Société 

Cynthia, 18 ans : « mon salaire chez Vente Privée ne me suffit pas pour me loger »

actualisé le 07/05/2015 à 13h24

« Toute mon enfance je l’ai faite dans un foyer. A mes 18 ans au mois d’août, je suis retournée chez ma mère qui habite à côté de Lyon. Ça se passait très mal et il y a deux jours ma mère m’a mise dehors. Pour le moment je loge chez une amie mais cela ne peut pas durer. Je veux m’en sortir et réussir ma vie. »

C’est ce que Cynthia, alors âgée de 18 ans, racontait en octobre 2012 au  Comité local pour le logement autonome des jeunes (CLLAJ Lyon). Avant de poursuivre :

« J’ai actuellement un emploi chez Vente Privée que j’ai trouvé grâce à Pôle Emploi mais ce salaire ne me suffira jamais pour pouvoir me payer un logement sur Lyon et subvenir à mes besoins. Je n’ai aucune idée des droits ou des aides dont je peux bénéficier. En espérant avoir de l’aide de votre part. »

Tribune / Aujourd’hui, les nouvelles technologies de l’information, comme on les appelle, sont des moyens souvent utilisés pour une prise de contact, peut-être encore plus par les jeunes. Le CLLAJ est régulièrement sollicité par courriel ; ce message est représentatif d’une demande de la jeunesse que nous accueillons.

Au travers des mots de de Cynthia, se dessinent les stigmates d’une jeunesse en mal d’habiter : parcours en foyer, décohabitation difficile, hébergement chez des tiers, précarité salariale, manque de culture du logement….

 

A quand un vrai big bang de la jeunesse ?

D’après les données fournies par la région, les jeunes de Rhône-Alpes représentent la plus grande catégorie de population (21%) vivant sous le seuil de pauvreté (soit 954 €/mois). Le taux de chômage des jeunes y est beaucoup plus élevé que celui du reste de la population (15% contre 9%). Pour ceux qui sont salariés, leurs revenus sont, pour 60% d’entre eux, inférieurs au SMIC. Les jeunes salariés concentrent ainsi la moitié des bas salaires de Rhône-Alpes.

Dans ce contexte, les jeunes subissent la crise du logement avec violence : ils parviennent de plus en plus difficilement à accéder à un logement autonome, ce qui conduit à rompre la dynamique entre emploi et logement, formation et logement.

Si l’insertion professionnelle des jeunes nécessite mobilité et flexibilité, le marché du logement est rigide et fermé, inadapté aux jeunes : les logements sont trop chers et les bailleurs trop exigeants dans le parc privé, le parc public est caractérisé par son inadaptation en termes de petits logements et de rigidité dans ses procédures d’attributions et le parc de logements transitoires est peu dédié aux jeunes.

Les jeunes, à différents niveaux, et «comme premiers entrants» de la chaîne et « primo-demandeurs » sont les premières victimes de discriminations dans le cadre de leur accès au logement.

Ainsi, de plus en plus de jeunes abandonnent des formations ou sont contraints de refuser un emploi car ils ne peuvent pas se loger dans des conditions décentes.

Résorber le mal logement dont les jeunes sont les premières victimes devient possible à la condition que notre société fasse confiance à ses jeunes. Comment faire émerger ou renforcer les valeurs de solidarité comme terreau d’un projet sociétal où la jeunesse est perçue comme une force ?

Par Kheira Boukralfa, responsable du CLLAJ Lyon (Comité local pour le logement autonome des jeunes), dans le cadre de Prospective logement, deux jours d’assises sur le logement et l’habitat à la Villa Gillet (3 et 4 juillet), un événement dont Rue89Lyon est partenaire.

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