Société 

L’association anti-corruption Anticor se lance à Lyon

Ce jeudi soir, l’association anti-corruption Anticor lançait publiquement son groupe local lyonnais à la MJC Monplaisir. Anticor est connue pour avoir déposé plainte dans plusieurs affaires sur le plan national, comme celle des « sondages de l’Elysée ». L’association a l’intention de s’activer aussi au plan local. Elle revendique 54 groupes locaux et 1 200 adhérents.
Présente depuis deux ans dans le Rhône, Anticor veut multiplier ses actions pour promouvoir l’éthique en politique et dans les administrations. A deux niveaux :

  • Améliorer la transparence en développant l’accès aux données publiques.
  • Prévenir et dénoncer les conflits d’intérêt et la corruption.

La banalisation de la corruption et des conflits d’intérêt ?

L’objectif est notamment de faire signer la « Charte anticor 2014 » par les maires. En revendiquant un « droit de regard citoyen », cette charte appelle la mise en place d’une « commission éthique indépendante » comprenant notamment des membres de l’opposition et des citoyens pour statuer sur d’éventuels conflits d’intérêt. Juvignac (dans l’Hérault) fait partie des rares communes signataires et qui a appliqué la charte.

L’ancien maire PS de Grenoble, Michel Destot, avait d’ailleurs signé la charte mais n’y avait finalement pas répondu en continuant à cumuler ses mandats ; Anticor l’avait mis en demeure.

Etre davantage visible est aussi une manière de se faire connaître des lanceurs d’alerte, ceux qui peuvent dénoncer une irrégularité.

A Lyon, l’association, constituée de bénévoles et uniquement financée par des dons et les adhésions de se membres, envisage de monter une plateforme de crowdfounding pour aider les lanceurs d’alerte dans leurs actions.

Car l’idée d’Anticor, en dehors de quelques cas médiatiques, est de fournir une « boîte à outils » (l’expertise de ses membres) à toutes ces personnes qui la contactent pour dénoncer un fait de corruption. Ensuite, à ces lanceurs d’alerte, aidés par Anticor, de saisir les institutions compétentes ou de le dénoncer dans les médias.

La présidente-fondatrice, Séverine Tessier, de passage à Lyon, insiste sur la « banalisation des conflits d’intérêt, de la corruption et du favoritisme » également souligné dans le dernier rapport du Service central de prévention de la corruption :

« Depuis les lois de décentralisation, le préfet doit assurer le contrôle de légalité. Mais on s’aperçoit dans un grand nombre de cas, il ne fait pas son travail et ne dénonce pas ces faits délictueux en justice ».

L’éthique dans les dossiers Grand Stade ou Musée des Confluences

L’un des deux animateurs lyonnais d’Anticor, Stéphane Sacquépée, se définit simplement comme centriste. Il a été en charge de la communication d’Eric Lafond aux dernières municipales et a participé également à ma précédente, tandis qu’Eric Lafond portait les couleurs du Modem de François Bayrou. Pour lui, il n’y a pas de difficulté à être militant politique et actif chez Anticor :

« Notre objectif, dans l’association, est de mobiliser le maximum de politiques de gauche comme de droite, notamment dans la signature des chartes. Et nous, militants, nous prenons l’engagement de ne pas être en position éligible ».

Stéphane Sacquépée comme sa présidente Séverine Tessier ne tiennent pas de statistiques sur les cas de corruption ou de conflits d’intérêt mais affirment qu’ils sont « en augmentation », en s’appuyant sur les signalements auprès d’Anticor :

« A Lyon, je reçois déjà quatre à cinq appels par semaine ».

Avant de reconnaître que tous les dossiers ne peuvent pas aboutir fautes d’éléments suffisants. Membre invité de l’association des contribuables lyonnais Canol, Stéphane Sacquépée regrette qu’on ne « parle pas d’éthique sur les grands dossiers comme le Grand Stade ou le Musée des Confluences » :

« Quand je trouve que la récente augmentation des indemnités des élus de la Métropole pose question, on m’accuse de poujadisme. Il faut créer un vrai espace de débat sur l’éthique en politique. Cela veut dire également poser la question de la concentration des pouvoirs des élus locaux. Et à Lyon, avec Gérard Collomb, il y a de quoi faire ».

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