Environnement  Société 

L’air de Lyon moins pollué en 2014 : merci la météo

actualisé le 22/04/2015 à 08h32

La qualité de l’air en région Rhône-Alpes a été meilleure en 2014 qu’en 2013. Grâce à la météo. Néanmoins, même s’ils sont en baisse, les niveaux de pollution sont encore, sur de nombreux critères, au-delà des normes en vigueur. 

Merci la météo donc. L’hiver doux de 2014 a limité la prolifération des particules fines et l’été pluvieux et peu ensoleillé a permis qu’il y ait moins d’azote dans l’atmosphère.

L’organisme en charge de l’observation de la qualité de l’air, Air Rhône-Alpes, présentait en conférence de presse ce mardi ce bilan 2014 sous forme d’un satisfecit global :

« La météo de 2014 a été au secours de la qualité de l’air. Il y a aussi une tendance globale à l’amélioration qui se vérifie sur les dix dernières années en Rhône-Alpes. »

L’infographie ci-dessous montre que les pics de pollution étaient en baisse en 2014 par rapport à 2013. Il y a eu 53 jours de pics en 2014, contre 83 en 2013 dans la région Rhône-Alpes. À Lyon, ce sont 31 jours de pics qui ont eu lieu en 2014, contre 57 en 2013.

Communiqué Air Rhône-Alpes

Source : communiqué d’Air Rhône-Alpes

Une pollution au-delà des normes bien qu’en baisse

Des polluants dans l’air sont encore trop élevés et certains dépassent les normes européennes. Des normes qui sont beaucoup moins exigeantes que celle de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui classe la pollution de l’air comme cancérigène pour l’homme.

D’après Marie-Blanche Personnaz, directrice d’Air Rhône-Alpes :

« Si les valeurs de l’OMS étaient adoptées, les rhodaniens seraient mieux protégés. Seulement, au niveau de l’Europe, ça serait extrêmement difficile de montrer que tous les pays avancent. »

En 2014, en Rhône-Alpes, la moitié des mesures des particules (PM10) et les trois quart des particules fines (PM2,5) étaient au dessus de la valeur santé de l’OMS.

Ces niveaux inquiétants se situent dans une baisse globale de la pollution comme le montre le graphique ci-dessous où l’on constate une baisse générale des concentrations de polluants en 10 ans.

Graph - Air Rhône-Alpes

Qualité de l’air – évolution des concentrations moyennes mesurées en Rhône-Alpes (Stations de référence). Dossier de presse. ©Air Rhône-Alpes

Dotation de l’État 
Après un petit « coup de gueule » contre la baisse de dotation de l’État à Air Rhône-Alpes, une solution semble avoir été trouvée : « Les membres industriels ont accepté de donner plus pour compenser. Les dotations industrielles vont passer à 42% mais on ne pourra pas aller plus loin. On ne va pas souffrir mais ça ne pourra pas être éternel. Aujourd’hui il faut qu’on essaye de remettre en place un modèle économique… En cinq ans les dotations de l’État sont passées de 34% à 25% », a expliqué la directrice de l’organisme Marie-Blanche Personnaz.

« Si on regarde les valeurs de l’OMS, près d’un rhodanien sur deux est exposé. »

L’organisme Air Rhône-Alpes constate également que les émissions de particules ont tendance à augmenter depuis deux ans, notamment en période hivernale.

Des actions « qui vont dans le bon sens »

Pour Alain Chabrolle, élu EELV et directeur d’Air Rhône-Alpes, de nombreuses actions, comme les PPA : plans de protections de l’atmosphère, vont « dans le bon sens ».

Les transports, notamment les véhicules Diesel, et les anciens systèmes de chauffage au bois restent les principaux émetteurs de pollution.

Pour muscler les PPA, Jean-Philippe Deneuvy, directeur de la DREAL Rhône-Alpes (Direction Régionale de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement) a évoqué des mesures qui devraient être prochainement mises en place, comme l’interdiction d’installer des systèmes de chauffages « non performants », c’est-à-dire non labellisés flamme verte 5 étoiles.

Jean-Philippe Deneuvy, a également fait mention de « dispositifs de conversion » des anciens équipements de chauffage, annoncés par la conférence environnementale du gouvernement qui devraient bientôt faire des appels à financement imminents.

En France les coûts sanitaires de la pollution sont aujourd’hui estimés entre 20 et 30 milliards d’euros par an.

Alain Chabrolle se félicite néanmoins que le Sénat se soit emparé du sujet. Une commission d’enquête sur le coût économique et financier de la pollution de l’air a en effet été créée en février 2015.

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L'AUTEUR
Léa Ménard
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