La 89ème minute
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OL-Lorient : Lisandro, le mort brillant

actualisé le 14/09/2013 à 16h20

RANK’N’OL #36. Grâce à un gros Licha, que tout le monde avait pourtant enterré, l’OL a battu Lorient (3-1), deux jours et demi après son élimination en coupe d’Europe. Une victoire pénible mais pas dénuée de panache qui peut permettre aux Lyonnais de nourrir des rêves au moins aussi improbables qu’un Rank’n’OL émancipé de ses figures du milieu. Du Rank alternatif quoi.

 

Dimanche  24 février 2013, 26ème journéee de Ligue 1

Olympique Lyonnais – FC Lorient 3-1

Pour Lyon : Lopez (24ème), Ghezzal (50ème), Mvuemba (90ème)

Pour Lorient : Aliadière (11ème)

 

OL-Lorient

 

Notes : la grille d’éval’

#1 Rennes-OL 0-1 ; #2 OL-Troyes 4-1 ; #3 Évian TG-OL ; #4 OL-Valenciennes ;#5 OL-Ajaccio ; #6 OL-Sparta Prague ; #7 Lille-OL ; #8 OL-Bordeaux ; #9 Kiryat Shmona-OL ; #10 Lorient-OL ; #11 OL-Brest ; #12 OL-Bilbao ; #13 Nice-OL ;#14 OL-Bastia ; #15 Bilbao-OL ; #16 Sochaux-OL ; #17 OL-Reims ; #18 Prague-OL ; #19 Toulouse-OL ; #20 OM-OL ; #21 OL-Montpellier ; #22 OL-Kiryat Shmona ; #23 Saint-Étienne-OL ; #24 OL-Nancy ; #25 PSG-OL ; #26 OL-Nice ; #27 Épinal-OL ; 28 Troyes-OL ; #29 OL-Évian TG ; #30 Valenciennes-OL ; #31 Ajaccio-OL ; #32 OL-Lille ; #33 Tottenham-OL ; #34 Bordeaux-OL ; #35 OL-Tottenham

 

1. Lisandro Lopez : le Rank’n’OL ne trouve pas son inspiration dans les chiffres. Par principe. Mais puisque les chantres du Lisandro bashing sont (étaient ?) en train de se constituer en une armée vite devenue aussi puissante qu’incontrôlable, on ne passera pas sous le silence cette stat tombée en cours de match et qui rappelait que Lisandro est le meilleur buteur de la L1 depuis les trois ans et demi qu’il est arrivé en France. Buteur. Attaquant. Avant-centre quoi. L’opportunité qui lui était donnée de retrouver enfin l’axe le temps d’un après-midi avait tout du piège. Ça marche ou tu crèves. Et non seulement ça a marché (un but, une tête décisive sur le but de Ghezzal), mais Licha a bien pris soin de rappeler qu’il était plus que ça. Appels en profondeur incisifs, déviations spontanées, retours salvateurs et dribbles brillants : Licha n’est pas mort. Il était juste mis de côté.

2. Alexandre Lacazette : le retour de l’ombre. Celle qui planait jeudi dernier après l’élimination face à Tottenham autour de sa prestation, où on lui avait reproché un peu vite d’avoir manqué de lucidité / talent / expérience (rayer la mention inutile) en s’écroulant pleine surface plutôt que d’aller chercher le duel avec Friedel. Une situation aux airs de déjà vu pour le kid de Mermoz : à Nicosie, où un pénalty manqué promettait de flinguer la belle ascension. C’est une théorie qu’on tient sur le joueur, Lacazette a justement besoin de l’ombre pour redevenir le joueur qu’il est : provocateur doué, enfant perdu du côté droit, corps élastique et passeur décisif ou presque (premier et deuxième buts) qui rappelle qu’un Koné en cache souvent un autre. Une théorie que l’intéressé (ou son inconscient) avait lancée au moment de revenir sur ses années de formation : « J’ai fait partie d’une génération avec des joueurs comme Grenier ou Belfodil dont tout le monde attendait beaucoup. C’est ce qui m’a permis de progresser tranquillement dans mon coin. » Un coin où il a déjà fait le vide autour de lui, renvoyant un peu plus à l’ombre le cas Briand. Au moins pour perpète.

3. Samuel Umtiti : la première fois qu’il a joué arrière gauche, c’était juste correct. La fois suivante, il s’était mué en méta-stoppeur rassurant tous ses camarades dans un rayon de trente mètres. Puis il a commencé à s’aventurer dans le camp adverse. Puis il a porté le danger dans le camp adverse. Puis il a mis un but de l’espace. Et puis contre Lorient, il a amené deux avant-dernières passes décisives, a même failli marquer en partant à la limite du hors-jeu (41ème, parade d’Audard), tout en éteignant ses adversaires directs, Corgnet puis Giuly et quiconque ayant eu l’audace de passer par là. Le fossoyeur de Ménival préfère jouer dans l’axe. En attendant, il se contentera d’être le meilleur arrière gauche de France. Par défaut.

4. Rachid Ghezzal : quitte à passer le plus clair du Rank à pratiquer le name dropping et à envoyer de l’Abidal en puissance à chaque bonne apparition d’Umtiti, il faudrait situer la belle tenue du match de Ghezzal du côté de Malouda. Après tout, certains ont bien voulu lui envoyer de la comparaison avec Ben Arfa pour un dribble derrière la jambe honnêtement exécuté. En vrai, s’il faut trouver un phénomène du côté de Ghezzal, il faut le chercher juste en dessous, précisément là où se trouve Umtiti. Et c’est sans doute là que réside tout le talent du rookie of the year de l’attaque lyonnaise, celui d’avoir compris qu’il y avait un joli brin de carrière à lancer dans le sillage du fossoyeur de Ménival en se contentant de jouer simple, disponible, défensif quand il le faut. De quoi permettre à Sam de se rapprocher un peu plus de toi, Éric. Et à Ghezzal d’éviter l’ornière d’un Tafer ou d’un Belfodil du futur.

5. Arnold Mvuemba : pas loin d’être les quinze minutes les plus rentables de l’histoire du Rank. Ce qui, dans tout classement, porte le nom de hit en puissance. Et si l’on veut poursuivre la correspondance avec l’histoire du rock, il faut se demander si ce n’est pas ici et maintenant que se joue une bonne partie de la carrière lyonnaise de Mvuemba. Deux solutions. La première, le sosie officiel de Al Green est l’homme d’un hit et en reste à cette belle promesse sans lendemain, façon Single Of The Week. La seconde, l’ex de Pompey a accumulé suffisamment de frustration pour enchaîner les belles prestations comme on aligne les hits sur deux albums sortis en l’espace de six mois. En bon connaisseur de la chose – du foot et du rock, qu’il aime surtout progressif –, Gourcuff père ne voyait pas autre chose : « Je vais pas dire que je suis content pour Arnold. Mais si ça peut lancer sa saison… » Façon d’honorer un nouveau statut, celui de Lester Bangs de France, tout juste après avoir fait ses premiers pas en qualité de Rank critic.  Façon surtout de rappeler qu’il en va du le foot comme du rock : il ne suffit jamais que d’une bonne dose de hargne et d’un peu de technique pour gagner les faveurs du public. Celui de Gerland ne demande rien d’autre.

Par Pierre Prugneau et Serge Rezza

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