Elections municipales 2014  Politique 

A Villeurbanne, la « bonne gestion » fera-t-elle l’élection ?

« Ville la mieux gérée de France ». C’est avec ce classement du Point en bandoulière que le maire PS de Villeurbanne Jean-Paul Bret a fait campagne pour un troisième mandat. Ses adversaires lui reprochent son « immobilisme ».

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Municipales à Villeurbanne : le maire sortant PS, Jean-Paul Bret, lors de la conférence de presse du 29 janvier de présentation de sa liste. ©Rue89Lyon

A Villeurbanne, terre de socialisme municipal, la réélection de Jean-Paul Bret s’annonce bien plus compliquée qu’en 2008. Face à lui, il a dû compter cette fois avec un candidat UMP qui a fait l’union avec l’UDI et un Front National dont la tête de liste, Stéphane Poncet, est connue notamment pour ses talents de caricaturiste et son affiche électorale devenue culte.

Surtout, la gauche part divisée avec Béatrice Vessiller (EELV) qui a su rassembler autour d’elle le Front de gauche (amputé du PCF parti avec Jean-Paul Bret) et le Covra, un collectif anti-libéral qui avait présenté une liste en 2008. Lutte Ouvrière présente également une liste.

 

La « bonne gestion », principal argument du maire sortant

Le scénario était presque parfait. Le lancement de la campagne municipale de Jean-Paul Bret s’est déroulé avec un document-bilan de 40 pages titré « Villeurbanne, la ville la mieux gérée de France » largement distribué aux habitants. La présentation du programme a été l’occasion de mettre en tête de gondole une fois de plus ce classement du Point qui, avec 1029 euros par habitant de dette et 545 euros d’impôts locaux hors entreprise, met Villeurbanne à la première place.

Mais pour la toute dernière ligne droite, c’est encore Gérard Collomb qui est venu embêter le maire de Villeurbanne. Ce jeudi, l’équipe de campagne du maire de Lyon (PS) a largement repris le classement Challenges « des maires qui gèrent le mieux leur ville ». Evidemment, dirait le maire de Lyon, Challenges classe en effet Lyon en tête du palmarès.

Jean-Paul Bret peut répondre qu’il n’y a pas un seul classement qui le place en tête, il y a également localement, celui de Canol/Tribune de Lyon.

Il n’empêche. Trop de classements tue le classement.

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Béatrice Vessiller, tête de liste EELV, entouré de deux de ses colistiers. A sa droite, Olivier Gluck (Front de gauche-PG) et à sa gauche Lilian Zanchi, ex-PS ©Rue89Lyon

 

Villeurbanne, bien gérée mais « immobile » ?

A l’heure des discours ambiant sur le « ras le bol fiscal », les deux principaux adversaires du maire sortant, Jean-Wilfried Martin (UMP) et Béatrice Vessiller (EELV) ont promis qu’ils n’augmenterait pas les impôts.

De là à dire qu’il salue la « bonne gestion » de Jean-Paul Bret, il y a un pas qu’ils se gardent bien de franchir. Paradoxalement, les écolos-Front de gauche et la droite tiennent le même discours : si Jean-Paul Bret est à la tête d’une ville faiblement endettée, c’est qu’il ne dépense pas beaucoup. Cela tombe sous le sens. Pas assez ? Encore fallait-il le dire.

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Jean-Wilfried Martin, candidat UMP à Villeurbanne ©Capture d’écran site du candidat

Les deux listes proposent ainsi de dépenser plus mais sans toucher à la fiscalité car, disent-ils, on peut augmenter l’endettement de la ville.
Le « Rassemblement citoyen » (le nom de la liste EELV + Front de gauche) considère notamment que la ville de Villeurbanne n’a pas assez investi dans les écoles et les espaces verts. Béatrice Vessiller propose notamment de construire deux nouvelle écoles, de créer des parcs et de planter « 1 000 arbres ».

Le candidat FN, Stéphane Poncet, a également repris les termes de la lutte contre la bétonisation. Mais rassurez-vous, l’extrême droite ne s’est pas convertie au développement durable à Villeurbanne. Dans la conception de la ville du candidat Bleu marine, la voiture doit toujours occuper une place prépondérante.

Quand pour « Villeurbanne, ville d’avenir » (UMP), c’est dans la sécurité que la ville n’a pas assez dépensé. Jean-Wilfried Martin propose notamment de multiplier par trois le nombre de policiers municipaux pour arriver à un total de 140 policiers en 2020 et d’installer 100 caméras de vidéo surveillance.

 

 

« Ils n’arrivent pas à m’attaquer »

De conférences de presse en débats publics, le maire de Villeurbanne n’a pas varié ses éléments de langage. Il balaie ce procès en « immobilisme » qui montre, selon lui, l’incapacité de ses adversaires à l’attaquer avec des arguments solides.
Mais les socialistes ne sont pas aussi sereins que Jean-Paul Bret maire voudrait le montrer.

Les « retours terrain » des équipes qui arpentent les marchés et les montées d’immeubles confirment que les écolos-Front de gauche peuvent faire un bon score. Tous ont encore en tête l’élection de Béatrice Vessiller comme conseillère générale face au dauphin du maire en 2011.
Le pic de pollution n’a naturellement pas fait les affaires de Jean-Paul Bret même si celui-ci, dès le début de la campagne, s’est positionné en « écologue ».

Pour mieux contrer son adversaire de gauche, Jean-Paul Bret, a intégré un grande partie des propositions écologistes. Même s’il n’a pas copié le programme, on ne peut qu’être surpris par la quantité de points communs. Exemples pris dans le programme de « Audace ensemble » :

  • Construire deux écoles.
  • Engager rapidement des études pour un tram à la place de la ligne C3 (Bret propose d’abord un trolleybus en site propre; les écolos les travaux pour un tram dès 2014).
  • Dans le cadre de la création de la Métropole de Lyon, gérer les assistante maternelle au niveau de la ville.
  • Toujours suite à la création de la métropole, créer un guichet unique rassemblement l’ensemble des services sociaux (CAF, CCAS…)
  • Création de jardins et de parcs, notamment à Grand-Clément.
  • A titre expérimental, faire de la concertation avec des citoyens tirés au sort qui ne participent pas aux instances de concertation.

 

Points de désaccord et fusion pour le second tour

De gros points de désaccord subsistent entre les deux listes de gauche. Outre les critiques décrivant un maire « autoritaire », les écolos se positionnent contre la manière dont la mairie a organisé la réforme des rythmes scolaires. Ils se sont également prononcés en défaveur des subventions accordées par la ville à l’Asvel. A l’heure où  Tony Parker va devenir l’actionnaire majoritaire du club de basket, cette position fera certainement débat à l’heure où il faudra franchement se parler.

Car on voit mal comment les deux listes de gauche ne fusionneront pas dimanche soir, si le FN et l’UMP sont en capacité de se maintenir pour le second tour. En cas de quadrangulaire voire de triangulaire, l’UMP pourrait rêver de prendre la mairie sur cette terre de gauche.
Malgré les différents échanges d’amabilités, Jean-Paul Bret l’a dit et redit « si la droite et l’extrême-droite représente un vrai danger », il faudra en tenir compte. Bref, la fusion entre les deux listes de gauche est déjà dans toute les têtes.

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