Cultures 

Les artistes lyonnais font leur rentrée musicale

actualisé le 03/01/2014 à 08h46

Ah, cette scène locale et sa fâcheuse tendance à rester figée dans ce circuit court que chérissent tant les épiciers bio, sans parvenir à mener une carrière durable au-delà du périph’. On s’en est presque fait une raison tout en ayant choisi d’en ignorer les raisons. D’autant que ce n’est qu’à moitié vrai.
Marine Pellegrini et Lucas GarnierErotic Market

C’est un fait, il y a fort longtemps que la scène pop lyonnaise ne s’est pas aussi bien portée, qualitativement comme quantitativement. Les anciens sont toujours là et n’en finissent plus de se renouveler, à l’image des Purple Lords, qu’on n’attendaient plus, avec leur splendide Slow Motion Trip d’il y a quelques mois, de Prohom dont la sortie ces jours-ci de l’album Un Monde pour soi sera fêtée le 10 novembre au Périscope, et de Denis Rivet (King Kong Vahiné) dont on avait vanté les mérites du Tout Proches. Après avoir connu les honneurs des Inouïs du Printemps de Bourges, il verra sa tournée française passer par le festival Just Rock ? en compagnie d’Emily Jane White.

Le Chic Type Daisy Lambert, toujours alangui dans les bacs, y sera également à l’affiche en soutien de Cascadeur et Rover (classe !), le 23 octobre au Club Transbo. Ses camarades d’Erotic Market, eux, s’en iront érotiser le festival Nouvelles Voix en Beaujolais, et les Taïni et Strongs le « sadiser » (respectivement les 22 et 23 novembre) en attendant, dans les deux cas, l’album. Celui qu’annonce Joe Bel sera mini, un «bébé album» néanmoins «fat», en réponse au dépouillé In the City, à même de rendre grâce (à tous les sens du terme) au groove inflammable de la pétroleuse hip pop (le 13 novembre à l’Épicerie Moderne, le 21 au Marché Gare).

 

Nettoyage à sec

Abondance de biens… favorise les projets parallèles, voire perpendiculaires : comme Follow Me Down, l’EP taillé en forme de tube du Colo Colo de Jean-Sébastien Nouveau (Les Marquises, Immune) et Martin Duru (Immune). Le Lauren Stuart and the Book of Love (disponible le 1er octobre et le 11 octobre à la Marquise) de François Serin, suite du Lauren Stuart & the Golden State of Mind de 2009, n’est pas aussi éloigné de sa maison mère Déjà Vu. Les influences s’y nourrissent d’autant plus à la mangeoire brit pop qu’on y chante dans la langue des Gallagher.

On l’a connu électronicien (ANI), voici Pierrick Monnereau dans une bien étrange entreprise de nettoyage à sec de la musique avec Nickel Pressing (cette semaine en première partie d’Is Tropical). Et n’oublions pas les projets passablement timbrés d’une autre violoniste, Agathe Max (son extatique Dangerous Days mérite qu’on en reparle très vite), de l’intenable François Virot et de l’étrange bestiole basse-batterie Alligator (le 5 octobre au Périscope). Dans cette lignée à tête chercheuse mais ne lésinant pas sur leur côté pop, garder aussi un œil sur Alexis & the Brainbow, par exemple le 7 novembre au Marché Gare, où on les découvrit cette année en première partie d’Eugene McGuinness. Tout comme les Salmon Fishers (cf. page 20) on parie que dans un clignement ils s’envoleront sous d’autres cieux.

Par Stéphane Duchêne, sur petit-bulletin.fr

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