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Bordeaux-OL : le carton jeune

actualisé le 14/09/2013 à 16h20

RANK’N’OL #34. Volé au match aller après avoir eu la maîtrise du match (0-2), l’OL s’est froidement vengé à Bordeaux (0-4) en laissant le ballon à une équipe qui ne savait pas quoi en faire. Pas vraiment dans les habitudes de la maison. Mais les jeunes ne respectent rien. Sauf à l’heure de se mettre en Rank.


Dimanche 17 février 2013, 25ème journée journée de Ligue 1

FC Girondins de Bordeaux – Olympique Lyonnais 0-4

Buts :  Grenier (15ème et 73ème sp), Fofana (65ème) et Lacazette (75ème)

 

Bordeaux-OL

 

Notes : la grille d’éval’

#1 Rennes-OL 0-1 ; #2 OL-Troyes 4-1 ; #3 Évian TG-OL ; #4 OL-Valenciennes ;#5 OL-Ajaccio ; #6 OL-Sparta Prague ; #7 Lille-OL ; #8 OL-Bordeaux ; #9 Kiryat Shmona-OL ; #10 Lorient-OL ; #11 OL-Brest ; #12 OL-Bilbao ; #13 Nice-OL ;#14 OL-Bastia ; #15 Bilbao-OL ; #16 Sochaux-OL ; #17 OL-Reims ; #18 Prague-OL ; #19 Toulouse-OL ; #20 OM-OL ; #21 OL-Montpellier ; #22 OL-Kiryat Shmona ; #23 Saint-Étienne-OL ; #24 OL-Nancy ; #25 PSG-OL ; #26 OL-Nice ; #27 Épinal-OL ; 28 Troyes-OL ; #29 OL-Évian TG ; #30 Valenciennes-OL ; #31 Ajaccio-OL ; #32 OL-Lille ; #33 Tottenham-OL

 

1.  Gueïda Fofana : il y a des buts qu’on aime moins pour ce qu’ils sont que pour ce qu’ils racontent. Et c’est bien pour cette raison qu’ils finissent par squatter durablement nos mémoires vives. En l’occurrence, ce but de Fofana est bien parti pour rejoindre à sa manière le lob somptueux de Tiago à Geoffroy-Guichard (mars 2007). Pas forcément pour ses qualités esthétiques, mais bien parce qu’il inscrit pour longtemps ce qu’on a cru percevoir d’un joueur, disons quelque part au-dessus de la moyenne. D’abord, pour son mental en acier trempé. Là où tant d’autres se seraient perdus dans un début de match trop timide pour ne pas draguer du côté de la transparence, Fofana a retrouvé la partition qu’on croyait abandonnée du côté de White Hart Lane. Où il n’y a plus choix à faire entre la puissance et l’intelligence du joueur. Ce que résume aussi le but à sa manière, expression brute d’un talent d’un bout à l’autre de l’action (de récupération à frappe décisive) autant que validation des choix du jour, permettant à l’OL de prendre le large et à Garde d’entamer un turn over pépère en vue du retour de jeudi face à Tottenham. Au cas où vous ne l’auriez pas compris, on n’aime donc rien tant que les buts qui nous donnent de nouvelles raisons d’avoir raison.

2. Maxime Gonalons : il va finir par se retrouver avec le fisc aux fesses pour ne pas avoir déclaré le Rank’n’OL comme résidence secondaire. Sûrement pas de quoi faire paniquer le gaillard de la East Coast lyonnaise qui s’est baladé sur la West Coast française comme à peu près partout où il est passé cette année. Problème pour lui : la régularité, c’est l’habitude ; l’habitude, c’est la routine ; et la routine, c’est assez vite l’oubli. Tant pis pour Deschamps, tant pis pour la France : l’OL sait suffisamment ce qu’il doit à Mahamadou Diarra et Jérémy Toulalan pour apprécier à sa juste valeur la parfaite synthèse des deux.

3. Clément Grenier : la formule expérimentée au milieu du côte de White Heart Lane (Gonalons-Fofana-Malbranque) jeudi dernier semblait bien partie pour durer. Où l’on préfère les meneurs d’âme au meneur en titre, ici Grenier. Il faut croire que le classieux passeur à la lyonnaise respire aussi bien l’air du temps qu’il sent le jeu. Ce qui l’amène à répondre, à sa manière, à l’impératif d’engagement à coups de tacles de fin de partie et autres passes en retrait. Comme s’il fallait noyer un peu de la prise de risques qu’implique sa tendance naturelle dans le propos du jour, où il vaut mieux laisser la possession à l’adversaire histoire d’en venir à bout. Au-delà de ses deux buts, c’est là que s’est jouée la réussite du jour pour Grenier, dans cet art de la reprise à son compte d’un genre qui n’est pas le sien. Qui l’amène à surclasser dans l’art de la cover l’espèce de bandasse girondine qui a bien voulu massacrer l’Hallelujah de Leonard Cohen, ne se risquant au déchet que sur quelques situations de contres pour mieux créer les décalages qui finissent par compter. Une idée de jeu qui aurait, en somme, quelque chose de l’art de posséder en contre.

4. Alexandre Lacazette : à première vue, une bonne partie du match de Lacazette pouvait ressembler à cette parabole que connaissent par cœur les (mauvais) footballeurs du dimanche. Celle qui voit cette catégorie de joueurs parmi les plus maudites incapables d’attraper la reconnaissance qui leur a toujours été refusée à force de tergiversations au moment de faire une passe, une passe toute simple, décisive ou presque pour peu que le gars de devant sache plier l’affaire en contre. Du coup, histoire de rappeler qu’il y a bien un monde entre le joueur professionnel qu’il est et le Jimmy Briand qu’il peut devenir, Lacazette a fini par tout miser sur ses qualités de passage en revue de la défense adverse. Après une première tentative manquée d’un rien jeudi dernier, il a remis ça à l’heure de la digestion. Pas une mauvaise idée à la découverte du bide de Planus, visiblement pas tout à fait revenu des escapades de Petitrenaud. D’autant que le côté élastique du kid de Mermoz n’aime rien tant que se jouer des formes rebondies de ses adversaires pour repartir de l’avant. Un pari payant une fois replacé dans l’axe, précisément là où le jeu lyonnais était appelé à s’épanouir cet après-midi. Et Planus à entamer sa sieste.

5. Lisandro Lopez : il aura donc suffi d’un match, contre Lille, pour que Rémi Garde règle (provisoirement ?) le problème. Dans l’état actuel des choses, dans l’intérêt général et plus encore dans l’optique d’un match abordé dans la position du tireur couché, Licha est plus utile côté gauche. On pourra toujours débattre de la pertinence de ne se servir d’un joueur de ce calibre dans un championnat de ce niveau que pour son « utilité ». En revanche, on ne transigera pas sur la performance du garçon, qui n’a pas ménagé sa peine à 80 mètres du but adverse, là même où Umtiti connaissait quelques difficultés. Certes, l’OL  a marqué trois buts après sa sortie (55ème). Mais il n’y aurait pas eu d’édifice s’il n’avait pas été là pour poser les fondations. Et plutôt bien pour un architecte d’intérieur.

Par Pierre Prugneau et Serge Rezza

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