Un pied dans la botte
Un blog transalpin lyonnais. Et pourquoi pas ? Audrey Chabal auteure du blog "Un pied dans la botte", s'intéresse à l'actualité de nos voisins italiens. Ciao ciao.
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Chanson italienne à l’export #2 : Gloubi-boulga linguistique

actualisé le 16/11/2013 à 12h56

Deuxième volet de notre série sur la chanson italienne qui s’exporte. Qui dit export, dit tentative d’intrusion linguistique : du duo franco-italien à la chanson écrite directement en anglais en passant par la chanson aux rimes en langues étrangères… C’est parti !

L’été s’achève, laissons donc tomber ce doux rêve de dolce vita saupoudré de chanson romantique italienne. Bientôt la rentrée, alors soyons pragmatiques. Résolvons le problème suivant : vous êtes un chanteur italien, vous avez envie de rayonner à l’étranger, que faire ? Après notre premier épisode sur la variété italienne, un petit tour des tentatives de mix linguistiques.

1/ Le déjà tube à moitié traduit pour redevenir un tube :

Votre chanson a bien fonctionné à l’étranger, c’est même devenu un tube. Mais vous êtes vite retombé dans l’oubli. Que faire pour revenir sous les projecteurs du pays en question ? Reprendre le tube, vous associer avec un chanteur du cru et lui traduire quelques paroles. J’ai déjà mentionné Andréa Bocelli et Hélène Ségara, Vivo per lei / je vis pour elle depuis toujours, pas la peine de vous infliger ça à nouveau. En revanche, vous avez très envie de revoir Nek. Si, si, je le sais.

Vous voyez, c’est toujours chouette de revoir Nek. Bon, alors le souci, c’est qu’il ne s’agit pas vraiment d’une traduction.

Comparons !

Dans la version originale (deuxième couplet), Nek nous chante ça :

Laura n’est pas là / je comprends qu’il est stupide de la chercher en toi / je suis une merde et je ne voudrais pas rester avec toi en pensant à elle / toujours aussi sympa, le mec  / ce soir je veux rester éveillé / allons manger quelque part…

Mais dans la version franco-italienne, l’apparition de Cerena, (ne me demandez pas de qui il s’agit, tout le monde l’a oublié) oblige à une réadaptation de la sérénade.

Retranscrivons ce deuxième couplet de cette deuxième version !

Laura ne sait / temps d’arrêt, les traductions ne collent pas toujours avec le tempo de la chanson originale / pas que j’existe / Elle se refuse, elle te résiste / et tu m’entraînes / gloubi-boulga, on ne comprend rien là / Laura te plaît / je ne veux pas vivre d’un reflet / lucide, la nana / Dans le jeu cruel de nos désirs, elle s’accroche à tes souvenirs / bon, ça suffit, celle qu’il aime, c’est Laura / mais un jour tu devras choisir…

Personne ne connaît Cerena, en revanche, elle semble bien connaître les chanteurs italiens et ce procédé de retour à la lumière, pour eux, car pour elle c’est plutôt de l’ordre de l’étoile filante, son histoire. Dans le même style, elle s’est associée à Umberto tozzi, dans une reprise de Tu.

Comparons !

Dabada / dabada / dabada da da da da / dabada / dabada / bon, jusque là, tout va bien, c’est la même chose dans les deux versions.

Cerena nous chante donc ceci :

Toi / toujours ce problème de tempo linguistique / qui viens tout / contre moi / quand la vie me désavoue / Ta douceur, et ta joie / j’en ai gardé le goût / Ton sourire brûle en moi / comme le soleil sur ma joue / blablabla / blablabla / blablabla / Il n’y a rien de plus doux / pour toi je suis prête à tu / quelle transition, c’est incroyable, Umberto commence sa phrase par Tu… Très fort ! Toi / quel âge me donnes-tu?

Sauf que dans la version originale, Umberto Tozzi chantait ceci:

Toi / nous sommes ici, nous sommes là / l’amour est à notre table / Dis-moi si ça te va, mon lit est solide et tu ne pèses pas plus qu’une plume / Ah, oui. Ah oui. Ah, oui. Ca n’a tout simplement rien à voir / Et toi, pourquoi tu n’y es pas / je suis en train de me déshabiller…

2/ Le duo avec la star étrangère, dans les deux langues

Réadapter une chanson : pas top, comme on vient de le voir. Alors pourquoi ne pas co-écrire une chanson avec une star d’un autre pays. Eros Ramazzotti et Tina Turner ont essayé, et Tina semble apprécier le climat italien :

Traduisons !

Eros dit : il s’agit de situations humaines / tous ces moments entre nous / blablabla blablabla / Je suis en train de penser à toi

Tina dit : Il y a des contradictions humaines / mince, ils ne sont pas sur la même longueur d’ondes / Je ne peux pas m’arrêter de penser à toi / ouf, on a eu peur, l’espace d’une seconde

3/ L’introduction de paroles étrangères dans la chanson

Autre solution, essayer de s’adresser au plus grand nombre en parlant plusieurs langues dans la même chanson. Zucchero (sucre) le fait très bien.

En italien :  Maintenant je crois aux miracles / En anglais : bébé, la nuit est en feu / que dis-tu ? / En espagnol : danse, danse, petite brune…

Mais ça ne compte pas, à la base, il s’agit d’une chanson hispanophone.

Le vrai exemple, c’est Adriano Celentano :

4/ Introduire des mots que personne ne comprend :

Last, but not least solution : faire un joli yaourt, comme ça, tout le monde peut chanter. Et c’est l’option choisie par Paolo Conte :

Traduisons !

Allez, viens, pars d’ici / plus rien ne te lie à ces lieux ni à ces fleurs bleues / allez, allez, même plus ce temps gris plein de musiques et d’hommes qui t’ont plu / En anglais : c’est merveilleux (plusieurs fois) / bonne chance ma chérie / chick, chick / tatidubidou bidou / chicks chips / tatidoubidou chi boum chi bou boum…

Non, par contre, si on commence à critiquer Paolo Conte, on ne va pas être copain… Mais pas du tout.

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