Appartement 16
  • 7:57
  • 18 janvier 2013
  • par Laurent Burlet

Comment se garer sur le parking de la direction peut conduire au licenciement

5884 visites | 86 commentaires

Une illustration de la vitalité du dialogue social à la française : pour s’être garée sur une place de parking réservée à la direction, une syndicaliste d’une entreprise lyonnaise de recouvrement de créances est en passe d’être licenciée.

Intrum-Justitia-Parking-CGT-Une

Yasmina Saadou, agent de maîtrise d’Intrum Justitia, avec un de ses collègues de la CGT, à la sortie de son entretien préalable au licenciement. Crédit : Laurent Burlet/Rue89Lyon

“Tu ne fais pas ta loi sur le parking”

Le PDG de la filiale française de l’entreprise de recouvrement de créances suédoise, Intrum Justitia, semble très à cheval sur les principes.

Le 3 janvier, comme tous les matins, Yasmina Saadou est arrivée en voiture sur son lieu de travail, dans la zone d’activité de Saint-Priest, à l’Est de Lyon. Elle était en retard. Faute de place à proximité de l’entrée, elle a décidé de se garer sur une place réservée à la direction.
Manque de chance, le PDG, Pascal Labrue, surnommé “le king” par certains salariés, s’est garé à ce moment juste à côté d’elle. Il lui a demandé de bouger immédiatement sa voiture. Elle a refusé :

“J’étais en retard. Je lui ait dit que je ne gênais pas et que je pourrais l’enlever plus tard. Mais il a continué avec un ton très agressif, en me tutoyant. Il m’a dit que je n’allais pas faire ma loi ici comme au comité d’entreprise”.

Yasmina Saadou a pris les propos de son patron pour des menaces. Syndiquée à la CGT et secrétaire du CE de cette entreprise qui compte près de 400 salariés, elle a l’habitude des prises de bec avec la direction. Elle a rejoint son poste de travail. Sa voiture est restée à sa place.

Mise à pied (pour une place de parking)

La direction a très vite sorti d’artillerie lourde puisqu’une procédure de licenciement a été initiée à l’encontre de la salariée récalcitrante.

Une demi-heure après l’altercation avec le PDG, la direction des ressources humaines lui a signifié sa mise pied à titre conservatoire.
La mise à pied conservatoire n’est justifiée, selon une jurisprudence constante de la cour de cassation, que si l’employé a commis une faute grave.

 Yasmina Saadou avec des élus  la CGT d’intrum Justitia. Crédit : Laurent Burlet

Constat d’huissier (pour une place de parking)

Ensuite, le DRH d’intrum Justitia a fait appel à un huissier pour constater que Yasmina Saadou était bien garée sur une place de la direction. Dans son constat (voir PDF), on apprend que la direction reproche le “comportement provocateur” de la “déléguée syndicale CGT” (elle est en réalité secrétaire du CE, ndlr) qui se traduit “entre autres par le fait qu’elle stationne son véhicule de manière récurrente sur les places réservées à la direction”.

http://www.rue89lyon.fr/wp-content/uploads/2013/01/Intrum-Justitia-Contat-Huissier.pdf

Une procédure de licenciement activée (pour une place de parking)

Le lendemain, Yasmina Saadou a reçu une lettre la convoquant à un entretien préalable au licenciement.

Nous avons contactée la direction d’Intrum Justitia qui nous a fait répondre par son service communication que la procédure de licenciement se justifiait en partie par le fait qu’elle n’avait pas bougé son véhicule.

Mais pas seulement. Evidemment. Sinon l’inspection du travail, qui doit autoriser ou non le licenciement de salariés protégés, ne pourrait pas donner son accord.

La responsable de la communication glisse, comme griefs, des “manquements professionnels répétés”.

“J’avais la tête sur le billot”

Nous avons rencontré Yasmina Saadou, ce jeudi, à la sortie de son entretien de licenciement. Elle nie avoir eu un “comportement provocateur” et s’être garée à de multiples reprises sur le parking de la direction.

Elle explique être victime d’une “répression syndicale” comme, avant elle, “six autres de ses collègues”, pour qui des procédures de licenciement ont été menées :

“La direction n’a pas digéré la victoire de la CGT aux dernières élections de 2010. Il y a une corrélation entre nos revendications et ces agissements à nos égards”.

Lors de son entretien, les DRH (groupe et France) ont reproché, outre la place de parking et différents manquements professionnels, de faire pression sur une de ses collègues.

“C’est plutôt la direction qui fait pression sur une collègue pour témoigner contre moi. Depuis 2010, la direction monte un dossier contre moi. Ils me reprochent de ne pas faire mon travail ou d’en donner en plus aux autres alors que j’ai des heures de délégation qui m’empêche de réaliser le même volume de travail que les autres”.

A 50 ans, Yasmina Saadou est agent de maîtrise. Elle encadre une équipe de deux personnes en charge du recouvrement des créances de professionnels :

“Avant que je n’adhère à la CGT, j’encadrais 30 personnes. Maintenant, je suis sur une voie de garage. J’avais la tête sur le billot. Il n’attendait qu’une occasion pour me donner le coup de grâce”.

Ses collègues cégétistes la décrivent comme “forte en gueule, combattante et résistante”. Elle promet de se battre pour rester dans une entreprise “où il y a du boulot” car, dit-elle, “je n’ai tué personne”.

Le service communication tient à préciser que “cette procédure de licenciement n’a rien à voir avec son mandat de représentant du personnel” :

“Intrum Justitia est une entreprise très ouverte sur le dialogue social.”

Les huissiers peuvent le constater.


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86 Commentaires postés

  1. Normal que ce frustré ait pété les plombs, les places réservées à la direction permettent à ceux qui ont atteint leur seuil d’incompétence d’arriver tranquillement plus tard que ceux qui bossent vraiment…
    En Norvège (PIB par habitant le plus haut au monde, merci pour eux): places réservées interdites et une place voiture pour 3 salariés est légalement le *maximum* même sur parking privé!

  2. LOL

    Son boulot c’est de jouer l’inflexible avec des gens en galère financière et souvent personnelle, elle se gare là parce qu’il n’y a pas de places “à proximité de l’entrée” (bah marche, ça te fera du bien) et elle va s’étonner que sa résistance à un ordre de supérieur hiérarchique la mène là ?

    En effet, sacré dialogue social ! 😀

    Bref, on s’en fout, si ces boites de pitbulls sur commande pouvaient s’écraser, c’est la société et le dialogue social qui y gagneraient, je réserve mon soutien aux caissières qui encaissent ET un boulot difficile ET un boulot utile, avec, elles aussi, des supérieurs pas toujours respectueux.

    • Tout travail est utile, même le recouvrement de créances. Les méthodes utilisées peuvent être contestables et blamables, les gens “harcelés” en difficultés, j’en conviens. Ils peuvent manquer de discernement, d’humanité; ok.
      Néanmoins si ces activités là n’existaient pas, alors les Sociétés lésées par des créances non payées augmenteraient leurs tarifs pour compenser les pertes.
      Et tout le monde ralerait parce que le crédit est trop cher, le gaz trop cher et tout et tout…

  3. Il suffit de regarder l’activé de la société pour situer son niveau de respect des lois…
    Rachat et recouvrement de dettes, par des courriers à la limite de la légalité : http://lapinmasque.blogspot.fr/2010/10/un-nouveau-courrier-de-intrum-justitia.html

  4. “”Elle promet de se battre pour rester dans une entreprise « où il y a du boulot » car, dit-elle, « je n’ai tué personne ». “”
    Elle semble en effet avoir des arguments imparables. Bien sûr que l’altercation est ridicule, mais c’est elle qui l’a déclenchée, sa direction a été trop heureuse de pouvoir poursuivre sur la lancée. Chacun sait qu’un syndicaliste doit être (ou essayer d’être) irréprochable, dans tous les domaines, même si c’est futile ou absurde.

    • D’accord avec vous: elle devait être une syndicaliste bien teigneuse, alors ils ont saisi l’occasion de s’en débarrasser. Manifestement, elle n’est pas assez intelligente pour comprendre que l’attitude provocatrice, ou ‘grande gueule’, comme le disent ses collègues, n’apporte rien. Qu’on soit accrocheur, qu’on ne lâche jamais le morceau, il le faut évidemment, mais il y a l’art et la manière. Et comme vous le dites, il faut également être irréprochable si l’on veut avoir du crédit auprès de la direction. Les gens de la CGT raisonnent encore comme au 19ème siècle. Le bon syndicaliste, c’est le syndicaliste allemand, qui discute, discute, discute et qui s’associe même à la direction pour trouver la stratégie ou la solution viable qui permettra à l’entreprise de surmonter ses difficultés. On en est loin avec la CGT et FO, Krazucki hante encore les esprits. On a vu ce que ça donnait avec Seafrance, avec les dockers de Marseille et le port qui perd son trafic à cause de leurs abus.

      • Vous allez en Alsace ils ont comme les Allemands,ils dialogue beaucoup avec la direction,et il faut vraiment beaucoup pour qu’ils se mettent en grève,et souvent une fois obtenue des gages sur leur revendications,ils se remettent aux travaillent.La CGT, éssaie d’avoir le maximum de leur revendications,donc,sa cale.

  5. Voilà pourquoi ils veulent du fric, pour passer leurs ressentiments sur les autres, le problème est que cette façon de vivre s’est propagée à tous les plus hauts postes privés et publics puisque pour ces gens là gagner du pognon sans bosser c’est de père en fils qu’on s’y attèle…

  6. La semaine prochaine :

    Comment se garer dans le lit du patron peut conduire à la promotion

  7. Quand la règle existe, il faut la combattre légalement si on pense qu’elle est injustifiée, et non pas l’ignorer ou provoquer.
    Cette déléguée syndicale était “en retard” et voulait se garer “à proximité de l’entrée”; et donc avoir le même privilège que la direction.
    Je ne pense pas que les autres employés auraient oser la même chose. Elle a donc usé de son statut de déléguée.
    Elle a tout simplement donné tous les arguments qu’un patron attendait pour entamer une procédure. Elle n’est vraiment pas bien fine ….

  8. et a contrario, dans certaines boites, quand vous faites partie de la direction mais que vous avez une bagnole pourrie, on vous demande de vous garer chez les ploucs des bureaux/ateliers …

    en tout cas, bon courage à elle

  9. La constatation d’huissier est forcément nulle: ils déclarent des stationnements répétés, mais n’ont fait déplacer l’huissier qu’une seule fois.

    Ça ne tient pas une minute aux prud’hommes…

  10. « une syndicaliste d’une entreprise lyonnaise de recouvrement de créances est en passe d’être licenciée »

    Elle a probablement eu tort d’être Déléguée Syndicale de la CGT
    On verra ce qu’en dira le Conseil des Prudhommes..

  11. Récapitulons.
    Elle est CGTiste et “grande gueule”, donc systématiquement opposée au patronat, et certainement provocatrice comme la plupart des cgtistes. C’est du reste précisé dans l’article, elle a l’habitude des prises de bec.
    Elle sait qu’étant représentante syndicale, elle ne peut être virée, donc elle en profite. La preuve, elle s’oppose au PDG en refusant de déplacer sa voiture.
    La direction, quant à elle, ne sait comment se séparer de ce boulet, et attend LA faute.
    Et elle la commet, car ne pas respecter une décision directionnelle est une faute. Ce motif est en effet un peu limite, et la direction en a certainement conscience, mais elle ne ratera pas cette aubaine.
    En conclusion, on a donné trop de pouvoirs aux syndicats, et certains ne se privent pas d’en abuser.
    Le résultat est que les directions n’ont d’autre choix que de piéger les syndicalistes trop arrogants. C’est de bonne guerre.

    • C’est sur qu’il vaut mieux etre un suce boules pour arriver dans la vie,mais faut pas avoir de convictions et pas etre allergique aux poil de cul !

    • De bonne guerre? L’abus du pouvoir n’est pas du côté de la direction?
      Il eut été de bon goût de la part de la direction de faire de l’humour, de tacler sur le retard de la dame, mais non un frustré du pouvoir, dont l’autorité n’est pas reconnue, a usé de son petit pouvoir pour gicler la syndicaliste trop effrontée!
      Non vraiment ces patrons abusent…

  12. CGT : Cancer Généralisé du Travail (dixit Coluche).
    Toujours d’actualité.

    • Coluche faisait de l’humour et en vivait bien, contrairement aux smicard qui n’ont que les syndicats pour prendre leur défense.Le plus lamentable c’est que parmis ces exploités il y a des gens qui en redemande en lapidant les syndicats,et ceux là méritent d’etre dans leur merde !

  13. Nous avons ici l’illustration de la lutte de 2 ego(s) d’un côté et de l’autre de la barrière de l’entreprise.
    C’est ridicule pour les 2 parties et pas seulement pour l’une, comme il est faussement indiqué ici.

    • ah oui? vous trouvez qu’ils se trouvent tous les deux dans la meme position? vous êtes drole vous. elle risque juste de perdre son gagne-pain, elle. c’est tout. hyper équilibré en effet le rapport!

      • Si les procédures d’embauches ET de licenciements étaient plus simples en France, le-dit article n’aurait jamais existé!
        Il faudrait surtout se poser de VRAIES questions plutôt que de défendre bec et ongle une syndicaliste arrogante par pur principe, sous prétexte qu’elle ne fait pas partie de ces “salops” de riches. QUand on n’a pas d’argent on crache dessus et lorsque l’on en a on devient un Salop.
        Qu’elle est donc cette mentalité qui nous mène au bord du gouffre depuis tant d’années? Avancez dans le bon sens et arrêtez de noircir tous les tableaux par pure jouissance démagogique.

  14. Franchement, les problèmes des salariés d’Intrum Justicia, on s”en fout ! Ces charognards même pas foutus de respecter la loi, qui usent de méthodes de recouvrement non seulement contestables mais illégales, ne méritent aucune attention, aucune pitié, aucune considération.
    Et le fait d’être salarié d’une telle entreprise pas davantage…

  15. Dans la vie il y a des règles, on les connait, on les accepte, on les applique… Sauf bien entendu certains représentants syndicaux qui ont une longue tradition d’ anus : quand ils se bloquent, ça paralyse tout. Et évidemment les représentants syndicaux abusent de ce statut pour s’affranchir des règles que le commun des mortels suivent sans se poser de question. Donc non, elle n’a pas été virée parce qu’elle s’est mal garé, mais parce qu’elle a été effrontée, arrogante et provocatrice. J’ai rien contre les syndicats mais c’est des gens comme ça qui les décrédibilisent. Malheureusement en France la compétitivité est loin derrière parce que des gens comme ça qui ne pensent qu’aux RTT, au confort, aux droits, arrivent en retard au boulot et n’ont aucune idée de la signification du mot respect et efficacité, nous tirent vers le bas…. On n’est pas sortis de la crise. Quelle honte….

    • Tiens tiens Erasmus revient,toujours prêt à défendre le patronat.Ce Monsieur sévit sur tous les sites avec les mêmes arguments que le MEDEF.
      Chez INTRUM Monsieur les salariés sont payés au SMIC, n’ont pas de RTT et le patron est de droit Divin.
      C’est une Entreprise qui ne connaît pas la crise,il font du fric sur les pauvres.

    • Avant la révolution de 1789 , la règle était que les nobles et le Clergé ne paient pas d’impôt . Heureusement que les Française n’ont aps écouté Erasmus sinon , ça serait toujours le cas !

    • Entièrement d’accord avec vous. La CGT pense encore comme au 19ème siècle. Et quand je dis ‘pense’, je suis trop gentil.

  16. Ce n’est plus la lutte des classes mais la lutte des castes,d’un coté les intouchables syndicalistes et de l’autre les gros PDG,et je suis polis j’ais mis le G ,Ne baissons pas les bras la lutte continu !

    • “Intouchables syndicalistes”, mais dans quel monde vous vivez ?
      Des milliers de syndicalistes sont licenciés chaque année, discriminés (notamment en terme d’évolution de carrière), victimes de harcèlement pour les pousser à la démission…

      Quand à ceux qui annonent le discours patronal sur les “difficultés de licenciés”, je ne sais pas également dans quel monde ils vivent, parce qu’aujourd’hui c’est déjà d’une facilité remarquable pour n’importe quel patron de privé un travailleur ou une travailleuse de son gagne-pain pour n’importe quel prétexte bidon.
      Les indemnités versées en compensation sont loin de compenser la perte de revenu, les galères de fric que ça provoque…

      M’enfin comme toujours, ceux parmi les salariés qui tapent sur les syndicats sont bien content qu’ils soient là quand ils sont eux-mêmes dans la merde (pour les cadres sups et les patrons, au moins c’est cohérent avec leurs intérêts de classe, défendant leurs privilèges), et au moins bien content de profiter de toutes les conquètes syndicales (un salaire minimum… qui n’existe pas en allemagne, une protection sociale, des congés payés, etc…)

  17. On parle de la mise en place d’une procédure de licenciement à l’encontre d’un délégué syndical :

    “Article L2411-3 du code du travail :

    Le licenciement d’un délégué syndical ne peut intervenir qu’après autorisation de l’inspecteur du travail.
    Cette autorisation est également requise pour le licenciement de l’ancien délégué syndical, durant les douze mois suivant la date de cessation de ses fonctions, s’il a exercé ces dernières pendant au moins un an.
    Elle est également requise lorsque la lettre du syndicat notifiant à l’employeur la désignation du délégué syndical a été reçue par l’employeur ou lorsque le salarié a fait la preuve que l’employeur a eu connaissance de l’imminence de sa désignation comme délégué syndical, avant que le salarié ait été convoqué à l’entretien préalable au licenciement.”

    Je ne me débattais pas dans des transes hystériques, je ne faisais que rappeler la loi. C’est à l’employeur de se calmer.

  18. Quand on est élu(e), on doit se montrer digne de son mandat et d etre exemplaire !
    Madame est de surcroit “agent de maitrise”, soit le premier echelon de l encadrement : sa conduite est d autant plus inacceptable.

    Encore une qui a voulu faire sa maligne et a joué avec le feu… et qui fini par aller pleurer auprès de la presse. Navrant.

    • N’inversons pas la faute depuis quand une place de parking serai une faute professionnelle? Donc cessez toutes argumentations inutiles se garer sur une place de parking resrvee à la direction est un problème qui reste hors du travail donc rien a voir… Cette sanction est simplement et purement hors la loi un point c’est tout.

      • Dès lors que le parking est situé dans l’enceinte de l’entreprise, les règles de celle-ci, et notamment le règlement intérieur, les affichages… s’appliquent.
        Le mépris de ces règles (tant qu’elles ne sont pas illégales) est une faute passible d’une sanction disciplinaire après la procédure adaptée.
        En outre ici, et d’après l’article, on a le refus d’un salarié d’obéir à une consigne donnée par un membre de la direction, consigne qui semble cadrer avec les règles internes de l’entreprise puisqu’il est précisé que les places sont identifiées comme étant celles de la direction (Pas de jugement ici sur l’existence de places dédiées).
        En gros, on a donc deux actions passibles de sanctions et donc qualifiables de faute: Insubordination et non respect des règles internes à l’entreprise.

    • Quelle indulgence pour le PDG, odieux…

  19. La sanction est trop lourde comparé au fait.

  20. On dit “répression anti-syndicale”. La répression syndicale, ça existe aussi parfois dans certains secteurs (assez rare) mais c’est le contraire de ce qui est décrit ici.

    L’inspection du travail n’autorisera pas le licenciement car il est assez clair que c’est le mandat de cette fille qui alimente principalement le souhait de son employeur de la licencier. D’ailleurs, il le lui dit : qu’elle ne vas pas faire sa loi comme au comité d’entreprise ! C’est bon, prise en considération du mandat dans une décision disciplinaire de l’employeur. L’inspecteur du travail n’en a pas besoin davantage pour ne pas autoriser le licenciement.

    Cela dit, c’est aussi le mandat de cette salariée qui fait qu’elle s’autorise à énerver comme ça son patron. Elle sait qu’elle est protégée.

    Les deux parties sont en fait gagnantes. L’employeur envoie un sacré signal de mise en garde de filer droit à ses salariés ordinaires qui eux ne sont pas légalement protégés. Indirectement, il s’offre ainsi un certaine paix sociale.

    Et la déléguée CGT, passant pour une martyre qu’elle n’est pas, entretient sa notoriété envers ses électeurs et, puisqu’elle est ainsi attaquée, harcelée, passe nécessairement comme une bonne défenseuse des intérêts des travailleurs. Sinon, à quoi bon ?

    La procédure intentée contre elle, c’est un peu comme si son employeur lui décernait une médaille !

  21. j’ai eu affaire à cette société qui as envoyé et renvoyer à ma grand mère des lettres pour recouvrer un crédit que mon père avait contracté de son vivant alors que je leur avait signifié par courrier à deux reprises que celui-ci était décédé avec avis de décès et tout le toutim
    alors bon je suis étonné qu’il y ai des syndicats dans cette entreprise

    ceci dit pour être le patron d’une boite pareil il faut vraiment pas avoir d’état d’âme et être un poil (gros poil même requin) donc c’est pas très étonnant

  22. Imaginez ce qui va se passer quand l’accord MEDEF/CFDT va être traduit en Loi de la République…

  23. L’ambiance dans les entreprises est de plus en plus inquiétante…

  24. Comment perdre son temps pour un tel motif ?

    Ce garer sur une place de parking non autorisée occupe un pdg, un drh, la comptabilité pour l’huissier, la salariée, ces collègues syndiqués et le tribunal des prud’homme etc…

  25. Mais bon sang, y a pas à discuter.
    Dès le lendemain, tout le personnel aurait du être garé sur le parking direction . Facile : ils arrivent toujours avant les patrons car le monde appartient à ceux dont les ouvriers se lèvent tôt (Coluche).

    Y a quand même beaucoup d’enfants gâtés à la tête de nos entreprises.

  26. Ben oui, mais en même temps, TOUT LE MONDE les connait, kes méthodes d’intrum justitia. Vous n’avez jamais subi de tentaive d’intimidation de la part de ces gens là ? Rassurez vous, il vous suffit de résilier votre abonnement à canalsat et çà vient tout seul. Alors, aller plaindre un salarié de cette boite, désolé non.

    • Je ne suis pas choquée du comportement d intrum j y ai bossé plusieurs temps…. mais yasmina etait deja dans le colimateur depuis un bon moment…. son licenciement coulait de sources… pfff ca ne m etonne meme pas !!!

  27. Nous vivons les syndromes des conséquences d’un droit du travail à la française qui oblige des employeurs à conserver dans leurs effectifs des employés dont ils souhaitent se défaire.
    .
    Un contrat de travail devrait relever d’un double accord
    – celui du salarié
    – celui de l’employeur
    .
    et si un salarié n’est pas satisfait des conditions de son emploi, il peut démissionner,
    mais si un employeur n’est pas satisfait de son salarié, il est obligé de se le garder
    … ou bien.. ou bien d’être à l’affut de la faute afin que la loi lui autorise un licenciement
    .
    ..Bonjour l’ambiance.. cette exception culturelle à la française.. et qui génère un chômage drastique, les employeurs préférant éviter toute embauche, compte tenu de l’impossibilité de débaucher en cas de retournement de conjoncture ou d’insatisfaction du salarié.

    • La meilleure boite pour un patron, c’est un boite avec zéro salarié, bien sûr.

      • En effet, j’en ai croisé un qui parlait de sa “maudite masse salariale” surtout constituée de précaires payés au minimum ..
        Je précise qu’ il ne parlait pas de son salaire.

        • On a bien compris, Solent, votre réduction du problème à l’image d’Epinal du méchant patron richissime, exploitant ses gentils salariés qui sont dans le besoin.

          Je précise, pour information, que les charges payées à l’URSSAF par un employeur dépassent 90% du net payé à l’employé.

          • Merci je suis au courant étant moi même patron à l’époque.

          • quel rapport avec l’affaire de cette femme syndicaliste?

          • Euh, si les charges payées à l’URSSAF par un employeur dépassaient 90% du net payé à l’employé cela se traduirait soit par de faibles embauches soit un excédent pour le régime URSSAF.

          • Pour être précis :
            Le montant des charges sociales, salariales plus patronales est de 82% du salaire net en moyenne, en fonction des accords particuliers.
            Aucun rapport avec le sujet en effet.

          • « Le montant des charges sociales, salariales plus patronales est de 82% du salaire net en moyenne, en fonction des accords particuliers.»
            ► Il est supérieur à ça..
            ——-
            « aucun rapport avec le sujet»
            ► Tout sujet provoque des assertions qui demandent réponses, et qui sont souvent plus intéressantes que le sujet lui même.

          • « si les charges payées à l’URSSAF par un employeur dépassaient 90% du net payé à l’employé cela se traduirait »

            ► ..et cela se traduit par la réticence pour toute entreprise à embaucher en France.
            .
            Le fait que vous ne soyez pas au courant de cette évidence souligne bien la complexité imbitable des bulletins de salaire à la française conçus afin que personne n’y comprenne rien.

          • Effectivement, les charges URSSAF sont élevées en France. Mais en contrepartie nous possédons l’un des meilleurs système de santé au monde (bien qu’il se dégrade de plus en plus). Alors pourquoi ne pas baisser les charges afin que les entreprises puissent embaucher ? Seulement, comment financer le manque à gagner ? Augmentation des impôts directs ou indirects ?

            Par contre « Le fait que vous ne soyez pas au courant de cette évidence souligne bien la complexité imbitable des bulletins de salaire à la française conçus afin que personne n’y comprenne rien. »
            Pas bien compliqué de prendre un montant et de le multiplier par un taux puis de faire des additions et des soustractions !

      • Peut-être ,mais il y a une idée trés sensée,qui a était évoquer,plusieurs fois à plusieurs reprises,c’est 25 dernière années .Que dans ce cas ,il faut mettrent les machines et robots à contribution ,que les profits fait avec les divers machines,et robots de divers générations,soient redistribués dans une juste mesure à ceux qu’ont privent de travail.Et bien-sùr,du haut de la chair du MEDEF c’est niet,ces Seigneurs féodaux du 21èm siècle,ne se trouvent pas dans l’obligation de redistribués leur profts aux vassaux des temps moderne,pour eux c’est l’étât qui doit se débrouiller avec les vassaux.Mais,dans quel monde vit-on?

    • Vous vous trompez lourdement concernant les embauches.Quand une entreprise a un travail normal,elle maintient son effectif ;Dés que la charge de travail augmente un peu ,elle passe aux heures sup.Si la charge de travail augmente encore plus ,on fait appel à l’interim.Vous n’avez jamais entendu dire par des patron ou DRH __à travail perene ,emploies perenes.Donc la volonté d’embaucher n’a rien à voir avec ce que vous dites.De plus dans toutes entreprises il y a un reglement interieur qui est d’ailleurs donné à chaque salarié à leur embauche et donc qu’ils sont sensés connaitre.Il y est précisé la hierarchie des sanctions .En premier un avertissement verbal qui peut etre suivi de deux avertissement écrit avant licenciement .Si la procedure est respecté le licenciement aura lieu et le salarié n’aura aucune chance de gagner aux Prud Hommes à condition bien entendu que les avertissements ne soient pas abusifs.Dans l’article,rien n’est dit sur ce sujet d’avertissement .Vous voyez donc bien qu’on est trés loin de ce que vous pensez pour les embauches.

  28. Elle se prend pour qui ?
    Si tout le monde en fait autant …

  29. A lire aussi en complément d’information : l’article du Parisien

    http://www.leparisien.fr/lyon-69000/une-salariee-mise-a-pied-apres-avoir-stationne-sur-le-parking-de-la-direction-18-01-2013-2492599.php

    Le directeur s’exprime via l’AFP et évoque de “manquements graves répétés,et multiples avertissements”

  30. Boite de m…
    Métier de m…
    Patron de m…
    Salarié de m…

    Pendant ce temps là ils laissent 2 ou trois papys qui ont oublié de payer leur abt à SFR tranquille..

    Pour info : J’ai eu il y a qques années du mal à me désabonner de Alice (la blonde). J’ai reçu pleins de lettres de stés de ce genre, que j’ai laissé dans ma poubelle. Au bout de quelques temps ils laissent tomber ou repassent le dossier à une autre boite, mais ça n’aboutit jamais, c’est seulement de l’intimidation.
    Pour des petites sommes ça ne vaut pas le coup de payer un huissier ou de faire une action en justice.
    Ne vous laissez pas intimider, ne payez pas, surtout si vous êtes de bonne foi !

  31. Ca me fait penser à une anecdote de l’année dernière, un octogénère avait tué à coup de cannes un autre pensionnaire parcequ’il estimait qu’il avait pris sa place au réfectoire.
    Visiblement ce monsieur est prèt à entrer dans un de ces établissements ou on sort rarement sur ses deux pieds.

  32. Il me semble qu’une mise à pied à titre conservatoire n’est justifiée que pour préserver la bonne marche de l’entreprise…
    Or occuper une place de parking de direction n’empêche par une entreprise de fonctionner.
    Quand bien même il serait reproché le comportement provocateur de la secrétaire du CE et une occupation récurente des places de parking direction (ce qui reste à prouver comme le remarque Thomas L), l’entreprise n’a pas choisi la mise à pied disciplinaire. Elle a donc délibérément choisi d’écarter la représentante du personnel de son entreprise.
    En outre, il lui est curieusement attribué et il est mentionné, à tort, une activité syndicale à la secrétaire du CE par l’huissier.
    Il y aurait donc bien un lien avec ses mandats dans tout cela.
    (constat d’huissier = début de preuve).
    On voit mal l’Inspection du Travail autoriser un tel licenciement.

  33. Voila un sujet intéressant.

    Le fait, pour un salarié de refuser de déplacer son véhicule, garé sur une place réservée à la direction, constitue-il un acte d’insubordination assez grave pour ouvrir une procédure disciplinaire et procéder au licenciement d’un salarié, fusse t-il protégé ?

    Difficile d’avoir un avis tranché et sérieux.

    D’autant plus qu’il manque au constat d’huissier, l’indication de la disponibilité d’autres places de parking. Le contenu du règlement intérieur, de notes de service et contrat de travail de l’intéressée.

    Si il est établi que d’autres places de parking étaient disponibles, l’acte délibéré de contrevenir à la règle édictée par le marquage au sol notamment (voir RI et aussi habitude de l’entreprise).
    La faute est constituée.

    Le pouvoir disciplinaire et son application, relèvent de la seule compétence du chef d’entreprise.
    L’inspecteur du travail, éventuellement le ministre du travail donnerons leurs avis, sil il y a licenciement.
    Le conseil de prud’hommes, dira le droit. Reste s’il sera suivi par la Cour d’Appel et éventuellement par la haute cour.

    Deux remarques.
    La réunion exceptionnelle du CE, qui s’est tenue le 18 janvier, à durée 9h30…(10h00 > 19h30) Une telle durée illustre, d’autres tensions que celle du parking, mais aussi une absence de consensus et soutien des autres élus, envers cette Dame.

    Un salarié “dit protégé”, est un salarié comme les autres. Il a des droits mais aussi des devoirs, lorsqu’il exerce son métier.

    Quand ce même salarié, exerce son ou ses mandats durant des “heures de délégation”, ses droits et devoirs sont autres.

    Quoi qu’il en soit, durant ce temps le lien contractuel est suspendu avec l’employeur.
    Ce qui semble être le cas en l’espèce, puisque l’huissier s’est présenté devant la porte du local du Comité d’Entreprise, occupé par cette Dame.

    Pour avoir subit l’injustice de perdre mon emploi à la ville de Lyon. Je connait la difficulté de faire valoir ses droits, surtout lorsque l’on est dans le vrai et le juste.

    Courage à cette Dame. Qu’elle choisisse un avocat spécialiste en droit du travail. Indépendant et compétent.
    Au besoin je peut lui communiquer le nom d’une avocate.

  34. Quand on cherche la merde on finit par la trouver.

    • Question à deux balles? Qui trouve normal que certaines places soient octroyées aux gens de la direction? De quel droit? Ils sont handicapés ? Il y a vraiment des abus de pouvoir!

  35. Il y a abus de pouvoir,à l’encontre de cette femme.Les syndicats devraient faire attention,et notamment leurs représentants,ce n’est pas parce-que vous avez un statut de représentant syndical,qu’il faut tout se permettre.Ont ne peut condamner l’attitude de certains patrons ou responsablent d’entreprises,et s’en rendre compte faire comme eux s’autorisés des comportements,le système est vicieux,faites attention,ils vous ont tous à l’oeil,et le moidre faux pas ,ils vont vous alignez.Surtout qu’ils se sentent en position de force avec la situation actuelle,qui leur profite.”Quand on veut tué son chien ,on l’accuse de la rage”.

  36. C’est étonnant car avec un tel motif la direction de cette boite est quasi sure de perdre aux Prud Hommes avec obligation de réintegration et indemnités (pas de licenciement) consequentes.Dans le code du travail,il y a une hierarchie de sanction avant d’arriver à un licenciement.Avertissement verbal puis ecrit et licenciement en tout dernier ressort.Le seul cas de licenciement immédiat c’est la faute lourde (vol ext….) et dans les cas cité ,on en est trés loin .

  37. Je pense,comme je l’ai dit,.Les patrons certains,ils ont à affut du moindre prétexte pour s’en prendre à des représentants syndicaux,c’est vraie que leur attitude est condamnable,et jamais justifié,mais par-là,ils veulent mettrent la préssion,et faire peur,pour rendre ces représentants plus docile.Donc,je leur conseil ,de montrer patte blanche ,comme cela ,ils n’auront rien à se reprocher,et seront plus crédible.

  38. Vous allez pas croire que je vais me mettre à pleurer sur votre sort? Soyons droit et juste,une entreprise bien gérée,qui investie,et qui a une vision d’avenir,et une entreprise ou ses responsable font vraiment leur job.

  39. Il date un véritable syndicat en 1884,mais ,c’est en 1919 que le CGPF avait était créer et qui coéxister avec la célèbre UIMM qui avait fait parler d’elle en 2007/08 ,ou à l’époque Mme Parisot était au courant de rien.Et pendant la guerre en 40 c’était un certain Duchemin qui était à la tête du Patronat,et ou nos parents nous ont dit,que le patronat disait :”Qu’il valait mieux Hitler que le front populaire.Et aprés ,il y a eu le CNPF,et depuis l’an 2000 le MEDEF qui est le retour des segneurs féodaux qui veulent accroitrent leur privilèges de seigneurs,plutot que de créer des emploi.

  40. Je sais ,ces méthodes des patrons vis à vis des représentants syndicaux ,étaient courants avant le front populaire,et j’ai mon grand-père paternel a fait parti des victimes de licenciements ,aprés avoir demander une hauuse de salaire,et en mettant le bulletin de salaire dans les journaux du coin,pour montrer ce que les méttallurgistes des usines du Creusot gagneés en réalités.Et les présentants syndicaux n’étaient pas protégés comme maintenant,mais apparament ,ils reviennent avec leur méthodes comme avant guerre,ils en profite avec la crise,et même ,ils accentue l’effet de la crise de façons virtuelle,pour que cela leur porte des fruits,”il faut battre le fer pendant qu’il est chaud”. Donc, lorsque la peur de ce faire licencié disparaitra ,et laissera la place à la révolte,là,sa va bardée,et les patrons ils vont tous fuir chez leur amis du patronnat allemands.

  41. Comment augmenter le manque à gagner? Vers où est aller l’argent des vignettes auto depuis 1953 qu’elle avait été mis en place,et qu’es-ce-qu’ils en ont faient? Les 20% du prix du tabac qui était prévu pour la sécu. Il est aller où? Quand ont voient certains élus qui ont étaient élus grâce aux électeurs,ce sont permis de puissés dans les caisses du contribuable ,pour financer des choses qui n’avaient rien à voir avec l’intérêt général.Il y a de quoi se posés des questions avec toute les scandales de corruptions,heureusement ,il y a l’association Anti-Cor ,sinon sa serait la porte ouverte à tous.En fait ,les élus politiqie prennent le peuple comme pour un troupeau de montou,qu’ont peu tondre à loisir ,comme sa les chantes,c’est la triste réalité.

  42. Bin, c’est le king, le boss, le roi, un imbécile.
    Intrum justitia est pourrit jusqu’à la moelle. Je suis étonner de ne pas voir une agression de ce mec dans les faits divers, oui divers, par ce que sans importance ce genres de personnage. C’est riche alors ça ce crois plus fort

  43. Des nouvelles concernant les suites de cette affaire ?
    Gagnée ou perdue au prudhome ?

  44. Bonjour.

    C’est la crainte que suscite les suppôts cégétistes qui fait qu’ils se croient tout permis, au dessus des règles et des lois.
    Quand la CGT demande le licenciement d’un salarié embauché qui a plus de cinquante ans, elle trouve cela normale et ce sont menaces et grève si l’employeur ne s’exécute pas. Même les juges la craignent pour donner des sanctions symboliques.