Vu de mon canapé
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Splash : Des sots dans l'eau

Vu de mon canapé, il fallait le voir pour le croire. Alors c’était vrai, tout ce qu’on avait lu, sur ce projet d’émission, reprise d’un machin hollandais nommé Celebrity Splash… Celebrity ? Splash ? Vendredi 8 février, à 20h50 sur TF1, il allait donc être question de célébrités (ou ce que TF1 appelle célébrités : des has been de la variété, des never been de la télé réalité et quelques sportifs oubliés) réunis en peignoirs multicolores au bord d’une piscine (le centre nautique de Strasbourg) transformée en immense plateau de télévision. On a du mal à le croire mais oui, le pitch de ce nouveau programme n’est ni plus ni moins que de faire s’opposer de vagues people dans une compétition de plongeon. En bas à droite de l’écran, le logo Splash ressemble à un logo de marque de lessive. Pas de doute, on y est. On est devant Splash

Plouf

Pour ceux qui, naïfs, s’attendaient à voir s’élancer des pointures renommées, cruelle déception : La première à grimper sur le plongeoir de 7,5 mètres sera Miss France 2011. Ou 2012. Estelle Denis, à qui est revenue la tâche d’animer ce pensum avec le Gérard des « Filles d’à côtés » (qui se souvient de ce truc ?) l’encourage timidement, elle n’a pas l’air très enthousiaste, peut-être même commence-t-elle à regretter d’être là, en surveillante de piscine… Pendant que Laurie Thilleman / Miss France grimpe vers son destin, un petit film évoque sa préparation, sa volonté de se dépasser, de vaincre ses peurs. La musique se fait grave lorsqu’elle évoque « un gros souci de genou ». Le père est ému. Estelle Denis lui demande « vous le vivez comment ? ». On se doute qu’il ne va pas lui répondre « j’espère qu’elle va se péter les deux jambes ». Alors sa réponse, finalement, importe peu. On cherche juste l’émotion, une émotion facile avec des violons derrière, dans ce petit interlude interrompu par l’arrivée de la miss sur son perchoir.

7,5 mètres de haut, on a beau être là pour se moquer, cela force quand même le respect. Elle se concentre, fait quelques mouvements et… plouf. Pardon, Splash ! Pas le plongeon le plus élégant de l’histoire de la discipline mais un plongeon quand même, dûment validé par un jury composé de l’ex-championne de nage synchronisée Muriel Hermine, passionnée, de Laure Manaudou, un peu empruntée (« Vous avez su sublimer le plongeon »), de Taïg Khris, aventurier polyvalent, expert en dépassement de soi et enfin, de l’inquiétant juge professionnel Grégory Couratier, qui ressemble à Dexter. Mais les commentaires du jury semblent appris par cœur, Hermine jette des coups d’œil à son texte, tout cela manque singulièrement de naturel et de spontanéité. Comme on dit Outre-Manche, « if you want spontaneity, organize it ! » On nous ressert l’inévitable ralenti de la chute sous tous les angles et Miss Thilleman s’en va retrouver ses amis people qui la congratulent. Au suivant !

Saut dans le vide

Oui mais là, force est de constater qu’on en a déjà marre. Taïg Khris, également Champion du monde de saut dans le vide doit se sentir dans son élément. Question vide, il se trouve ici face à son plus beau challenge. Quand jadis on enfermait dans un loft un aréopage de nigauds pour compter leurs pets et leurs faute de grammaire (le Loft) , quand on en réunissait d’autres, plus épais encore, pour en deviner les secrets (Secret story), on se disait qu’en matière de « rien », on avait touché au sublime, au rien minéral, l’origine du rien, le grand rien insondable. Nous nous trompions, mes amis.

Car voici que s’avance vers le grand bassin l’impayable Jean-Luc Lahaye, l’ex-idole des années 80/90, celui qui nous implorait de le débarquer dans un de ses plus gros hits, désir amplement exaucé puisqu’il disparut de la circulation du jour au lendemain, pour réapparaitre ce soir en maillot de bain. Alternant vantardise et autodérision (« je suis souple comme un paquet de biscottes »), Lahaye fait son show mais l’ennui règne, on n’a même plus la force de se moquer.

Et si cette apparition ne suffisait pas, Eve Angeli lui succède. « J’ai peur de prendre l’eau par les petits trous » nous avoue-t-elle… Un peu consterné, on cherche la télécommande, il y a les Victoires de la musique sur France 2, ça ne peut pas être pire. Rien ne peut être pire. Et puis Angeli s’élance sur le plongeoir de 3 mètres, rouge à lèvres et cape sur les épaules… Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin, le téléspectateur se casse. Ou pas. Splash a réuni 6,2 millions de personnes (contre 2,4 millions sur France 2, une défaite pour les Victoires). Combien sont restées jusqu’au dernier sot dans l’eau ? Combien reviendront la semaine prochaine ? Sûrement d’autres millions. Il fallait le voir pour le croire, mais Splash existe et, mauvaise nouvelle, ça marche.

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Jeff Riviere
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