La veggie repentie
J'ai voulu être végétarienne, par conviction. J'ai mangé tous les falafels de la ville ; j'ai aussi fait les deux tables vegan qui se courent après, à Lyon... Finalement, je suis revenue à la viande car je crois qu'il est possible d'en consommer sans faire n'importe quoi. Et de défendre un mode d'élevage et une agriculture responsables.
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La philosophie à l’épreuve de la viande

actualisé le 02/01/2015 à 10h36

SUR LEMONDE.FR

Pouvons-nous, pour notre plaisir ou par simple habitude, faire souffrir et mourir des êtres vivants capables d’émotions et d’intentions, alors même que notre survie alimentaire n’est pas en jeu ? Et si non, pourquoi continuons-nous à le faire ?

Pour tenter de comprendre, Catherine Vincent, journaliste au Monde, résume les diverses pensées philosophiques actuelles autour de la question animale. Selon elle la philosophie, jusqu’à un passé (très) récent, ne s’est jamais posée cette question. A quelques exceptions près (Pythagore et Plutarque), les Anciens ne se sont intéressés à l’animal que pour démontrer combien l’homme en était différent. Combien il leur était supérieur.

Il faudra attendre Jacques Derrida, et sa déconstruction du propre de l’homme, pour qu’enfin la question soit posée : comment a-t-on pu à ce point légitimer la violence envers l’animal ?

Florence Burgat, philosophe spécialiste de la question animale se pose en outre la question de l’option carnivore choisie par l’homme.

« Nous sommes une espèce omnivore, ce qui signifie que nous avons le choix de notre alimentation. Pourquoi alors l’humanité, au moment où elle arrive à un niveau de développement suffisant pour s’émanciper de l’alimentation carnée (…) fait-elle au contraire le choix de l’instituer ? »

Si pour certains philosophes le problème est celui du statut de l’animal aujourd’hui : est-il un objet ou un être vivant à respecter ? Pour d’autres la question n’est pas là.

Dominique Lestel, philosophe et éthologue à l’Ecole normale supérieure de Paris affirme :

« Le problème éthique majeur aujourd’hui, ce n’est pas celui de la consommation de viande. C’est l’ignominie de l’élevage industriel. Il y a une dégradation non seulement de l’animal, mais aussi de l’humain à travers ces pratiques. »

Dominique Lestel, et il n’est pas le seul, opte ainsi pour le concept de la « viande heureuse » – une viande provenant d’animaux bien élevés, bien tués, que nous pourrions ainsi consommer en toute bonne conscience.

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