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Fusion Rhône-Alpes/Auvergne : Queyranne qui rit, Souchon qui boude

actualisé le 08/06/2014 à 20h10

Le président François Hollande a annoncé lundi 2 juin au soir, dans un communiqué, les bases de sa réforme territoriale : le nombre de régions passera, au cours d’un vote prévu avant l’été, de 22 à 14. Pour justifier son choix, le président de la République a invoqué une « organisation territoriale [qui] a vieilli » et des « strates [qui] se sont accumulées ». La région Rhône-Alpes fusionnera ainsi avec l’Auvergne.

Rhône-Alpes-Auvergne, éternel Poulidor

Avec plus de 7,6 millions d’habitants, Rhône-Alpes avec l’Auvergne serait toujours la deuxième région de France en nombre d’habitants, après l’Île-de-France (11,9 millions). Selon lemonde.fr (payant), elle le serait également en terme de PIB : 230,8 milliards d’euros, soit 11,4% du PIB national seraient produit par la super-région chaque année, contre près de 143 milliards d’euros (7% du PIB) pour la région PACA.

Ce qui reste bien au-dessus des 8 milliards d’euros produits chaque année par la Corse, soit… 0% du PIB en terme de stats.

 

Pour Queyranne, pas de volonté de centralisation depuis Lyon

Queyranne-bass-def© Pierre Maier

Jean-Jack Queyranne, président de la Région Rhône-Alpes © Pierre Maier

Dans un communiqué, le président (PS) du conseil régional de Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne « accueille favorablement le projet de fusion » entre sa région et l’Auvergne.

Il ajoute s’être « entretenu » avec le président de l’Auvergne (également PS), René Souchon, et déclare partager « avec lui (…) la même volonté de mettre l’organisation territoriale de notre pays à l’heure du XXIème siècle. »

Dans un premier geste d’accouplement, il envoie un message qui se veut rassurant à l’adresse des Auvergnats, même si le président de Rhône-Alpes se voit déjà à la tête de la nouvelle entité :

« Je n’entends pas exercer une centralisation des décisions depuis Lyon, mais bien au contraire comme nous le pratiquons, garantir la proximité dans l’élaboration et la mise en oeuvre des politique régionales ».

Jean-Jack Queyranne veut surtout récupérer le plus rapidement possible les compétences des départements, comme l’a promis le gouvernement qu’il a déjà mis en garde quant à un éventuel report de la phase 2 de la réforme territoriale :

« Pour réussir (la réforme territoriale, ndlr), il ne faudra pas jouer petit bras. Différer la disparition des conseil généraux laisse déjà craindre un renoncement devant les écueils que toute entreprise d’envergure rencontre ».

 

Le président de l’Auvergne craint un « éclatement » de sa région

Pas sûr pour autant que l’Auvergnat soit totalement satisfait de la fusion à venir. Dans une interview à France Bleu Pays d’Auvergne, relayée par La Montagne, René Souchon a déclaré craindre un « éclatement de l’Auvergne », faisant valoir « qu’il y avait un intérêt pour le Puy-de-Dôme » à se marier avec Rhône-Alpes, mais pas pour l’Allier ou le Cantal. La fusion, a-t-il ajouté, « n’entraînera aucune économie » :

« Vous ne pouvez pas gérer un lycée à 500 kilomètres, c’est impossible. Il faut bien des antennes de la grande région déconcentrée. On ne va pas dire aux 400 agents que j’ai dans la région: ‘c’est terminé, on fusionne avec Rhône-Alpes, vous, vous partez à Lyon ».

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L'AUTEUR
Matthieu Beigbeder
Je suis un jeune étudiant lyonnais. Après un stage à Rue89Lyon, j'ai constaté que je possédais un foie en très bonne santé et j'ai donc décidé d'arranger ça à Glasgow, en Ecosse. Et par la même occasion, de raconter comment c'est, là-bas, dans un blog baptisé "Les bruits de Glasgow".
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