Cultures 

Check-in, un webdocu pour faire le tour de l’Europe – escale à Lyon

actualisé le 21/07/2014 à 23h22

Check-in, c’est le nom d’un webdocumentaire doublé d’une plateforme participative, signé par une boite de production lyonnaise, Cocottes Minute. Son principe : un tour d’Europe avec billets d’avion, ambiance sonore d’aéroport et vidéos documentaires très drôles. Et la possibilité d’influer sur les voyages des internautes qui suivront. 

check-in europe

Jérôme Duc-Maugé, le producteur, décrit l’impulsion :

« Avec Andrés Jarach (le réalisateur, ndlr), on avait depuis longtemps l’envie de faire un documentaire sur les vacances ratées, sans savoir comment s’y prendre. On est parti du postulat que nos usages de l’internet ont profondément changé la manière dont on voyage. On a donc voulu faire un webdocumentaire sur le tourisme de masse auquel on participe tous avec nos expériences individuelles ».

A l’ère du numérique, celui qui veut voyager en terra incognita est influencé par les traces, les commentaires, les photos que laissent les autres internautes sur leurs propres voyages, sur les multiples plateformes dédiées. On consulte des avis pour choisir un hôtel, on regarde les photos de voyages sur les réseaux sociaux. Ce schéma est reproduit dans Check-in.

Une fois sur la plateforme, mise en ligne sur Arte.tv, trois vidéos sont proposées, à choisir en fonction du style de vacances que l’on préfère. On sélectionne ensuite quatre photos, et on choisit son niveau d’exigence (une à cinq étoiles). Ces trois jeux déterminent la prochaine destination. Durant la visite, on peut prendre des photos et des vidéos et on évalue à la fin son voyage.

 

La confiance dans le prédécesseur

La participation de l’internaute est prise en compte grâce au système de gamification en temps réel et influencera le séjour du prochain voyageur, puisque les photos et les vidéos seront réutilisées dans les jeux. Plus les destinations ont du trafic et sont bien évaluées, plus les voyageurs suivants s’y rendront à leur tour.

Jérôme Duc-Maugé fait référence à la confiance aveugle que l’on peut avoir dans les avis :

« Lorsque l’on part en vacances, la manière dont on regarde sur les réseaux sociaux les traces d’amis ou même d’inconnus, ou encore quand l’on choisit au dernier moment un vol low-cost, tout cela va déterminer l’endroit où on va aller.

Souvent, on fait confiance à des individus que l’on ne connait pas. Et les traces que l’on laisse influencent les choix des voyageurs suivants. C’est ce que l’on a voulu faire prendre conscience à l’internaute à travers cette plateforme. »

Ischgl, Benidorm ou Lyon sur le mode de la comédie documentaire

Au final, avec cinq minutes par voyage, c’est un petit tour d’Europe de cinq escales que peut faire l’internaute. Parmi elles, du ski à Ischgl (Autriche), des vacances balnéaires à Benidorm (Espagne), un week-end en amoureux à Venise (Italie), des vacances festives et arrosées à l’Oktoberfest (Allemagne) et même une visite gastronomique à Lyon.

« On a cherché quelles étaient les destinations qui représentent les différents types de vacances que l’on peut avoir. Ensuite, on s’est demandé comment décaler le propos. C’est tout l’art de la réalisation d’Andrés Jarach : ses films questionnent la société mais toujours dans le style de la comédie documentaire.

Si on va au ski pour montrer des gens qui skient, ce n’est pas très original. Alors qu’en donnant la parole à des gens qui ne peuvent plus skier parce qu’ils se sont cassés un bras ou une jambe, là ça nous raconte quelque chose. », explique le producteur.

 

Oreille de cochon en plus de cinq minutes

Lors de l’escale lyonnaise, on assiste au spectacle cocasse de touristes japonais découvrant le bouchon lyonnais Aux Trois Cochons. Au menu, oreilles de cochon confites et gratin d’andouillette, sous des rafales de photos. Un groupe de touristes japonais arrive dans un bouchon tout ce qu’il y a de plus typique, et découvre les plats proposés. Entre problèmes de prononciations et dégoût, tous les clichés sont servis : la cuisine lyonnaise rustique, et l’hystérie photographique des touristes asiatiques. Avec la distance nécessaire pour faire de la séquence un vrai moment de comédie.

Quelques problèmes techniques rendent parfois le voyage compliqué en fonction de l’appareil utilisé. Le concept est ingénieux mais peut apparaître complexe au premier abord. Faire le tour complet des villes prend un certain temps, un peu plus de cinq minutes en tout cas. Malgré cela, c’est un regard intéressant sur le tourisme de masse mais aussi l’Europe, à la veille des élections qui la concernent.

Aller sur Check-in.

 

Partager cet article