Société 

A la prison de Lyon-Corbas, un d

actualisé le 12/02/2014 à 04h20

C’est une décision qui a de quoi surprendre. Transféré de la prison de Rouen le 14 mars à celle de Lyon-Corbas, un détenu a été placé à l’isolement, « compte tenu de la surpopulation actuelle de l’établissement ».

L’administration pénitentiaire justifie sa décision par « l’importance » du procès aux assises dans lequel va comparaître Eugène B., à partir du 2 avril. Il est en effet poursuivi pour complicité dans l’évasion de la centrale de Moulins en 2009. Des faits largement « médiatisés » à l’époque comme le souligne également la pénitentiaire. Eugène B. est accusé d’avoir incité sa compagne à apporter les armes ayant servi aux deux fugitifs.

Pour autant, la direction de la prison ne met pas en avant une dangerosité particulière de ce détenu. Elle avance une raison étonnante :

« La surpopulation actuelle de l’établissement ne permet pas un placement en cellule individuelle ».

Or Eugène B. ne supporte pas cette mesure d’isolement, qui n’est pas, au sens strict, une punition (comme le placement au mitard) mais qui y ressemble.
Le prisonnier placé à l’isolement étant privé de tout contact avec les autres détenus. La seule différence avec le quartier disciplinaire, est qu’il n’est pas privé de télévision, ni de la cantine.

Défendu par l’avocat David Metaxas, Eugène B. a donc fait un recours contre cette décision. Jugé vendredi en urgence devant le tribunal administratif de Lyon, il a été débouté.
Un jugement qui ne surprend pas Lionel Perrin de l’Observatoire International des Prisons (OIP) qui soutenait le recours du prisonnier :

« C’est une jurisprudence constante. Le juge des référés ne reconnaît jamais le caractère d’urgence d’un recours contre un placement à l’isolement. Si l’affaire était jugée sur le fond, la décision de l’administration pénitentiaire serait annulée car aucun risque d’atteinte à la sécurité n’a été avancé ».

Cette décision de la direction de l’administration pénitentiaire vient une nouvelle fois rappeler les difficultés que connaît cette maison d’arrêt ultra-moderne de Lyon-Corbas inaugurée en 2009. La prison où l’on se suicide le plus en France est également surpeuplée (879 détenus pour 688 places au 1er février 2013). Et pour cette raison, on place des détenus à l’isolement.

 

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L'AUTEUR
Laurent Burlet
Laurent Burlet
Journaliste à Rue89Lyon - politique - questions sociales - écologie.
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