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Lyon Corbas : les personnels pénitentiaires manifestent pour le rétablissement des fouilles

actualisé le 21/12/2013 à 08h52

Répondant à un appel national, une soixantaine de personnels de Lyon-Corbas manifestera devant la maison d’arrêt demain mardi, dès 5h30. La prison de Villefranche-sur-Saône et l’établissement pénitentiaire pour mineurs de Meyzieu seront également concernés.

En cause, le plan de sécurité des prisons présenté par la garde des Sceaux, Christiane Taubira, le 3 juin dernier. La mesure-phare de ce plan de sécurisation, dont le coût est estimé à 33 millions d’euros, est un dispositif anti-projectiles. Comme beaucoup de ses confrères « en première ligne face aux détenus », Emmanuel Chambaud, secrétaire général du syndicat UFAP de la maison d’arrêt, juge inadaptées les mesures présentées par la ministre :

« L’insécurité est de plus en plus criante. Rien qu’à Lyon-Corbas la semaine dernière, nous avons eu trois agressions, déplore-t-il. Le plan de la ministre prévoit l’installation de 20 portiques de sécurité, comme dans les aéroports. Mais seulement 20 portiques pour les 200 établissements français. »

282 nouveaux portiques à masse métallique doivent être mis en place dans les établissements pénitentiaires français. Il en existe déjà 624. Les 20 portiques auxquels fait référence Emmanuel Chambaud sont en fait des dispositifs, dits à ondes millimétriques, permettant de voir n’importe quel objet dissimulé, même s’il n’est pas métallique. Ces portiques de dernières génération seront réservés aux maisons centrales, les prisons accueillant des détenus condamnés à des peines longues.

Des prisons passoires

Selon l’UFAP,  les personnels de Lyon-Corbas ont interceptés 1,6 kg de cannabis, 297 téléphones et 8 couteaux depuis janvier dernier.

« Et encore, ce sont des chiffres optimistes. Je suis sûr que les trois quarts de ce trafic sont passés entre les mailles de nos filets. Les fouilles au corps sont le seul moyen que nous ayons aujourd’hui à notre disposition pour réduire les risques qui portent sur les personnels ou même sur les autres détenus dont nous sommes responsables. »

Or, l’article 57 de la loi pénitentiaire de 2009 interdit que ces fouilles au corps soient systématiques. Elles sont pourtant toujours pratiquées comme l’a noté le Contrôleur des prisons, dans son rapport rendu public le 22 février 2012.

« N’allez pas croire que ça nous fasse plaisir de fouiller des gens ! Bien évidemment des portiques de sécurité régleraient le problème en amont. Mais en attendant d’en voir la couleur, nous demandons l’abrogation de cet article 57, pour rétablir la sécurité dans nos prisons », déclare Emmanuel Chambaud.

Les personnels de Corbas prévoient de manifester toute la matinée, voire jusque dans l’après-midi si aucune réponse n’est apportée à l’échelle nationale. Durant ce laps de temps, ils bloqueront l’accès des véhicules à la prison, rendant impossible tout mouvement.

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