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Centrifugeuse de visionnage, épisode 13

actualisé le 25/01/2014 à 08h47

Aujourd’hui, EXCEPTIONNELLEMENT parce que vous avez été bien sages, on ne cause que de films à l’affiche.

Iron Man 3 de Shane Black

Remplacer cette baderne opportuniste de Jon Favreau par Shane Black, scénariste aussi génial que maudit, est sans doute ce qui s’approche le plus d’une bonne idée dans le Hollywood d’aujourd’hui. Pendant les trois premières minutes, l’illusion tient presque : l’écriture acerbe et désenchantée de Black roule comme jamais sur la langue de Robert Downey Jr, on enchaîne sur une pirouette scénaristique à la Kiss Kiss Bang Bang avant de subir plein pot l’immonde Blue d’Eiffel 65 sur le défilé des logos Marvel et Paramount – une touche de mauvais goût a priori impensable dans le premier « super » blockbuster post-Avengers, et, de fait, assez géniale.

Par la suite, Shane Black est forcé de composer avec le cahier des charges des productions Marvel, quitte à ne faire office que de simple valeur ajoutée. Iron Man 3 charrie les casseroles de ses prédécesseurs – caractérisation à la serpe, scènes d’action tonitruantes mais sans enjeux, humour forcé, suspension d’incrédulité dans ton cul – et Black s’en accommode du mieux possible avec son savoir-faire à l’ancienne, qui transforme tout de même la commande en meilleur film de l’univers Marvel à ce jour, de très loin.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la tâche n’a pas été aisée. Coproduit par DMG Entertainment, la plus grosse société de distribution chinoise, construit de longue date par des hordes informes de costards cravates US pour conquérir l’impénétrable marché asiatique, Iron Man 3 devait notamment gérer un impératif superbement absurde : introduire un adversaire emblématique des aventures dessinées de l’homme de fer, le Mandarin, sans vexer le public chinois. Comment l’auteur s’en sort ? Tout simplement en ruant avec délectation dans des brancards conspirationnistes qui risquent d’énerver une bonne partie du public américain.

Shane Black : quelques grammes de « fuck you » dans un monde servile.

The Grandmaster de Wong Kar Wai

Difficile de dire que ce film, tout bordélique et parfois incohérent soit-il, est objectivement raté. Rien que parce que dans le seul plan ci-dessus, il y a sans doute plus de cinéma que dans 95 % des longs métrages sortis depuis le début de l’année. The Grandmaster est en quelque sorte la contradiction faite film : le récit sans cesse heurté et artificiellement complexe d’un homme ne visant en fait qu’à la simplicité, tant dans son art que dans ses sentiments. La quête d’une vie pour son auteur…

Perdu dans des intrigues qu’il ne cesse de malmener, WKW navigue constamment dans un entre-deux dont l’équilibre et la logique semble connus de lui seul. Et à la limite, tant mieux. Le temps que le cinéaste mène son projet à bien, les biographies de Ip Man ont envahi les écrans hong-kongais en une chaîne quasi ininterrompue et par trop bourrative. La vision de l’auteur prime ici sur les figures obligées, le bruit du monde y est observé à distance, dans une tentative de domptage du chaos par la philosophie transcendantale de la pratique martiale.

Obscur jusqu’à l’aveuglement avant de céder à une limpidité émotionnelle sidérante, autant gorgé de ralentis et de plans clichés que de visions majestueusement inédites, The Grandmaster ne serait pas le même film sans son allure de brouillon impulsif. Avec le recul, il finit même par faire sens.

 L’Ecume des Jours de Michel Gondry

Qu’il eut été plaisant d’aller contre le sens du vent, et d’adorer inconditionnellement le dernier film de Michel Gondry, pour lequel le metteur en scène subit un quasi unanime procès pour abus d’inventivité – l’un de ces paradoxes qui contribue à faire détester la critique de cinéma auprès des spectateurs ayant la faiblesse d’avoir leurs propres avis. La réalité du film joue malheureusement contre lui : son univers ne tient pas debout. Gondry est un génie quand il s’attaque à la sphère intime, et un enfant prostré quand il s’aventure dans le monde extérieur.

La société de Vian était d’une ultra-violence achevée et mécanique, elle fait ici partie du décorum. Ses poussées gore sont mignonnes. La sous-intrigue sur Jean-Sol Partre ne rime plus à rien. La disparition des personnages n’émeut ou ne choque pas, en grande partie grâce à un casting totalement loupé – que Gad Elmaleh déménage donc en Russie et aille jouer Jérôme Cahuzac pour Abel Ferrara, histoire de se décrisper un peu. L’Ecume des Jours aurait pu être un film formidable, il n’est qu’intéressant.

 Promised Land de Gus Van Sant

Aujourd’hui, dans notre série « La vérité à tout prix », le petit Matt Damon se rend compte que le gaz de schiste, c’est pas joli-joli, et que l’Amérique rurale a dans le cœur le soleil qu’elle n’a pas dehors. Et à 16h10, ne manquez pas le nouvel épisode de D&Co.

Les Profs de Pierre-François Martin-Laval

Salut, 1985. Tu as perdu l’un de tes films chez nous, tu seras bien aimable de le récupérer. Tu peux garder Kev Adams, tant que tu y es.

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L'AUTEUR
François Cau
François Cau
Expendable chez So Film.
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