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Après l’occupation d’un collège, la maire du 1er arrondissement de Lyon en garde à vue

actualisé le 20/12/2013 à 14h32

Ce jeudi, Nathalie Perrin-Gilbert a été placée pendant près de dix heures en garde à vue suite à l’occupation temporaire d’un collège vacant dans son arrondissement. [Cet article est actualisé régulièrement]

Jeudi matin à 9h30, la maire du 1er arrondissement de Lyon, en congé du PS, Nathalie Perrin-Gilbert était convoquée au commissariat central de Lyon, rue Marius Berliet (8e arrondissement). Elle a été placée en garde à vue jusqu’à 19 heures.

Elle était interrogée pour « complicité de violence sur personnes dépositaires de l’autorité publique » et « incitation à la rébellion » après de l’occupation temporaire du collège François Truffaut, sur les Pentes de la Croix-Rousse, vide depuis septembre.

Elles est ressortie libre et ne fait l’objet, pour le moment, d’aucune poursuite. Une enquête de police est toujours en cours.

Une centaine de personnes étaient venues l’attendre en soutien. La maire du 1er n’a souhaité faire aucune déclaration le soir-même.

Elle l’a fait le lendemain, vendredi, par communiqué. Surprise par la forme (une « mise en garde à vue immédiate ») et par la qualification retenue, qui selon elle « n’existe(…) plus dans le code pénal depuis deux décennies », elle ne compte pas en rester là :

« La qualification retenue se heurte à la réalité des faits comment évoquer une incitation à la violence alors que tous les témoins font état au contraire des démarches de conciliation que j’ai engagées pour une issue apaisée ? Ces accusations ne résistent pas à l’examen. C’est la raison pour laquelle je demande des investigations supplémentaires.

 

La gauche de Collomb condamne cette garde à vue

Ce placement en garde à vue intervient alors que Le Front de Gauche et le Gram (le club de réflexion créée par la maire du premier) viennent d’annoncer leur alliance pour les municipales en vue de défier le maire PS de Lyon. Dans un communiqué commun ils ont dénoncé « le traitement réservé à une élue qui n’a fait que demander une réquisition légale ».

« Gérard Collomb a le bras long. Il tente de la criminaliser », a déclaré à l’AFP (via lefigaro.fr) le conseiller régional Front de Gauche Armand Creus qui était présent lors de l’occupation. Mais lui n’est pas concerné par d’éventuelles poursuites.

Les écolos d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), qui sont en passe de constituer leur propre liste pour les municipales, ont également fortement réagi par un communiqué :

« Les écologistes dénoncent une attitude disproportionnée de la force publique, et du ministère publique à l’encontre d’une élue de la république. Cela ne doit pas être utilisé par le préfet pour faire oublier que des familles dorment encore ce soir à la rue et qu’il est de sa responsabilité de régler ce scandale ».

Une occupation de quelques heures d’un collège désaffecté

Mardi soir, Nathalie Perrin-Gilbert avait participé à une mobilisation demandant la réquisition d’un collège désaffecté de son arrondissement, dans le but d’héberger des enfants et leurs parents dormant à la rue. Dans un contexte de crise de l’hébergement d’urgence à Lyon, entre 150 et 200 personnes s’étaient données rendez-vous à la Croix-Rousse, avant de pénétrer dans le collège Truffaut.

L’action coup de poing avait tourné à l’affrontement avec les forces de l’ordre, qui à deux reprises avait fait usage de gaz lacrymogène afin de tenter d’empêcher l’entrée des manifestants dans les locaux. Une cinquantaine de personnes avaient toutefois réussi à pénétrer dans le collège avant d’en ressortir, d’eux-mêmes, trois heures plus tard.

Nathalie Perrin-Gilbert et Armand Creus - collège TruffautCe mardi soir, les deux Nathalie Perrin-Gilbert et Armand Creus ont été touchés par du gaz lacrymogène. © Leïla Piazza / Rue89Lyon

 

« Récupération politique » et demande de démission,… les municipales au tournant

Le lendemain de l’occupation pour quelques heures du collège Truffaut, le maire de Lyon Gérard Collomb a fortement réagi. Il n’a pas répondu à la question soulevée par cette action (la crise de l’hébergement d’urgence) mais a pilonné sa rivale de gauche en l’accusant de faire de la « récupération politique ».

Huit élus du 1er arrondissement, proche du maire de Lyon, ont également demandé la démission de Nathalie Perrin-Gilbert.

Au lendemain de sa garde à vue, la maire du premier a répondu à Gérard Collomb. Sans le nommer dans son communiqué, elle demande que la justice tranche le différend avec le maire de Lyon :

« Des investigations son d’autant plus importantes que des responsables politiques – absents de la manifestation faut-il le rappeler – m’ont publiquement dénoncée comme étant à l’origine de l’occupation, voire responsable de l’ouverture des portes du collège ».

 

> Actualisé à 16h55 avec les motifs de placement en garde à vue

> Actualisé à 19h20 après la sortie de la la garde à vue et les réactions d’EELV

> Actualisé le 20/12 à 10h, avec l’absence de poursuite contre la maire du 1er

> Actualisé le 20/12 à 14h, suite au communiqué de Nathalie Perrin-Gilbert

> Actualisé le 20/12 à 14h14 avec la réaction de Nathalie Perrin-Gilbert

 

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