillipo D'Angelo AIR

©DR

Italien installé à Paris, D’Angelo est présenté comme un spécialiste du libertinage. C’est aussi le cas du héros de son roman La Fin de l’Autre Monde (Notabilia), Ludovico.

Mais là où D’Angelo s’occupe surtout de traduire Sade, Ludovico se base davantage sur la pratique de l’érotomanie, qu’il nourrit d’un penchant pour l’alcool et d’une tension incestueuse permanente avec sa sœur cadette Umberta.

Métaphore d’une Italie berlusconnienne, famille brisée et oublieuse d’elle même,  Ludovico, thésard en Lettres, autre résonance, nourrit une obsession – passionnante – pour l’existence d’une prétendue fin alternative à L’Autre Monde de Cyrano de Bergerac, comme s’il s’agissait de la quête de sa propre absolution et que la littérature pouvait sauver ce qui peut encore l’être.

Aux Subsistances dimanche 31 mai à 18h30

Assises Internationales du Roman 2015, du 25 au 31 mai, plus d’informations sur Villa Gillet.

Par le petit-bulletin.fr

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