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OL-Lille : les crocs à mi-temps, l'accroc à plein temps

actualisé le 14/09/2013 à 16h20

RANK’N’OL #32. Une semaine après un revers idiot à Ajaccio, l’OL a remis les pendule à l’heure en concédant une défaite tout ce qu’il y a de méritée contre Lille (1-3). Manque de charisme, manque d’expérience, manque de Bastos : le facteur miracle est en train de faire faux bond aux calculs prévisionnels. Bref, c’est le bordel dans la maison JMA. Rank the casbah.

Dimanche 10 février 2013, 24ème journée journée de Ligue 1

Olympique Lyonnais – Lille OSC 1-3

Pour Lyon : Lisandro Lopez (57ème sp)

Pour Lille : Chedjou (28ème), Balmont (45ème) et Kalou (50ème)

Olympique Lyonnais-LOSC

Notes : la grille d’éval’

#1 Rennes-OL 0-1 ; #2 OL-Troyes 4-1 ; #3 Évian TG-OL ; #4 OL-Valenciennes ;#5 OL-Ajaccio ; #6 OL-Sparta Prague ; #7 Lille-OL ; #8 OL-Bordeaux ; #9 Kiryat Shmona-OL ; #10 Lorient-OL ; #11 OL-Brest ; #12 OL-Bilbao ; #13 Nice-OL ;#14 OL-Bastia ; #15 Bilbao-OL ; #16 Sochaux-OL ; #17 OL-Reims ; #18 Prague-OL ; #19 Toulouse-OL ; #20 OM-OL ; #21 OL-Montpellier ; #22 OL-Kiryat Shmona ; #23 Saint-Étienne-OL ; #24 OL-Nancy ; #25 PSG-OL ; #26 OL-Nice ; #27 Épinal-OL ; 28 Troyes-OL ; #29 OL-Évian TG ; #30 Valenciennes-OL ; #31 Ajaccio-OL

1. Steed Malbranque : il y a eu bien plus que le naufrage du milieu lyonnais ce soir. Il y a eu ceux de la défense et de l’attaque. Et puisqu’il fallait en sauver un, on s’est dit que ce serait Malbranque. Non pas parce que sa partie le méritait – encore que son petit pont sur Balmont (19ème) rappelait avec malice ce qui séparait les carrières des deux anciens vainqueurs de la Gambardela 1997. Disons plutôt pour sa capacité à surnager, y compris quand le physique grince et que le dispositif lillois s’emploie à le faire jouer loin des autres. Car, même quand il est de toute évidence moins à l’aise, Steed reste le meilleur. De ce qu’on sait, il préfèrera sans doute ressasser tous les sales moments passés sur le terrain, ces feintes et tours sur lui-même qui ne viennent pas à bout du jeune Gueye et toutes ces passes qui ne trouvent pas preneur (74 % de passes réussies). Et l’on se finira par se convaincre qu’on tient là toute la différence entre une carrière, celle qu’on mérite, d’une autre, celle qu’on a eue.

2. Bafétimbi Gomis : on serait salement feignasse qu’on résumerait l’affaire comme suit. Avant Bafé, c’est 0-3 pour les Dogues. Après Bafé, c’est 1-0 pour l’OL. Raison de plus pour en vouloir encore davantage à Licha ? Raison de plus surtout pour dire merci à Garde qui a réglé pour la suite de la saison la dispute qui pourrit ce début de reprise 2013. Car si le 4-3-3 peut très bien se jouer sans attaquant, sa version dite à la lyonnaise se passe de moins en moins de Gomis. Au point de donner à son entrée des allures de petit miracle, transformant la prestation jusque-là désespérante de Ghezzal en début de récital maloudesque, façon j’accélère à gauche, je crochète l’air de rien et repique dans l’axe. Même Benzia a manqué d’y aller de sa passe décisive (66ème) là où Lacazette cherchait encore le fantôme de Christophe Cocard quelques minutes plus tôt. Preuves s’il en fallait que l’OL sait faire un bon Bafé.

3. Rémy Vercoutre : cette semaine, pour fêter la finale de CAN des Etalons du Burkina, l’OL offrait le flocage gratuit Koné pour un maillot acheté. Pour mieux fêter son Général, la défense lyonnaise en a remis une couche ce soir, de placements foireux en relances perdues évoquant comme jamais le souvenir de Bako. Autant dire que dans ce concert de ratés en série, Payet devait sortir dans la peau du grand héros de la soirée et Vercoutre dans celui de l’homme seul. L’homme de la manchette a beau avoir réussi ses envolées sur les 32 corners consécutifs de la première période, il ne pouvait rien sur les retards à l’allumage des quatre devant lui mis dans le vent par la grâce de Dimitri. Et même lorsqu’il parvient à arracher une balle de but dans les pattes de Kalou, c’est Bisevac qui offre la revanche au frangin de Bonaventure sur un contre de volley-ball (50ème). De quoi gagner haut la main son maillot offert floqué au nom du plus grand gardien jamais abandonné par sa défense : celui que lui filera Lloris jeudi soir.

4. Florent Balmont : il a à peine eu le temps de porter le maillot lyonnais après son passage chez les pros. Et pourtant, comme les plus grands (Coupet, Sonny, Juni, Foé), Balmont a lui aussi un stade à son nom dans Lyon. Le plus important des stades secondaires même, pour avoir vu s’épanouir le retour de flamme de Kévin Jacmot entre 2005 et 2006 avec La Duchère. Rien que pour ça, le sosie officiel de Laurent Duhamel – et d’à peu près tous les maîtres-chiens de la région lyonnaise aussi – méritait bien son coup d’un soir dans le Rank. Pour son match aussi, partition sourde et sûre comme les aimait Beethoven qui fait déjouer le milieu d’en face, avant de lui donner sa charge héroïque en y allant de son but à la 45ème (0-2). On a beau renifler le jubilé sur l’affaire, ça ressemble surtout au genre de coup de grâce cent fois lyonnais qui se donnait à Gerland du temps de la grande domination. Si Balmont n’est pas cent fois Lillois, il est assurément sans foi, ni loi. Ce qui fait partie de son charme.

5. Lisandro : ce soir se jouait l’avenir de Licha en pointe et celui du Licha bashing. Au vu du résultat, tout laisse à penser que ce dernier a encore de beaux jours devant lui. A moins de se dire qu’on n’a jamais cru, cette fois pas plus que les autres, à l’Argentin dans la peau du grand attaquant pour 4-3-3. A moins de vouloir finir comme Benzema lors de sa dernière saison entre Saône et Rhône, planté sur un tabouret à mater des DVD sur l’art de l’appel de Pauleta. Les caprices de Licha pour prendre la place de Gomis ont en partie eu raison de la première période lyonnaise : aucun impact sur la défense lilloise, Lacazette et Ghezzal qui rappellent qu’occuper un couloir est d’abord une affaire d’enfants perdus. Vraiment perdus pour cette fois. Pourtant, même en sacrifiant les dernières chances de course au titre sur l’autel de ses envies, Licha reste la meilleure raison de combiner, de décrocher, de lancer dans la profondeur une fois que Gomis est sur le terrain. Comme si le monstre d’égoïsme avait besoin de se mettre au service de ses coéquipiers pour redevenir l’attaquant qu’on pensait avoir perdu. Bien plus que chez Sartre, c’est vraiment chez Licha que l’enfer, c’est les autres.

Par Serge Rezza

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Pierre Prugneau
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