Appartement 16

Comité de soutien de Gérard Collomb : à tous ceux qui n’en seront pas…

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Vendredi soir, il y a ceux qui en seront. Et les autres (ceux-là vont finir par se faire remarquer). Dans le superbe garage Citroën de Guillotière, Gérard Collomb va pouvoir parader au milieu d’une foule de beautiful people acquise à sa campagne, soit son comité de soutien.

Désormais il faut quasiment chercher ceux qui n’y figurent pas. Le maire PS de Lyon candidat à sa propre succession enchaîne depuis quelques jours les communiqués de presse faisant figurer dans son comité de soutien toujours plus de noms et qualités prestigieux, mêlés à des messieurs et mesdames tout le monde.

Depuis le 19 novembre, ils y vont : la mère de famille satisfaite, le chercheur cherchant, le chef d’entreprise entreprenant (…), l’étudiante convaincue, le directeur de festival dans la place, la sportive victorieuse, le retraité soulagé, le patron libraire, le trésorier du club de rugby (mais pas son président). Et puis Benjamin Biolay. Et Alexis Jenni. Pour la paillette. Avec de petits faux pas, de l’écrivain lyonnais sacré Goncourt en 2011 :

« Quand la presse me demande de temps à autres si je ne vais pas déménager pour mes affaires, je m’étonne : pourquoi partirais-je ? Lyon est une grande ville sans être une métropole. »

Alexis, petit message : l’idée de Gérard Collomb est justement de faire de Lyon une sacrée grosse métropole.

Renvois d’ascenseur et crispations

Ils sont donc tombés par salves de 150, avançant le calendrier qui prévoyait un démarrage de campagne en janvier. Le sénateur-maire aux manettes depuis deux mandats n’a pas voulu attendre davantage pour montrer les muscles, en s’appropriant Lyon l’active, Lyon la culturelle, Lyon l’entrepreneuse. Tous ces aspects de la ville, c’est lui, représenté dans un comité, baptisé Acteurs de la ville, dont la composition se coud depuis des semaines.

Mais l’ultra voyant n’a pas manqué d’être relevé : beaucoup d’entre ces soutiens sont à la tête d’activités dépendant des subsides de la Ville ou de délégations municipales. Le coup de force du maire pourrait passer pour l’énième preuve d’une « méthode Collomb », ou celle d’un baron en sa baronnie. Même le quotidien Le Progrès a posé la question de savoir s’ils étaient « les obligés de Gérard Collomb ». Renvois d’ascenseur, conflits d’intérêt, les mots ne sont pas assez forts pour décrier le groupe et la façon dont il a été constitué.

Le candidat UMP, Michel Havard, s’est dans la foulée fendu d’un communiqué protestataire, sur un ton vif et plaisant pour les observateurs, assez inhabituel de la part de ce conseiller municipal d’opposition :

« Depuis plusieurs semaines, des présidents d’associations de la ville ainsi que d’autres personnalités lyonnaises m’ont informé être l’objet de contacts répétés et très insistants qu’ils auraient reçus pour rejoindre le comité de soutien du maire socialiste sortant en vue des prochaines élections municipales. Ce type de démarche me choque car me parait d’un autre temps et elle embarrasse voire excède particulièrement ces acteurs de la vie lyonnaise. »

Rase campagne

C’est dit pour Michel Havard, avec la promesse, en sus, de ne jamais monter de comité de soutien pouvant mettre la pression aux Lyonnais fébriles. Mais Romain Blachier, élu PS du 7è, lui-même chasseur de signatures dans son arrondissement pour Gérard Collomb, renvoie la balle dans son blog :

« Il suffit en effet d’une recherche sur internet pour voir qu’un comité de soutien avait été ouvert il y a quelques mois lors de la primaire UMP. Et fermé il y a peu. C’est pas beau de mentir. »

Non seulement les réserves arrivent tard mais se font en plus quasi invalidées. La campagne des élections municipales à Lyon démarre selon un schéma dramatiquement classique : un maire sortant tenu vainqueur, en partie parce que les moyens sont de son côté, notamment ceux de la communication -qui laisse toujours floue la frontière entre les moyens municipaux et ceux du candidat.

Et des adversaires toujours dans la roue, en réaction. A se demander si le détail des programmes, lorsqu’ils seront enfin posés sur la table, changera la donne.


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4 Commentaires postés

  1. Ce lancement précoce est une signe de fébrilité du maire sortant car il a compris que la bataille municipale serait beaucoup plus compliquée qu’en 2008 du fait des divisions de la gauche (3 listes de l’ancienne majorité sont au départ), d’un contexte national peu porteur (pour rester dans l’euphémisme) pour la gauche et d’une usure naturelle du pouvoir après 2 mandats.Seulement voilà, Collomb est parti à la bataille en slip de bain avec ce comité de soutien davantage ISF que SFIO ou comité « Megève l’hiver et Saint-Tropez l’été ». Pas sûr que l’électorat populaire de gauche s’y retrouve.

  2. Encore une chance de voir la ville continuer à entrer dans la modernité, par son vivre ensemble, ses transports, ses associations, ses logements, la transformation de ses quartiers, sa vitalité universitaire et industrielle, tout en étant vigilant sur la dette.