• 7:47
  • 4 février 2013
  • par Hugo Lautissier

En ville, les vélos font-ils n’importe quoi ?

1 677 vues 20 commentaires

Suite à la publication d’un article de Rue89Lyon sur le « Ghost bike », une façon de rendre hommage aux cyclistes décédés sur la route, les échanges ont été vifs entre défenseurs inconditionnels du vélo et automobilistes.

Velo-N-importe-quoi-Ville-Picto

Les commentaires laissés par les internautes suite à l’article sur la commémoration d’une cycliste renversée par un motard sont édifiants. On pouvait s’attendre à des messages compatissants, des hommages. À la place, des commentaires qui dénoncent les comportements « accidentogènes » de nombreux cyclistes. Et un début de polémique sur le bon et le mauvais vélo.

Il y a bien un fossé qui sépare les riverains. Les vélos profitent-ils de leur statut de David face à Goliath pour faire ce qu’ils veulent ? Les automobilistes sont-ils des vieux réac’ vélophobes qui n’acceptent pas de partager la rue ?

 

« Il ne faut pas imposer à la circulation un parasite supplémentaire »

À ma gauche, les pourfendeurs du vélo. Pour eux, le cycliste est un danger qui menace la sécurité des piétons et favorise les accidents avec les voitures. Pierrrrre considère, par exemple, que le vélo est très souvent « un parasite » pour la circulation :

« La fragilité de leur engin leur donne un argument pour ne pas avoir à se préoccuper des autres. Un vélo [...] requiert, pour être conduit sans danger et sans emmerder les autres, une capacité et un souci à se fondre dans une circulation existante, et non pas imposer à cette circulation un parasite supplémentaire ».

Jean-Luc abonde dans ce sens :

« Je trouve miraculeux qu’il y ait aussi peu d’accidents graves tant les vélos ont des comportements irresponsables. [...] 90% des vélos brûlent les feux rouges. C’est inadmissible et extrêmement dangereux ! »

A ma droite, les défenseurs acharnés du vélo, qui répondent point par point à leurs détracteurs. En quête de « légitimité » dans le partage de la rue, noxyvelo s’adresse à Pierrrrre :

« Contrairement à ce que vos propos pourraient laisser sous-entendre, les cyclistes ne sont dans la plupart des cas en tort lorsqu’ils se font tuer.

[..]

Le vélo est légitime à être sur la route, autant que la voiture. Ensuite, pour être en sécurité (portières qui s’ouvrent par exemple) le cycliste laisse souvent 1 mètre sur sa droite. De plus une voiture doit laisser un minimum d’un mètre entre elle et le cycliste quand elle dépasse (1,5 m hors agglomération), c’est le code de la route, et c’est très peu respecté, pourtant on parle ici de vie ou de mort si le cycliste fait le moindre écart. »

MLBRLyon enfonce le clou et prend à partie ceux qu’ils considèrent comme des automobilistes :

« Le temps où la ville devait s’adapter à l’automobile est révolu, et le vélo est un instrument très important de mobilité individuelle comme collective ».

 

Double-sens cyclable et tourne à droite

Les automobilistes riverains de Rue89Lyon mettent en avant une augmentation des accidents due aux récents changements du code de la route, notamment la possibilité de mettre en place dans certaines rue des doubles-sens cyclables (seul les cyclistes peuvent rouler dans les deux sens. Les autres véhicules sont en sens unique). Jean-Luc est ainsi catégorique :

« Rien que le système des contre-sens me semble redoutable : du point de vue des réflexes d’automobiliste, c’est très complexe d’intégrer que dans une rue à sens unique on puisse voir un vélo débouler en face de soi à contre-sens ».

Mais Jean-Luc tape à côté. Selon de récentes études citées par le Centre de recherche sur le mobilité, le Certu :

« La multiplication des doubles-sens cyclables ne s’est pas traduite par une augmentation du nombre d’accidents. Le double-sens cyclable semble même contribuer à une baisse des vitesses dans certaines rues ».

Idem, les premiers retours sur le cédez-le-passage cycliste au feu (les « tourne à droite ») « ne montrent pas d’augmentation d’accidents cyclistes en carrefours à feux« .

 

« L’invasion des trottoirs »

Contacté par Rue89Lyon, Yves Gascoin, président de l’association Les Droits du Piéton, joint sa critique à celle des riverains automobilistes anti-vélo. Selon lui, le principal problème, c’est le cycliste débutant, qui circule sur le trottoir de peur de gêner le trafic.

« Avant, le problème, c’était les voitures qui stationnaient sur le trottoir. Aujourd’hui, c’est plutôt l’invasion des vélos. C’est une attitude qui nuit à la circulation des piétons. Certaines personnes âgées n’osent plus sortir de chez elles de peur de se faire percuter. »

Une opinion partagée par les associations de défense du vélo comme La Ville à Vélo qui a mise au point un tract commun de prévention à l’attention des cyclistes. Preuve que automobilistes/piétons/cyclistes peuvent être d’accord.

« On reçoit de nombreuses plaintes à l’association » continue Yves Gascoin :

« Sans être un adepte de la pénalisation à tout va, il faut appliquer une certaine répression pour que les choses évoluent, comme on l’a fait avec les voitures. »

Parole à la défense. Martin Ray, de l’association La Ville à Vélo, reformule la problématique :

« Pourquoi certains vélos roulent-ils en infraction? Les cyclistes ne roulent pas sur les trottoirs parce que ça leur fait plaisir, c’est inconfortable pour eux. Il y a toujours quelque chose de caricatural et de grotesque dans les commentaires. On réduit les cyclistes à une masse informe et anarchique. En réalité, il n’y a pas plus d’incivilité chez les cyclistes que chez les piétons ou les automobilistes. Ce comportement n’est pas le propre du vélo, on le retrouve à tous les échelons de la société. »

On l’aura compris, avant de voir un tract commun entre les associations de défense du vélo et l’Automobile Club, de l’eau peut couler sous les ponts de Lyon ou d’ailleurs.

 

« Pour les automobilistes, le cycliste est un flâneur en promenade »

Martin Ray de l’association « La Ville à Vélo » préfère l’apaisement au discours vélorutionnaire. Pour lui, il y a un clivage qui s’explique avant tout par une méconnaissance globale des moyens de transport.

« Pour les automobilistes, le cycliste est un flâneur en promenade. Ils n’ont pas encore réalisé que le vélo est devenu un moyen de transport comme un autre. De la même façon, certains cyclistes oublient trop vite l’automobiliste qu’ils étaient. »

Il reconnait que nous vivons une période « d’adolescence du cyclisme ». Une nouvelle génération de cycliste s’est développée.

« C’est notre boulot d’asso de les former et  les accompagner. »

Avec les changements du code de la route et l’introduction des « tourne à droite » et des « doubles-sens cyclables », c’est la suprématie de la voiture qui en prend un coup. Ceci explique, peut-être, les réactions anti-vélo de certains automobilistes.


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20 Commentaires

  1. L’argument selon lequel certaines personnes âgées n’osent plus sortir de chez elles à cause des vélos me semble des plus vaseux.
    Ainsi, elles auraient peur des cyclistes mais pas des automobiles, qui elles sont à l’origine de la mort par collision de plusieurs piétons chaque année à Lyon ?

    L’association piéton serait peut-être également dans son rôle d’informer ses adhérents se plaignant des cyclistes voyous qu’en outre le trafic routier est responsable, par la pollution atmosphérique qu’il émet, de la MORT de plusieurs CENTAINES de personnes, âgées pour la plupart, tous les ans à Lyon. Mais de cela, il ne faut apparemment surtout pas parler.

    Enfin, la voiture est et restera un outil FORMIDABLE de déplacement.

    Mais si seuls ceux qui en avaient RÉELLEMENT besoin l’utilisaient en ville (services publics, artisans, livreurs, handicapés, travailleurs de nuit…) la ville de Lyon aurait un tout autre visage, plus humain et resterait largement tout aussi efficace en terme de déplacements.

  2. Et qu’en est-il de nos amis en scooter?

    Livreurs de fast-food, petits merdeux en wheeling sans casque, homme d’affaire en gros cylindré sans aucune formation sérieuse qui remonte les files a 50km/h… j’en passe et des meilleurs.

    Ah oui, piste cyclable ne signifie pas « parking-vite-fait-pour-aller-acheter-des-clopes ».

  3. En tant qu’administratrice de La Ville à vélo et à l’initiative du tract que vous affichez dans votre article, je peux vous dire que nous nous inscrivons absolument en faux contre la citation que vous attribuez à Yves Gascoin.

    « Avant, le problème, c’était les voitures qui stationnaient sur le trottoir. »
    -> ce problème n’est absolument pas révolu, voir sujets qui en parlent sur le forum de La Ville à vélo ou mieux, allez sur le terrain aux abords des établissements scolaires, aux abords du marché de la croix-rousse…

    -> »Aujourd’hui, c’est plutôt l’invasion des vélos. »
    Notre association serait plutôt ravie si l’on assistait à une invasion des vélos, aujourd’hui on en est loin, on n’atteint probablement pas les 5% de part modale vélo dans Lyon centre !

    ->C’est une attitude qui nuit à la circulation des piétons.
    Là on est d’accord ! Et c’est l’une des raisons pour laquelle nous avons fait ce tract.
    Il faut en effet rappeler aux cyclistes que le trottoir est réservé aux piétons, que de rouler sur un trottoir quand on est cycliste nous expose à la même amende que si on roulait à sens interdit.

    Je précise que nous travaillons régulièrement entre associations piétons et associations cyclistes, et que nous travaillons dans le même sens. Je réagis là simplement à la façon dont vous tournez votre article et à l’association que vous faites entre la position de La Ville à vélo et cette citation que vous faites de propos attribués à Yves Gascoin.
    En revanche il y a un point sur lequel nous sommes en désaccord, c’est sur l’appel à verbalisation des cyclistes régulièrement fait par les droits du piéton. Loin de nous l’idée de laisser les cyclistes impunis s’ils commettent des infractions, mais nous sommes contre l’idée d’appeler à une sévérité particulière à l’encontre des cyclistes. En effet, la pratique cycliste est balbutiante, et nous avons plus que jamais besoin de la développer pour le bien être de tous (bienfaits sur la santé du fait de la pratique, non pollution, fuidité de la circulation….). Ce n’est pas au moment où cette pratique est en train d’émerger qu’il faut venir lui taper sur la tête.

  4. « À ma gauche, les pourfendeurs du vélo »

    ► Quel honneur d’être référencé dans un article,
    Sauf que.. je ne suis ni de gauche, ni pourfendeur du vélo.

    Je considère bien au contraire le vélo comme un excellent moyen de circulation urbaine.

    Ce que je voulais mettre en avant, c’ est qu’on ne peut considérer les règles de circulation d’un vélo à la lumière de celles d’une voiture:

    Pour les voitures, effectivement des comportements anormaux et condamnables sont accidentogènes, automobiliste risquant bien moins que piéton ou cycliste.

    Mais pour les vélos, vouloir être considéré et respecté comme une voiture est illusoire : parce qu’un vélo est plus lent, parce qu’il peut plus facilement se ranger, parce qu’il a 36 manières de passer outre que d’emmerder son monde en occupant l’espace d’un tracteur.

    La conduite sécurisée d’un vélo en ville ne passe pas par un respect strict de codes prévus pour les voitures :
    ♦ Oui, il est des feux facilement grillables et sans danger pour un vélo.
    ♦ Oui il est possible, et si facile de faire du vélo sur trottoir sans enquiquiner personne, à condition de respecter les autres, et savoir quand s’arrêter ou circuler les deux pieds par terre quand nécessaire.
    ♦ Oui il est dangereux, de faire du vélo en talons hauts (et souvent même de marcher)
    ♦ Oui il est indispensable de chausser des cales pieds permettant une grande stabilité et réactivité, nécessitant basquets plutôt que mocassins,
    ♦ Non les VTT ne sont pas des vélos de ville, mais des vélos de montagne, leurs guidons occupant une largeur inutile (vivent les guidons sport, étroits et passant partout)

    ♦ Parce que faire du vélo, ça demande un minimum de savoir faire, d’agilité, de réactivité, d’attention constamment en éveil, d’une vision à 360 degrés complément de la vue et de l’ouie.
    Parce qu’en vélo en ville, vous êtes en danger, et que seuls, seuls seuls votre attention et votre pragmatisme vous apporteront la sécurité.

    ♦ Parce que votre sécurité attachée au respect du code vous autorisant à occuper l’espace avec votre inertie, votre lenteur,
    vous emmènera inéluctablement aux urgences, où vous pourrez maugréer inutilement contre le comportement « irresponsable » de l’automobiliste qui n’a pas eu la patience d’attendre que vous dégageâtes la route
    que vous occupiez benoitement dans toute sa largeur,
    et vous serrât sans respecter l’espace prévu dans le code que vous, vous connaissez pas cœur.

    C’est étymologique, Le vélo dans la cité, nécessite vélocité.

    • Pierrre, à vous lire on comprends facilement que vous ne pratiquez que du vélo sportif (le dimanche ?). Tous les cyclistes qui font du vélo en ville chaque jour savent bien qu’ils ne roulent pas « au milieu » de la route par plaisir ou pour ennuyer les automobilistes mais bien pour assurer leur sécurité !

      Savez vous que 25% des accidentés graves à vélo le sont à cause des ouvertures de portières des voitures en stationnement ? Les longer c’est avoir l’assurance de s’en prendre une à un moment donné !

      N’avez vous jamais remarqué que le fait de frôler le trottoir vous rends invisible jusqu’au dernier moment aux intersections ?

      Etes vous conscient que la seule méthode pour ne pas se faire doubler dangereusement dans les rues étroites passe par rouler au milieu de la route ?

      Non Pierrre, si vous faisiez du vélo en ville vous sauriez que si le cycliste ne roule pas dans le caniveau, c’est pour assurer sa propre sécurité !

      • « on comprend facilement que vous ne pratiquez que du vélo sportif (le dimanche ?).»

        ► Uniquement pour me déplacer, et en semaine

        ————-

        « Ils qu’ils ne roulent pas « au milieu » de la route par plaisir ou pour ennuyer les automobilistes mais bien pour assurer leur sécurité ! »

        ► J’en suis quand il n’est pas possible d’être doublé,
        mais l’attitude consistant à conduire en prenant la place d’un camion, l’allure d’une tortue et l’inertie d’un train de marchandise est courante.

        ————–

        « 25% des accidentés graves à vélo le sont à cause des ouvertures de portières des voitures en stationnement ? Les longer c’est avoir l’assurance de s’en prendre une à un moment donné ! »

        ► Exact, sachant que se fondre dans la circulation peut se faire de mille manières sans mettre sa vie en danger, mais sans emmerder les autres

        ————-

        « le fait de frôler le trottoir vous rend invisible jusqu’au dernier moment aux intersections »

        ► Il ne faut pas justifier des anomalies de comportement par d’autres anomalies.

        Mais ce que vous me dites me fait penser à certaines pistes cyclables avec tournants à angle droit (pour passer sous un pont) où les accidents cycliste/cycliste ou piéton/cycliste sont fréquents (traçage de piste par urbaniste n’ayant jamais fait de vélo)

        ———–

        « Etes vous conscient que la seule méthode pour ne pas se faire doubler dangereusement dans les rues étroites passe par rouler au milieu de la route ? »

        ► Exact, mais dans ce cas là, j’accélère.

        ———–

        « si le cycliste ne roule pas dans le caniveau, c’est pour assurer sa propre sécurité !»

        ► Il pourrait au moins aller un peu plus vite que le lent ruissellement de l’eau de ce même caniveau .. et tracer sa route.. aussi sec…

        • Donc d’après Pierrre, seuls les cyclistes sportifs pouvant rouler à la vitesse des voitures ont le droit de circuler en ville. Les autres (jeunes, vieux, non sportifs…) devraient être interdits de vélos.

          C’est une vision très 1960, s’en est même mignon.

          • « seuls les cyclistes sportifs pouvant rouler à la vitesse des voitures ont le droit de circuler en ville. Les autres (jeunes, vieux, non sportifs…) devraient être interdits de vélos.»

            ► Plus exactement, je dis que rouler en ville demande réactivité, vigilance et « vélocité », pas fatalement rapidité, mais de bonnes capacités de freinage, d’accélération, et de vision à 360degrés associant vue et ouie en attention constante,
            incompatible avec une assise en gendarme et une démarche de sénateur.

            Comme pour faire du bateau au milieu des vagues, vaut mieux maîtriser son empannage que laisser le vent s’en occuper en restant enfoncé dans son siège en attendant le dessalage.

            C’est peut-être injuste, mais c’est ainsi, pratiquer le vélo au milieu d’une circulation dense relève d’une maîtrise que beaucoup ne possèdent pas, accusant les vagues d’un défaut de maitrise de leur bateau, et accrochés à leur code comme à une bible les invitant aux ainsi-soi-il.

    • « Non les VTT ne sont pas des vélos de ville, mais des vélos de montagne, leurs guidons occupant une largeur inutile (vivent les guidons sport, étroits et passant partout) »

      Nous sommes d’accord, le VTT n’est pas le plus adapté à la ville. Maintenant il faudrait quand même m’expliquer en quoi la largeur d’un guidon de VTT est si pénalisant que cela ?(!)
      Quand une voiture de type twingo fait 1m60 de large, un guidon de VTT fait autour de 70cm… le vélo roulant sur la chaussée, ça devrait passer.

      « Parce que faire du vélo, ça demande un minimum de savoir faire, d’agilité, de réactivité, d’attention constamment en éveil, d’une vision à 360 degrés complément de la vue et de l’ouie.
      Parce qu’en vélo en ville, vous êtes en danger, et que seuls, seuls seuls votre attention et votre pragmatisme vous apporteront la sécurité. »

      Oui il faut être attentif à vélo. Oui pour ceux n’en ayant jamais fait en ville et craintif, il existe des cours ( http://www.lavilleavelo.org/spip.php?article19 ).
      Ceci étant, en prenant sa place sur la chaussée, en respectant quelques règle de base (http://www.lavilleavelo.org/spip.php?article151 ), le vélo n’est pas dangereux, au contraire ( http://www.lavilleavelo.org/spip.php?article58 ), vous vivrez plus longtemps à faire du vélo qu’à rouler en voiture, accidents compris ( http://transports.blog.lemonde.fr/2012/09/17/ne-pas-faire-de-velo-cest-dangereux-pour-la-sante/ )

      « Parce que votre sécurité attachée au respect du code vous autorisant à occuper l’espace avec votre inertie, votre lenteur,
      vous emmènera inéluctablement aux urgences, où vous pourrez maugréer inutilement contre le comportement « irresponsable » de l’automobiliste qui n’a pas eu la patience d’attendre que vous dégageâtes la route que vous occupiez benoitement dans toute sa largeur et vous serrât sans respecter l’espace prévu dans le code que vous, vous connaissez pas cœur. »

      Je ne sais pas s’il existe des études là dessus, mais mon ressenti est le suivant: dans une rue étroite, vouloir à tout prix laisser la place à la voiture en se serrant sur le bord est plus dangereux que de l’empêcher physiquement de vous doubler si ces deux règles ne peuvent être respectées: vous laisser 1m à droite de votre vélo, la voiture de derrière peut vous doubler avec 1m de marge.
      1) Le vélo a AUTANT sa place sur la chaussée que la voiture.
      2) L’automobiliste vous maudira, sûrement, mais s’abstiendra (je suis toujours vivant) de vous rouler dessus volontairement: vous écraser le mettra plus en retard à son travail que d’attendre « patiemment » ;)

      • en quoi la largeur d’un guidon de VTT est si pénalisant que cela ?

        ► Il fait plus de 20cm de largeur par rapport au cintre randonnée, et donc passe moins facilement, entre les voitures ou entre les gens.
        Là où un vélo au cintre course passe, un VTT est obligé de s’arrêter.

        ——————————–

        « une voiture de type twingo fait 1m60 de large»

        ► Sauf qu’elle roule à 50 en ville sans provoquer de bouchon derrière

        ———–

        « 1) Le vélo a AUTANT sa place sur la chaussée que la voiture.»

        ► Sauf que sa présence est plus pénalisante en raison de l’inertie de conduite de certains

        2) L’automobiliste vous maudira

        « ► Et vous doublera dangereusement dés la première occasion »

        • « Il fait plus de 20cm de largeur par rapport au cintre randonnée, et donc passe moins facilement, entre les voitures ou entre les gens. Là où un vélo au cintre course passe, un VTT est obligé de s’arrêter. »

          Oui nous sommes d’accord en terme de maniabilité du point de vue cycliste. Du point de vue des voitures aucune gêne supplémentaire.
          Je me faufile entre les voitures lorsqu’elles sont à l’arrêt.
          Par contre je ne me faufile pas entre les « gens » (piètons?) : c’est trop dangereux pour eux (et moi).

          « Sauf qu’elle [la twingo] roule à 50 en ville sans provoquer de bouchon derrière »

          Ah bon ? les anglophones disent « You’re Not Stuck in Traffic. You Are Traffic » ( http://cyclingsocieties.wordpress.com/2012/11/04/you-are-not-stuck-in-traffic-you-are-traffic-we-are-traffic/ ).
          L’embouteillage des villes vient des vélos ? Ou du tout voiture hérité des années 70 ?
          Si les villes, et les politiques commencent, doucement, à favoriser les alternatives à la voiture, pensez-vous que c’est par pure envie de perdre des électeurs, ou alors que 1 déplacement – 1 voiture ça n’est tout simplement pas possible, matériellement ?

          « Sauf que sa présence [le vélo] est plus pénalisante en raison de l’inertie de conduite de certains »

          0,7m de large, 1m de long, 1 personne.
          Il est certain que c’est plus pénalisant que 1,6m de large, 3,4m de long (twingo), 1,2 personnes.
          On parle aussi de la place prise par les voitures en stationnement ? (90% de leur temps est passé à occuper 5,5m2, pour une twingo, sachant que le prix du m2 à Lyon est de 2000€)

          « Et vous doublera dangereusement dés la première occasion »

          C’est ce que je répète: si ma sécurité ne permet pas à la voiture de me dépasser, je ne lui permet pas. Physiquement.
          Je croise les doigts, mais personne n’a fait le choix pour le moment de me rouler dessus pour arriver plus vite à destination. Les formalités à remplir dans ce cas ont, pour le moment, eu raison de leur impatience.

  5. Moi je dis que dans la conduite en ville, tout passe par le respect et la courtoisie…
    Si seulement il n’y avait pas ces enculés de cyclistes de merde….

  6. Pour utiliser le vélo tous les jours pour aller au boulot, je peux faire quelques petites remarques complémentaires.

    - Je reconnais passer au rouge souvent mais toujours à petite vitesse et en regardant bien qu’il n’y a pas de voitures qui arrivent. Sinon je laisse la passage. La raison à cela est que sur les grands axes l’enchainement de feu fait que vous n’avancez pas si vous vous arretez tous les 100m. Par contre je m’arrète systématiquement au rouge pour les grands croisements.

    - Certaine piste cyclable à Lyon sont vraiment pour faire beau sur le papier (ex : 240-300 Bd Pinel) . Dans la pratique, vous enchainez des bordures de trotoirs, des plaques d’égouts, des trous. Vous avez aussi toutes les voitures qui utilisent la piste cyclable comme un arrêt rapide (ex : cours Gambetta, 130-160 av Paul Santy).

    - Quoi que vous en pensiez, un vélo (En plus pour moi c’est le lourd Vélo’v) démarre plus vite qu’une voiture (sur 5 m). Aussi je ne vous raconte pas le nombre de fois ou un type irrité en voiture m’a dépassé en me serrant quelques mêtres plus loins (Vexés ? Enervés ? Manque de respect ? Je ne sais pas, mais essayez d’y penser la prochaine fois que vous serrez au volant).

  7. Cycliste quotidien et occasionnellement automobiliste, je suis pro vélo mais je ne pardonne pas tout aux cyclistes. J’essaie de montrer une image responsable aux automobilistes afin de prouver que le vélo a sa place dans le trafic automobile, et non pas à coté sur les fumeuses pistes ou cheminement « modes doux ». Quand je vais travailler, je ne suis pas en promenade, je fuis donc tout aménagement lent et partagé avec les piétons (sauf les quais car c’est bien pratique, mais je ne joue pas les bourrins et j’y respecte les piétons, même les distraits).

    – Oui une part des cyclistes que je cotoie sur mon parcours sont inconscients : je rejoins Pierrrrre, la fameuse nonchalence de celui qui grille stops et feux ou qui roule « casqué » et bercé par son iPod, le « ninja », créature nocturne habillée de noir sans éclairage (ou avec une lamentable led à bout de souffle) qui – parce qu’il y a des lampadaires publics et que lui voit sa route en roulant à 10km/h, n’a pas les neurones nécessaires pour réaliser que personne ne peut se douter de sa présence, ou trop tardivement. Je ne saurais dire s’ils forment une majorité ou une minorité, je me contenterai de répondre : « ça dépend des jours ».
    – Oui une part des automobilistes est peu consciente de ce qui se passe autour d’eux ou n’ont pas la jugeotte de s emettre à laplece des autres. Deux roues et piétons en font les frais (stationnement, clignotants, …). Je suis à ce sujet tout à fait d’accord avec la liste de MLBRLyon

    Je ne vais pas donner du « plus de contrôles de police » (quoique) mais les campagnes de communication (grandlyon ou sécurité routière) ne se focalisent à chaque fois sur un seul type d’usager : campagne pour toucher les cycliste, puis une autre pour les 2RM, etc. Du coup chacun y trouve son compte et campe sur sa position. A quand la campagne idéale qui montre que chacun peut et doit faire des efforts ?

    A force de se cotoyer entre eux, les automobilistes sont déformés, et – sans se plier à leur bon vouloir – les cyclistes doivent en tenir compte et ne pas s’abriter derrière le code de la route.
    Certains automobilistes ne respectent rien ? Inutile de jouer à la même chose coté cycliste.

    Pour terminer, j’utilise un VTT, moins sensible aux nid de poules et autres joyeusetés du macadam, et sur lequel j’ai la position la plus confortable à mon goût (penché en avant).
    Si le guidon ne passe pas, le pédalier et mes fesses non plus.

  8. Sans compter qu’on voit bien qui roule sur les trottoirs, ces cyclistes débutantEs très très souvent sur un vélib, en clair JC Decaux coûte cher, donne une sale image du vélo, se fait du fric sur le dos des collectivités locales (donc des contribuables, en moyenne 2000€ par an et par vélo…) et des réelles assos de cyclistes, celles qui les voient régulièrement, pas celles où il n’y a que des vieux et des bobos qui veulent se la jouer en politique…

  9. On oublie l’essentiel:
    Si le cycliste roule sur le trottoir ou sur au milieu la route
    C EST SIMPLEMENT PARCEQU ON NE LUI DONNE PAS UNE PISTE CYCLABLE !!!!!

    Donnez nous des voies réservées et le débat n’aura plus lieu d’être.

  10. En tant que piéton pur jus (je n’ai pas de vélo et pas le permis), je dois dire que les vélos me font bien plus souvent peur que les voitures, en tant qu’habitant des pentes de la Croix-Rousse, les voitures circulent souvent lentement et on les entend venir, elle s’arrêtent aux feux, bref, jamais eu de problème, en revanche, j’ai plusieurs fois frôlé l’accident grave à cause de vélos descendant les pentes à toutes berzingue et ne s’arrêtant pas aux feux… Cela m’arrive au moins une fois par semaine tant le nombre de cyclistes descendant les pentes et se comportant de façon irresponsable est important.
    Et je ne dis pas ça que pour moi mais pour eux aussi, car en cas d’accident piéton/vélo les deux peuvent rester sur le carreau.
    Du coup j’étais tout à fait d’accord avec l’înterdiction de circuler dans le sens de la descente montée st sébastien pour les vélos.
    Intellectuellement je suis pour le vélo, mais dans ma vie de tous les jours j’aimerais que CERTAINS cyclistes soient plus prudents, pour eux comme pour moi.