Un pied dans la botte
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Société  Un pied dans la botte 

La fin de l’IVG en Italie? jusqu’à 85% de gynécologues objecteurs de conscience

actualisé le 30/10/2013 à 12h21

Blog/ Pour des raisons morales ou religieuses, certains gynécologues italiens ne pratiquent pas d’IVG. Leur refus va à l’encontre de la loi de 1978 et met en danger la santé des femmes. Avortements clandestins, contrebande de médicaments et grossesses non voulues… L’Italie a pris la machine à remonter dans le temps. 

« Ici, on ne pratique plus l’IVG ».

La phrase s’affiche telle un coup de poignard dans le dos. Votée en 1978, la loi 194 autorisant l’interruption volontaire de grossesse est bafouée, un peu plus chaque année en Italie. En 2012, 172 procès pour violation de la loi ont été ouverts contre 41 en 2005, rapporte La Repubblica. Principaux incriminés? Les gynécologues objecteurs de conscience. Pour des raisons morales, éthiques ou religieuses, ils refusent de pratiquer des avortements.

Au niveau national, 70,3% des gynécologues étaient objecteurs de conscience en 2010, contre 59,7% en 2005. Et dans certaines régions, comme en Basilicate par exemple, ils étaient 85,2%. Ils ne sont pas les seuls. Les anesthésistes, infirmiers et personnel paramédical refusent également d’interrompre les grossesses de leurs patientes.

Ainsi, selon Il Fatto Quotidiano, en Lombardie dans onze hôpitaux sur les 63 disposant d’un service de gynécologie obstétrique, 100% des gynécologues sont objecteurs de conscience. Et dans douze autres, entre 80 et 99%.

Salle d'operation-Crédit Mad Cox / Flickr

Lit d’hôpital. Crédit : Mad Cox

 

Le retour des avortements clandestins

Les femmes désireuses de mettre un terme à leur grossesse se retrouvent dans la situation de leur grand-mères. Avorter dans la clandestinité et mettre leur santé en péril. En 2008, le ministère de la Santé avait recensé 20 000 avortements clandestins. Depuis, il ne fournit plus aucun chiffre. Mais selon La Repubblica, elles pourraient être deux fois plus nombreuses à avorter dans la clandestinité. Sans accompagnement, dans des conditions d’hygiène déplorables et pour un coût exorbitant. Un ambulatoire illégal a ainsi été dénoncé et fermé. Ce faux service pratiquant des actes bien réels pouvait empocher jusqu’à 4000 euros par jour, selon la presse italienne.

L’autre possibilité pour les femmes confrontées aux portes closes et aux listes d’attente interminables, est d’absorber la pilule abortive RU486. Mais comme l’indique La Repubblica, les jeunes femmes se retrouvent à avorter seules. Et pour les mineures, c’est bien souvent le chemin du marché noir des médicaments de contrebande qui s’ouvre.

 

Face à la loi, le recours aux petites mains 

Mais la loi est la loi, et pour répondre à la demande, les hôpitaux font appel aux médecins « gettonisti », des médecins n’ayant pas trouvé de poste fixe -qui travaillent en libéral et sont payés à l’acte. En revanche, dans certains services, des gynécologues qui seraient prêts à pratiquer des IVG ne le font pas. Pression des supérieurs et poids de la religion, sans doute.

Et en France ? L’IVG est autorisée depuis la loi Simone Veil de 1975 [voir la vidéo]. Et pour tout savoir sur l’IVG en France, une data visualisation est à voir ici.

 

 

 

 

 

 

 

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