Société 

[Carte] Les 28 quartiers du Grand Lyon qui ne seront plus « prioritaires »

La nouvelle carte des quartiers prioritaires a été dévoilée ce mardi par la ministre de la Ville, Najat Vallaud-Belkacem. Dans le Grand Lyon, pas moins de 28 quartiers ont été rayés de la liste sur les 61 qui étaient classés « Contrat urbain de cohésion sociale » (CUCS).

Par Laura Daniel et Laurent Burlet

Lecture de la carte : en jaune, les quartiers qui ne seront plus prioritaires, en rouge, ceux qui le restent.

Des quartiers à définir de manière « précise et définitive »

Pour l’heure, seule la liste des communes où se trouvent des quartiers prioritaires est arrêtée définitivement. Contacté par Rue89Lyon, le ministère de la Ville ne fournit pas la liste des quartiers et renvoie vers une carte qui définit des zones, à travers un quadrillage de 200m sur 200m. Ces 200m2 doivent correspondre à un carré où l’INSEE a relevé une « concentration urbaine de pauvreté (un territoire où la majorité des habitants a de bas revenus, c’est à dire moins de 60% du revenu médian). Officiellement, les périmètres précis doivent encore être tracés par les préfets « dans un dialogue avec les élus et les habitants ».

Najat Vallaud-Belkacem, ministre lyonnaise, n’a donc pas épargné « son » territoire. La réduction du nombre de quartiers prioritaires suit la moyenne nationale. Sur la France entière, 1 300 zones sont désormais concernées, contre 2 500 auparavant. Dans le Grand Lyon on passe de 60 quartiers « CUCS » (pour Contrat Urbain de Cohésion Sociale), ZUS (pour Zone Urbaine Sensible) ou ZFU (pour Zone Franche Urbaine) à 30 « quartiers prioritaires ».

Cette réduction a été opérée en appliquant un critère unique : le salaire médian. Désormais, seuls les quartiers où les habitants vivent majoritairement avec moins de 11 250 euros par an sont retenus.

La nouvelle sélection est censée mettre le gouvernement à l’abri des polémiques puisque cette réforme suit une des recommandations de la Cour des comptes qui critiquait, dans un rapport de 2012, le « saupoudrage » des moyens.

Dans le département du Rhône, une seule nouvelle commune bénéficiera des aides de l’Etat qui sont censés être désormais « concentrés ». Il s’agit de Belleville, située en zone rurale, comme la majorité des communes entrantes.

Dans le Grand Lyon, neuf communes sortent du dispositif. Il s’agit de :

  • Caluire-et-Cuire
  • Ecully
  • Feyzin
  • Fontaines-sur-Saône
  • Grigny
  • Irigny
  • La Mulatière
  • Mions
  • Vernaison
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Le quartier Mermoz à Lyon 8e, Zone de sécurité prioritaire (ZSP) depuis décembre 2013, reste un « quartier prioritaire ». ©Laurent Burlet/Rue89Lyon

 

Les Pentes de la Croix-Rousse : une « réussite » ?

Un certain nombre de quartiers disparaissent également dans les autres communes, comme à Lyon, celui des Pentes de la Croix-Rousse, également classé comme Zone Urbaine Sensible (ZUS). Des choix dénoncés par les élus concernés.

Dans le 1er arrondissement, ils dénoncent un « désengagement de l’état » dans un communiqué :

« Cette décision est extrêmement regrettable pour ce quartier (les Pentes de la Croix-Rousse, ndlr) qui, parce qu’il a réussi le pari d’une certaine diversité sociale, se retrouve aujourd’hui exclu du prochain contrat urbain de cohésion sociale. Le Ministère s’est appuyé sur un critère unique, celui de la population à bas revenus, sans en référer à d’autres indicateurs sociaux. »

Contacté par Rue89Lyon, un porte-parole du ministère de la ville se veut rassurant à l’endroit des élus qui voient s’envoler des subsides de l’Etat :

« Concernant les Pentes de la Croix-Rousse, c’est typiquement l’exemple de réussite que l’on met en avant. Ce quartier n’est plus dans le dispositif car il n’en a plus besoin. Mais ces quartiers là peuvent être dans une nouvelle catégorie que l’on a nommé veille active.

Ces quartiers prioritaires de seconde zone, libellés « veille active », pourront bénéficier de 20% de l’enveloppe globale destinée aux quartiers prioritaires. 500 millions d’euros seraient ainsi mobilisés selon l’édition (papier) de Libération de ce 18 juin, principalement pour des aides à l’accompagnement des chômeurs, des programmes de réussites éducatives ou de la médiation sociale.

 

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