Pourvu qu'il y ait l'ivresse (confessions d'un naturiste)
Cuisinier en quête d'étoiles, j'ai fini par prendre la voie du dit "Vin". Sommelier puis fondateur d'une société spécialisée en la matière, je travaille avec les vignerons. Mais à force de tenter d'étancher ma soif, j'ai bien compris que les vins trop techniques n'étaient pas fait pour moi. Mon palais et mon corps n'acceptent plus de boire du chimique. Je suis donc parti sur la voie du bio, de la biodynamie et des vins naturels...
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Une journée de labour à cheval dans le Beaujolais, avec Lilian Bauchet et Qualine

actualisé le 22/04/2015 à 15h43

Dans mon dernier billet, je vous avais promis un passage chez le vigneron Lilian Bauchet, pour une journée de labour à cheval. Hue.

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Lilian Bauchet sa jument Qualine. BP/Confessionsd’unnaturiste.

 

C’est dans ses nouvelles vignes situées à Lancié dans le Beaujolais que je l’ai retrouvé . Sa femme et lui ont choisi un plus petit bout de terrain (3 hectares) sur cette commune pour maîtriser et assumer dans de meilleures conditions leur production de vins naturels.

Le Clos des Bachelards (environ 7 hectares de vignes) à Fleurie est donc entre les mains d’un nouvel acquéreur qui continuera le travail sous le symbole de l’agriculture biologique, une dernière satisfaction pour la famille Bauchet, soucieuse du devenir de son ancien domaine viticole.

Qualine la jument

De tous les vignerons que j’ai pu rencontrer jusqu’ici, je dois admettre que Lilian est à mes yeux le plus proche d’un propos que j’ai envie de tenir, mais qui évolue aussi. Jusqu’au-boutiste dans la vigne et au chai par conviction et par raison.

Tout semble cohérent, tant dans la démarche que dans l’action. A l’entendre, quoi de plus normal que toute cette implication.

Un peu plus loin dans le pré, la jument comtoise Qualine nous attend calmement. Le propriétaire, Paul-Henri Thillardon, jeune vigneron à Chénas, la partage avec Lilian.

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Le travail démarre donc sous le soleil. Et résonne le bruit régulier des sabots de Qualine. Une marche régulière et envoûtante ; le vigneron et sa jument sont en phase. Pas de bruit de machine ni d’odeur d’hydrocarbures, ici tout est naturel, jusqu’au travail des sols.

La traction animale dans la vigne, pourquoi ?

Le travail du sol par la traction animal revêt plus d’un intérêt :

  • Une grande précision de travail, le cheval permet notamment de passer là ou le tracteur serait d’un mauvais usage (vignes serrées, vignes âgées, plantiers fragiles, vignes à accès délicat…).
  • Le tassement des sols n’est pas le même qu’avec un tracteur. De plus, la machine passe toujours au même endroit, contrairement au cheval. Les bandes de tassement continu n’existent donc plus avec l’emploi de l’animal.
  • Pas de vibration des sols avec le cheval, donc pas de déstructuration.
  • Le cheval permet un désherbage complet mécanique du sol, même entre les pieds de vignes ; le vigneron n’a plus recours au désherbant chimique.

Vous l’aurez compris, le travail des sols au cheval, c’est d’abord la garantie de retrouver un sol sain. Le cheval travaille la terre tout en douceur, il remet les sols en état et permet ainsi une meilleure nutrition du cep. Comme la terre est moins dure, les racines s’enfoncent plus profondément.

Pour Lilian Bauchet qui vient tout juste de récupérer des vignes encore non-certifiées bio, c’est la meilleure entrée en matière possible, quitte à déterrer quelques racines restées en surface.

Rapporter un peu de vin

De retour dans les nouveaux locaux qui abritent déjà les fûts de la récolte 2014, Lilian raconte :

« Cette année, je pousserai pour la première fois l’élevage de mes vins jusqu’à septembre. Je n’aurais pas à mécher mes fûts (aseptiser le fût alors vidé avec du soufre en attendant la mise de la prochaine récolte en tonneau, ndlr) et mettrai donc directement le vin tout juste fermenté dedans. J’ai la sensation que le méchage apporte une réduction au vin. Donc si je peux me passer totalement du soufre, autant ne pas m’en priver. »

Notre café englouti, il est déjà 16h et bien temps de récupérer ma commande.

Car le vigneron ne livre pas encore son vin en calèche. Mais tout de même, lorsque je dois en récupérer dans le cadre de mon activité professionnelle, nous essayons de trouver l’arrangement qui nous permettra de passer le vin de mains à mains.

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Qualine et moi. BP/Confessionsd’unnaturiste.

Et toi Qualine, tu en dirais quoi de conduire une calèche ?

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L'AUTEUR
Benjamin Poussardin
Benjamin Poussardin
Cuisinier en quête d'étoiles, j'ai fini par prendre la voie du "dit Vin". Sommelier puis fondateur d'une société spécialisée en la matière, je travaille avec les vignerons. A force de tenter d'étancher ma soif, j'ai compris que les vins trop techniques n'étaient pas faits pour moi. Mon palais et mon corps n'acceptent plus de boire du chimique. Je suis donc parti sur la voie du bio, de la biodynamie et des vins naturels.
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