Appartement 16
  • 19:53
  • 1 octobre 2013
  • par Rue89Lyon

Pour Le Monde, un café-resto « change le visage » de la Guillotière

853 visites | 3 commentaires

Après l’hebdomadaire Tribune de Lyon et sa « une » sur « la Guillotière, le nouveau quartier branché de Lyon, c’est au tour du Monde de faire un long article sur le bar coopératif le Court-circuit, situé sur l’Ilot Mazagran. Avec une affirmation définitive : ce bar « change le visage d’un quartier populaire ». Rien de moins. C’est une belle récompense médiatique pour ce bar ouvert en 2010. Mais l’article oublie un peu vite les dizaines d’associations et de collectifs divers qui œuvrent à ce « changement » depuis au moins une bonne dizaines d’années.

L’article raconte par le menu l’originalité de ce café-restaurant :

  • Proposer des plats « faits maison » préparés à partir d’ingrédients issus de la filière bio provenant de producteurs et d’éleveurs de la région.
  • Le bar est une SCOP (société coopérative de production) de huit salariés. Tous ont entre 25 et 35 ans, « et la plupart se sont lancés dans l’aventure de la création d’entreprise après des études artistiques, de sociologie, de communication » : « Nous fonctionnons vraiment en groupe. Chez nous, il n’y a pas de chef, nous sommes interchangeables », explique une des salariés.

Le Court-circuit est l’un des quatre candidats du prix « coup de coeur » de la finance solidaire organisé par Le Monde et Finansol.

 

A lire sur lemonde.fr


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3 Commentaires postés

  1. Ben ça c’est sûr qu’il change le visage du quartier, le Court Circuit. Il n’y a qu’à voir qui le fréquente : des bobos branchouilles attirés par le côté cosmopolite du quartier. Et oui, c’était chouette les petits roms qui couraient dans la rue, ça faisait tiers-monde comme dans un film de Kusturica, mais j’imagine que peu des clients du Court Circuit ont réellement touché à leur compte épargne par solidarité avec eux ou les SDF d’à côté.

    En fait, au niveau de la place Mazagran, on a vite vu une séparation entre les Court Circuiteux-euses, qui ont le privilège de s’asseoir aux tables pour consommer des trucs quand même hors de prix, et les autres : ceux du foyer des sans abris qui se trouve à 50 mètres, les chibanis du coin, les roms (avant les expulsions) et autres « à-côté » qui n’ont pas vraiment accès à la carte du CC, portefeuille oblige. Ça fait comme un îlot de bourgeois typés plus ou moins alternos, avec autour des pauvres qui, bien sûr, ne s’assiéront jamais sur les jolies chaises colorées du CC.

    Alors qu’on arrête de se voiler la face : le Court Circuit, c’est comme les cabinets d’archis et les galeries d’art qui fleurissent dans le quartier. La Guillotière s’embourgeoise, et le Court Circuit fait parti du processus, SCOP ou pas.

    Ça serait donc cool si les bobos-bio-solidaires assumaient leur rôle de gentrifieurs du quartier et arrêtent de nous la jouer « je culpabilise parce-que j’ai du fric mais j’aime bien l’esthétique tiers-monde ». Ensuite, ils pourraient arrêter de se flatter l’ego à coup de SCOP, de « chez nous y’a pas d’chef » et autre « Prix de la finance solidaire », et commencer à faire quelque-chose de concret contre les inégalités sociales qui gangrènent la Guille. Là, on pourra se parler.

    • Je suis d’accord sur pleins de points et en même temps je trouve que l’argumentaire ne tient pas debout.

      Effectivement, le CC participe à la gentrification du quartier. Phénomène inéluctable tant la guill’ est géographiquement et financièrement intéressante pour le lobby immobilier. Effectivement, les cabinets d’archi fleurissent, les galeries d’art contempourien aussi. Cependant, je trouve ça facile de demander à une entreprise de changer le visage du quartier. Le fait est que le CC a participé aux initiatives liés aux concertation du quartier, essayant au maximum de soutenir les initiatives (guillotins, mazagran, brind’guill », Locaux Motiv’…) mais malheureusement les puissances publiques s’en tapent et font leur sauce. Qu’à cela ne tienne, le court circuit anime le quartier c’est indéniable.

      Qu’il y ai de plus en plus de maman-poussette en campers n’est pas lié au bar mais à l’intérêt que porte la ville à rénover le quartier, socialement notamment. Demander à une entreprise de proposer des choses concrètes à ce niveau là, pour le quartier me semble un peu abscons comme argument : c’est une entreprise lucrative. Bon sinon, le coté guerre de sécession entre la terrasse du court circuit « hors de prix » et le reste du monde me fait doucement rire. Un parce que la terrasse c’est 1/15 de la place et deux parce que hors de prix, c’est faux. En tous cas je partage pas mal d’avis sur la boboisation et le phénomène de transition sociale que cela amène. Mais les inégalités sociales, communautaires sont plus fortes que tout… la communauté est plus puissante que tout. Demande à ceux qui ont essayé de faire participer toutes les communautés aux concertations. Tout revient à la communauté en priorité. Il s’en battent les lobes de savoir si leur quartier change ou non, ils ont d’autres priorités. Donc, à mon humble avis, il faut tempérer un peu le truc. La seule chose qu’on ne peut pas enlever au Court Circuit c’est qu’elle a fait danser des gens de toutes les communautés sur la place Mazagran. Pour le reste, si les politiques publiques et les citoyens engagés du quartier n’arrive pas à faire sauter les clivages sociaux, je vois pas pourquoi on demanderait à un bar de le faire. Dans tous les cas, le débat se pose, mais peut etre pas dans les termes et les arguments que tu avances gringo !

      Bisous bisous !

  2. Bonsoir,
    j’imagine que, si  » Aux alentours [du Court-Circuit], les prix de l’immobilier ont d’ailleurs commencé à monter. » ce ne sont pas les « minorités d’origine africaine ou issues du Maghreb » qui en profiteront, sauf, peut-être, les designers et autres architectes Algériens ou Angolais voir , qui sait, peut-être un jour des urbanistes Roms ?