Cultures 

Fête de la musique 2014 à Lyon : Brésil et fuite des cerveaux

actualisé le 22/06/2014 à 10h24

LA FÊTE / Quel est l’idiot qui a eu cette idée folle d’inventer la fête de la musique, pour en plus la caser le même jour qu’Argentine-Iran et Nigeria-Bosnie ? Faut-il à ce point détester l’être humain ? Puisque c’est comme ça, voici une sélection des festivités avec plein de Lyonnais dedans, même si pas assez. 

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La fête à la maison

La fuite des cerveaux, qu’on appelle ça. Chaque 21 juin, on constate avec un peu plus d’amertume mêlée de joie – pour eux, surtout – que certains des meilleurs éléments de la scène lyonnaise exportent leurs talents pour aller fêter la musique avec des gens qu’on connaît même pas. Prenons (c’est une image) par exemple Erotic Market, qui déplace pour l’occasion son petit commerce amoureux à Beauvais.

Même si l’on veut bien admettre qu’il est fort charitable d’apporter un peu d’érotisme bootylicious dans la vie des Beauvaisien – déjà que la Picardie pourrait disparaître –, il y a de quoi être furax de se voir lâchés au moment où on a le plus besoin de nos meilleurs éléments pour couvrir le grand vacarme populaire du musicien du dimanche entendant bien prouver que oui, la France a un incroyable talent et qu’en plus c’est lui – il sait jouer I’ve Got You Under My Skin avec un poireau à coulisses. Pire, certains de nos chers groupes lyonnais restent même chez eux en attendant que ça passe (ce sont les mêmes qui ne font pas la vaisselle pour la Journée de la femme, honte à eux).

Folk progressif d’inspiration celtique

Et puis il y a les braves. Les vrais. Les fidèles. Les méritants. La place de la Croix-Rousse en grouillera, avec Joe Bel – qui ouvrira sous le cagnard, ou l’orage, en tant cas qui ouvrira, et c’est beau –, les Clara Clara de François Virot, pour une fois sorti des antres underground pauvres en vitamine D, la dark wave d’Abschaum et la nouvelle petite sensation pop de cette année, Alexis and the Brainbow.

Pas très loin de là, du côté du Gros Caillou, les amateurs de chanson française pourront aller applaudir l’étrange et enfantine (et un peu flippante) Lily Luca et le délicat Frédéric Bobin. Bobin qui, le temps d’un poignant « Tout ce qui vous tient », apparaissait sur l’album de son pote Denis Rivet, domicilié pour un soir place de la République au fronton de la scène « Découverte ». Il y côtoiera notamment une nouvelle tête qui n’en n’est pas vraiment une : si la dénomination, Leon, est inédite, la trombine de celui qui la porte a déjà été vue en première ligne de Welling Walrus ou à la guitare chez Golden Zip.

Cette fois-ci, ce personnage-né qui aime à jouer du chapeau s’essaie au français en un mélange volontairement déjanté de chanson et de rock, déjà gravé sur un EP sorti récemment. Hyperactif et surtout inclassable, Leon aurait pu émarger au Carrefour du même nom – celui des Inclassables donc –, scène des réseaux régionaux CMTRA, Jazz(s)RA et Tagada Tsoin Tsoin qui programme, au jardin des Chartreux, un pot-pourri de hip hop afro-futuriste (TchopDye, vent en poupe en ce moment), de folk progressif d’inspiration celtique (Broken Bow) et de jazz-rock mange-tout (le trio from le Grolektif Kouma). Difficile pour le coup de faire plus inclassable que cette triplette-là.

Bossa Muffin

Mais si chaque 21 juin est donc l’occasion de découvrir (ou pas, on peut aussi rester chez soi et manger des feutres) des talents cachés et/ou en pleine croissance – comme sur la scène de la place Guichard, estampillée salle des Rancy avec Rank, Altavilla, Sara Mikovski ou Lady Bug & the Wolf –, on note chaque année la présence d’un invité de prestige qui nous prouve que la fuite des cerveaux se fait dans les deux sens.

Cette année, la place Valmy accueillera ainsi la brésilienne Flavia Coehlo, dont l’improbable mélange de bossa et de ragga muffin (fort judicieusement baptisé Bossa Muffin, tout comme l’album de la jeune femme, tout ça est hyper bien foutu) a suffi à conquérir le cœur voire les corps de certains français. Une présence qui constituera également une belle diversion à la Coupe du Monde.

Déception toutefois, toute personnelle on l’avoue : cette année, on n’a pas vu passer l’un de nos noms de groupes préférés de ces dernières années, « Les Onze Y Trônent », qui chaque année nous permet d’y aller de notre petit jeu de mots peu onéreux – cette année, on en avait un hyper drôle dans lequel il était question de Games of Thrones et d’Intervilles, mais tant pis c’est la vie. Quoi qu’il en soit, fuite des cerveaux ? Cassage de lunettes ? Virée au Brésil (ben ouais, ils sont onze…) ? On lance l’alerte. Si vous les croisez le 21 juin, écrivez au journal.

Par Stéphane Duchêne, sur le petit-bulletin.fr

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