Société 

En vélo à Lyon : après le train la pédale est-elle possible ? (3/3)

actualisé le 15/07/2014 à 09h16

L’utilisation du vélo s’est multipliée par trois depuis l’arrivée des Vélo’V en 2005 (il représente 25% du trafic). Pour les associations cyclistes, les initiatives publiques en la matière sont loin d’être à la hauteur. Leur souhait : que la ville de Lyon et la Région changent de braquet pour se doter – enfin – d’une politique du vélo cohérente et globale. Intermodale.

Très tôt, la Région Rhône-Alpes a voulu jouer le jeu de l’intermodalité. En 1997 précisément, date à laquelle s’est développée le duo TER+vélo. En gros, des compartiments sont spécialement mis à disposition pour poser son bolide.

« Rhône-Alpes fut l’une des deux premières régions avec l’Alsace à avoir généralisé l’accès des TER aux vélos ».

La fête au vélo
les 28 et 29 juin, c’était le neuvième anniversaire du Vélo’v. Rue89Lyon ne va pas jouer le trouble-fête (pas son genre), mais il y a quand même quelques questions à soulever, sur l’utilisation de ce moyen de transport très en vogue dans la ville, notamment depuis l’arrivée de ce vélo rouge désormais incontournable et en libre service. Pour l’occasion, nous publions une série d’articles sur la politique des collectivités locales menée en la matière.

Actuellement, 42 gares de la Région proposent le service de réservation de places de stationnement vélo, dont celles de Jean Macé et de Saint-Paul (la liste ici). Frédéric Rollet, Frédéric Rollet, administrateur de l’association Pignon sur Rue, pointe un manque de logique sur Lyon :

« A la Gare de la Part-Dieu, est-ce normale de ne pas avoir de stationnements sécurités pour vélos alors qu’il y a 100 000 usagers par jour? A Toulouse, Lille, Strasbourg, ils sont tous faits de grands parkings vélos. N’ergotons plus ».

Dans une enquête datant de 2013 clairement baptisée « Les Français et le vélo », réalisée par TNS Sofres, MTI Conseil, pour le Club des villes et territoires cyclables, les personnes interrogées placent la mise à disposition de stationnement sûrs et abrités dans les gares et la réalisation systématique de garages à vélos sûrs et accessibles dans les immeubles, respectivement en seconde et troisième position des mesures prioritaires qu’ils souhaitent.

 

Accroître les stationnements vélos

Dans l’axe 1 du Plan d’action en faveur des mobilités actives (PAMA), intitulé « Développer l’intermodalité transports collectifs-modes actifs, la mesure 5 vise à un accroissement des stationnements vélos. Voilà ce qu’elle indique :

« Fixer pour chaque gare, des objectifs de création de places de stationnement sécurisé pour les vélos à l’horizon 2020 calculés en proportion des fréquentations voyageurs et faire en sorte qu’au niveau local il y ait coordination entre les représentants du domaine ferroviaire et des collectivités territoriales de façon à assurer une continuité de la signalétique urbaine jusqu’aux quais ».

L’objectif est clairement affiché :

« Favoriser l’intermodalité entre le vélo et le train. Et permettre aux usagers de stationner de manière sécurisée leur vélo. Cela permettra notamment le développement du vélo dans les zones périurbaines « .

Pour cela, un groupe de travail, chargé de définir les objectifs et d’identifier les moyens à mettre en oeuvre, va se réunir dans chaque gare importante courant 2014.

Parking vélo dans la gare de Jean Macé. crédit photo: Pierre Maier/Rue89Lyon

Parking vélo dans la gare de Jean Macé. Crédit photo: Pierre Maier/Rue89Lyon

Le Grand Lyon planche aussi sur l’intermodalité vélos/transports en commun. Des espaces sécurisés fleurissent dans les stations et parcs relais du réseau TCL. Aujourd’hui, celui-ci compte trois sites équipés de parcs vélos : Gare de Vaise, Oullins La Saulaie et ZI Meyzieu (depuis le 5 mai 2014).  Pour Gilles Vesco, vice-président au Grand Lyon délégué aux nouvelles mobilités urbaines :

« Sécuriser le stationnement est indispensable pour encourager l’usage du vélo en levant le frein de la peur du vol ou de la dégradation ».

Bilan plan mode doux (échéance 2014)

Vélo

Adopté en septembre 2009, le plan modes doux 2009-2020 du Grand Lyon décrit la politique en faveur des modes doux et constitue un cadre et un référentiel pour la programmation et le suivi des réalisations. Un certain nombre d’objectifs ont été pris, et notamment la part modale vélo (la proportion de trajets effectués sur deux-roues par rapport à d’autres modes de déplacement). Le Grand Lyon devait atteindre les 5% en 2014.

Pour Gilles Vesco, l’objectif est atteint :

« Pour le Grand Lyon, tout indique qu’on va atteindre les 5% fin 2014. En tout cas, on aura la part modale vélo dans le détail pour le Grand Lyon début 2016. Le Sytral va lancer une enquête ménage l’année prochaine ».

A noter que pour le duo Lyon-Villeurbanne, la part modale vélo atteint les 7%.

« On va passer la barre des 10% avant le mi-mandat ».

Le chemin est encore long afin que le Grand Lyon se colle dans la roue des meilleurs. C’est Strasbourg qui détient une énorme longueur d’avance sur le peloton Français avec une part modale d’environ 15% dans la ville centre et 9% dans l’agglomération. Très loin encore d’Amsterdam, maillot jaune du classement mondial, où la part modale frise carrément les 50% dans le centre.

Voici la carte des aménagements cyclables de Lyon (ici).

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