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A Lyon, le procès d’une ratonnade du GUD renvoyé

actualisé le 08/01/2014 à 07h17

Ce mardi, deux membres du GUD devaient être jugés en comparution immédiate pour des violences en réunion à caractère raciste. Mais la présidente de la 14e chambre du tribunal correctionnel de Lyon a préféré renvoyer le procès au 20 juin. Un troisième membre du GUD, mineur, doit être présenté au parquet.

Ce devait être une première. Depuis la refondation de ce groupuscule d’extrême droite, à Lyon, en septembre 2011, il n’y avait pas eu de procès de membres revendiqués du GUD, connus pour leurs actions violentes.

Mais la présidente Isabelle Bloch a voulu que le tribunal correctionnel de Lyon se « donne du temps ». Toutefois, avant de prendre sa décision, la magistrate est revenu brièvement sur les faits et les auteurs présumés.

Aux deux membres du GUD (un troisième prévenu a été mis hors de cause par les quatre victimes), il est reproché d’avoir barré le chemin à un groupe de deux jeunes couples qui rentraient chez eux en Velo’v, dans la nuit de vendredi à samedi dernier.

Vers 3 heures du matin, dans le 3e arrondissement de Lyon, une dizaine d’individus ont réalisé une « espèce de contrôle au faciès », selon les termes de la présidente.

En pointe sur cette action, un jeune de 24 ans, sans profession. C’est lui qui a été placé en détention provisoire et qui doit y rester jusqu’au procès.
Il aurait bloqué le Velo’v d’un des hommes portant les cheveux longs en lui demandant « t’es blanc ? t’es français ». Il lui aurait reproché d’être ami avec une « asiatique ». « En quoi ça te regarde ? » a-t-il eu pour réponse.

S’en est suivie une série de coups portés contre lui et contre l’autre homme du groupe. La personne dite « asiatique » a également été frappée mais moins lourdement.

A l’audience, les deux victimes portaient une minerve. L’un a perdu deux dents et l’autre a un poignet cassé. La présidente s’est particulièrement attardé sur celui qui semble être le meneur sur « ce déchaînement de haine » :

« On était alcoolisé. J’ai mis deux ou trois coups. Je ne peux pas dire sur qui ».

L’avocat de SOS Racisme (partie civile, avec la Licra), Bertrand Sayn, l’a également questionné sur ce qu’est « être membre du GUD » :

  • Sur la violence : « Ce n’est pas parce qu’on est membre du GUD, qu’on est violent ».
  • Sur les valeurs du GUD : « être nationaliste. Cela veut dire aimer notre pays ».
  • Sur le nationalisme : « être français, avoir des valeurs françaises ».

La présidente n’a pas pu s’empêcher de relever que la personne que le gudard considérait « asiatique » était française puisqu’elle était née à la Réunion, donc « du même pays que le sien ».

L’autre prévenu, qui comparaissait libre mais sous contrôle judiciaire, s’est qualifié de « sympathisant du GUD ». Lui a 20 ans ; il est étudiant en BTS dans un lycée de la Loire. Il a également reconnu avoir porté des coups après avoir, dit-il, tenté de les convaincre de partir car « ça allait mal tourner ».

Des agressions post-manifestation anti-Taubira

Depuis plusieurs mois, le GUD fait régulièrement parler de lui, particulièrement à Lyon, lors des manifestations contre le mariage gay. Une passante avait notamment été frappée au moment de la dispersion d’une de ces manifs.

Frigide Barjot avait également subi leurs insultes lors de sa venue à Lyon.

Surtout, les prévenus se sont illustrés lors d’une tentative d’accrochage d’une banderole sur la préfecture du Rhône, le 7 mai dernier. L’un des deux (celui en détention provisoire) doit même comparaître en juin pour des violences sur agent de police.
Selon plusieurs sources, ces deux membres du GUD (et certainement leurs camarades qui les accompagnaient) auraient participé en début de soirée à un rassemblement de plus de cent personnes contre la venue de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, dans le 9e arrondissement de Lyon.

Ensuite, ils se sont « alcoolisés », comme ils le disent eux-mêmes. Et enfin, ils ont déambulé dans le quartier cosmopolite de la Guillotière. Une des victimes témoignent :

« On les a vus de loin sur le cours Gambetta. Ils gueulaient des slogans et des insultes racistes. On s’est dit qu’il fallait les éviter ».

Malheureusement, quelques rues plus loin, leurs chemins se sont croisés.

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L'AUTEUR
Laurent Burlet
Laurent Burlet
Journaliste à Rue89Lyon - politique - questions sociales - écologie.
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