Société 

Crashs d’avions : le ciel tombe-t-il sur la tête des Lyonnais ?

actualisé le 28/10/2013 à 20h58

DANS NOS ARCHIVES / Quatre personnes sont mortes ce mardi matin dans le crash, au décollage, d’un avion de tourisme près de l’aéroport de Lyon-Bron. Ce crash d’avion et la série qu’avait connue la région lyonnaise en 2011 mettent en lumière des problèmes liés aux avions de tourisme privés… et à leurs pilotes. (Article initialement publié le 27 février 2012)

 

La liste est aussi morbide que resserrée dans le calendrier. Le 17 juillet 2011 à Bron, un pilote et sa fille trouvent la mort après avoir décollé de l’aéroport de Lyon-Bron. Le 2 septembre à Brindas, un autre aviateur et ses deux passagers se crashent après avoir heurté la cime d’un arbre. Le 9 novembre à Décines, un homme d’affaires alsacien, tentant de rejoindre l’aéroport de Bron, s’écrase dans un bassin de rétention d’eau.
Avec six disparus à bord d’avions de tourisme, la région lyonnaise a concentré l’an passé plus d’un mort sur cinq dans l’hexagone. A la différence des avions d’affaires comprenant souvent une dizaine de passagers et pratiquant le vol aux instruments, les avions de tourisme transportent jusqu’à quatre personnes et pratiquent le vol à vue, le plus souvent grâce à des repères définis par le biais d’une carte aéronautique. Alors que ce nombre baisse depuis dix ans au niveau national (28 accidents mortels en 2001, contre 15 en 2010), 2011 reste une année noire pour l’aviation lyonnaise.

Accueillant environ 52 300 mouvements d’avions de tourisme en 2008, l’aéroport de Lyon-Bron a été directement touché par deux de ces accidents. Une réunion informelle avec les associations de riverains, la direction de l’aéroport, la Direction de l’aviation civile, les écoles de pilotage, où les aéro-clubs s’était ainsi tenue en décembre dernier à Décines. Michel Larose, président du comité d’intérêt local de Beauregard Champ-Blanc, une association de riverains pour la défense du cadre de vie de la zone, a fait part de son émotion après le crash d’avion du 9 novembre dernier :

« L’avion s’est écrasé à quelques mètres d’un lotissement et au milieu de bâtiments de la zone industrielle en pleine activité ».

 

Des riverains le nez en l’air

Que s’est-il passé lors de ces crashs ? Si l’enquête est en cours pour celui du 9 novembre, celui du 17 juillet viendrait, selon le bureau  d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile, de « la décision du pilote d’effectuer une figure de voltige improvisée à faible hauteur. » En clair, une erreur humaine serait à l’origine du drame. Comme souvent. Selon Frédérique Melous, attachée principale d’administration de l’aviation civile, plus de 70% des causes d’accidents d’avions sont en effet dues à des défaillances humaines.

La question de la sécurité des riverains semble être reposée. Ces avions de tourisme sont souvent pilotés par des amateurs.

Sont-ils dangereux ? L’aviation privée demeure une activité très réglementée, avec un renouvellement de licence tous les deux ans et une heure en double commande accompagnée d’un instructeur tous les deux ans. Dominique Lucas, instructeur de vol, confirme :

« Souvent, le pilotage est correct. Mais ils ne connaissent pas leurs limites. »

La négligence ou l’imprudence des pilotes d’avions de tourisme est pointée du doigt par les riverains. Alain Pezy, président de l’association de riverains contre les nuisances de l’aéroport Mariba Bron, détaille :

« Ces pilotes d’avions de tourisme représentent un très faible pourcentage d’aviateurs mais ils posent problème. Les pilotes et la direction de l’aviation prétendent agir sans risque, mais ils emploient des termes techniques difficiles à comprendre afin de se justifier. »

Maxime Coffin, directeur du contrôle de la sécurité à la Direction générale de l’Aviation civile (rattachée au ministère des Transports), officie à la mission générale de coordination des travaux sur les questions de l’aviation légère. Pour lui, « la loi des séries dans ces crashs n’a aucun fondement scientifique ». Il explique ainsi « travailler directement avec la Fédération française d’aéronautique pour un travail de pédagogie auprès de ces pilotes afin qu’ils prennent mieux en compte leur environnement. » Mais le travail réglementaire se fait au niveau européen.

Notamment dans le but de rassurer les riverains, l’assemblée informelle qui s’était tenue en décembre dernier à Décines avait réuni le directeur de l’aéroport, l’aviation civile, le directeur des aéroclubs, les écoles de pilotage et des associations de riverains. Bernard Daval, représentant de l’association Chassieu Environnement révèle :

« Le message était de ne pas nous angoisser. Il y a eu deux accidents d’avions en 50 ans, alors qu’il y a 70 000 mouvements par an à l’aéroport de Bron. C’est censé être rassurant ».

 

Augmentation du trafic… et des risques

Avec environ 110 000 mouvements attendus dans les 20 ou 30 ans à venir par an, les craintes ne devraient pas s’amenuiser chez les riverains. Les conseils municipaux de Meyzieu, de Vaulx-en-Velin ont ainsi récemment rejeté cette prévision d’augmentation de trafic. Alain Pezy s’insurge :

« 70 000, c’est déjà un maximum. Car lorsque quatre ou cinq avions veulent atterrir en même temps, cela créé déjà de vrais soucis ! »

Pour Maxime Coffin, pas de panique à bord :

« Cette augmentation de trafic ne justifie pas en soi une évolution de la réglementation aérienne dans la plateforme de Lyon-Bron. Il existe des aérodromes qui reçoivent à réglementation égale plus de trafic encore ».

Le prochain comité de suivi de la Charte de l’environnement sonore se réunira le 20 mars prochain dans les locaux de l’aéroport. Les associations de riverains, la direction de l’aéroport, la Direction de l’aviation civile, les écoles de pilotage, où les aéro-clubs devraient reparler du dossier « sécurité ».

Principale revendication des riverains : le respect des trajectoires de la carte d’approche et d’atterrissage à vue (autrement dit la carte VAC). Celle-ci indique un itinéraire recommandé aux pilotes par la Direction générale de l’Aviation civile. Mentionnés dans une charte de l’environnement sonore publiée en avril dernier, ces itinéraires sont non imposés. Corinne Vincent, de l’association d’intérêt local du Fort de Saint-Priest, explique :

« Actuellement, l’itinéraire recommandé par la carte VAC (carte d’approche et d’atterrissage à vue, ndlr) devrait se faire à la jonction de l’A43 et l’A46 pour Saint Priest et au carrefour des Sept Chemins à Décines. Mais beaucoup d’avions le dépassent. Malgré le discours de sensibilisation des pilotes effectué par les responsables des écoles de pilotage et des aéro-clubs. »

Le respect par ces pilotes de  l’itinéraire recommandé limiterait les risques puisque les avions tourneraient beaucoup moins au dessus des habitations et des riverains qui, eux, restent le nez levé, peu rassurés…

 

 

 


Décollage + vol : eye tracking sur le pilote… par societe_pertech

 


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Préconisations de l’aéroport de Bron :

http://labrecheserveur.free.fr/pdf/Preconisation aeroport de Bron.pdf

 

 

 

 

 

 

 

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L'AUTEUR
Bruno Poncet
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