Politique 

"Michel Mercier, c'est le Département" mais Danielle Chuzeville en est la nouvelle présidente

« Ce n’est pas vraiment un évènement, cette élection », nous a-t-on déclaré à la veille du vote qui, ce lundi 21 janvier, vient de propulser Danielle Chuzeville, à la présidence du conseil général du Rhône. Avant même l’annonce de son départ, l’UDI Michel Mercier, qui est resté à la tête de l’institution pendant près de 23 ans, avait préparé sa succession. C’est le nom de cette élue d’Amplepuis, âgée de 67 ans, qu’il a choisi, suivi par la majorité de l’hémicycle, opposition comprise.

 

Seul le groupe communiste a souhaité présenter une candidate en face de la nouvelle présidente, les autres groupes de l’opposition choisissant de ne pas participer au vote, estimant qu’il s’agissait d’une « réunion de la majorité à ciel ouvert », et une affaire la concernant seule.

Michel Mercier, « past president »

Cette séance a surtout été l’occasion de rendre un long hommage à Michel Mercier, plus ou moins lyrique selon les intervenants, nostalgique parfois et élogieux systématiquement. C’est d’abord le président du Rhône par interim jusqu’à ce jour, Michel Forissier (UMP), qui a ouvert la danse en estimant qu' »il faut des personnalités fortes pour avoir des résultats en politique ».

Les termes n’ont pas été moins admiratifs venant de Martial Passi, représentant du groupe communiste, ou de Thierry Philip, représentant du groupe socialiste. Ces deux derniers saluant « le respect de l’opposition » dont a fait preuve l’ancien président du Département. Sur la méthode de gouvernance de Michel Mercier, qui a toujours su oeuvrer avec les élus des autres collectivités du territoire afin d’obtenir ici ce qu’il pouvait éventuellement rendre là, Thierry Philip (PS) a collé son avis :

« Ce ne sont pas des arrangements entre lyonnais, pas une compromission, mais une façon de travailler. »

L’écologiste Gilles Buna, dans le même sens, a repris un adage qu’affectionne le « past president » :

« Le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit » avant de lui signifier, en forme d’hommage : « vous avez une façon de procéder qui dépasse les clivages. »

Tous ont salué sa capacité à écouter l’ensemble des conseillers généraux, tout en soulignant un style particulier. Entre autres techniques propres, Michel Mercier a su expédier les rendez-vous en maintenant un froid glacial dans son bureau, qui fait fuir tout interlocuteur.

Michel Forissier a par ailleurs rappeler que la carrière politique du maire de Thizy-les-Bourgs est loin d’être achevée, puisqu’il continuera de s’atteler au gros dossier technique du Département, le projet de création de l’eurométropole.

L’eurométropole, le grand oeuvre à venir

Tous les conseillers généraux, même ceux qui se vantaient d’être dans le secret des Dieux, sont tombés de leur chaise, le jour où Michel Mercier et Gérard Collomb (président socialiste du Grand Lyon), ont présenté à la presse le projet ficelé par leurs soins d’euro-métropole, qui a pour vocation de faire absorber à la communauté urbaine les compétences du Département, réduisant donc le Rhône à une zone majoritairement rurale.

Après les discrètes protestations, vite éteintes, tous les élus ont ce lundi matin salué le « courage politique » de Michel Mercier à accomplir cette métropole. L’écologiste Gilles Buna s’est même laissé aller à dire que, parfois, en politique, il vaut mieux d’abord agir et discuter ensuite. « Afin que les oppositions de tous bords n’enlisent pas les projets ». Une façon de voir les choses apparemment bien partagée au sein de ce très calme et consensuel hémicycle politique du Rhône.

C’est également dans ce projet métropolitain que Danielle Chuzeville, fraîchement élue, a promis qu’elle s’inscrirait.

Danielle Chuzeville, Madame la présidente

Le centriste Jean-Jacques Pignard, qui a versé dans un hommage lyrique et enlevé fait à Michel Mercier, a rappelé qu’il s’est souvent dit :

« Michel Mercier, c’est le Département, et le Département, c’est Michel Mercier ».

Est-ce que cela va désormais changer ? Certains répondent non, assurant que derrière Danielle Chuzeville, le véritable patron du Rhône resterait le maire de Thizy-les-Bourgs.

« Succéder à Michel Mercier n’est pas une mince affaire », a ainsi déclaré cette enseignante,  jusque là vice-présidente déléguée aux Collèges et désormais première femme à siéger à la tête du Rhône. Avant de lancer « je n’ai pas le droit de me planter. »

Plusieurs élus ont évoqué son sens de l’écoute et de l’intérêt général. La nouvelle présidente espérant ne pas « se planter » et prévoyant : « il va falloir que j’apprenne à dire non, et pour moi c’est extrêmement difficile ».

Son mandat ne durera toutefois que deux ans, puisque Danielle Chuzeville a d’ores et déjà décidé qu’elle ne se représenterait pas en 2015.

 


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L'AUTEUR
Dalya Daoud
Dalya Daoud
Redchef à Rue89Lyon.
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