Hugo Lautissier/Rue89
Personnage controversé, Victor Bosch n’en reste pas moins l’une des figures incontournables de la scène culturelle Rhône-Alpine. De la première Biennale internationale de la danse à la Biennale d’art contemporain en passant par la création de la salle du Transbordeur, l’ancien batteur du groupe de rock Pulsar a multiplié les projets d’envergure depuis le début des années 80. Aujourd’hui sexagénaire, le producteur multi-cordes revient avec un ambitieux projet, la rénovation de la salle de concert du Radiant à Caluire fermée en juin 2011.
« Le Radiant avait besoin de changer », estime Philippe Cochet, maire UMP de la ville de Caluire. Exit la vieille salle sans identité, donc, et place au Radiant-Bellevue, un nouvel espace modernisé et ré-agencé pouvant accueillir jusqu’à 1000 personnes assises et 2 450 debout. Une seconde salle plus intimiste d’une capacité de 100 places destinée à promouvoir les talents de demain ouvrira ses portes elle aussi. Enfin, le bâtiment a été réorienté et possède désormais un espace extérieur donnant sur le Val de Saône.
Un concurrent direct du Transbordeur ?
Depuis son éviction du Transbordeur il y deux ans, une salle dont il est lui-même le fondateur, on imaginait Victor Bosch errer comme une âme en peine. La salle de concert, située à Villeurbanne, gérée en délégation de service public, a été confiée par la ville de Lyon à une nouvelle équipe en 2010. Un voeu que formulaient depuis plusieurs années nombre d’acteurs culturels de la ville qui pouvaient soit être agacés par la personnalité de Victor Bosch, soit estimer qu’il gérait le lieu de façon opaque en despote isolé, entre autres critiques. Le producteur à succès a-t-il voulu prendre sa revanche après son procès intenté contre la ville de Lyon ? L’intéressé assure que non.
« Le Radiant-Bellevue ne jouera sur le même créneau que le Transbo qui est plus orienté vers les musiques actuelles. Le Radiant a une vocation beaucoup plus populaire, même si l’on ne s’interdit rien : c’est un Olympia à la lyonnaise« .
En effet, le nouveau jouet de Victor Bosch accueillera des figures de la chanson française, mais aussi des spectacles de danse, des humoristes et du théâtre. Une configuration polyvalente qui fait son originalité.
« C’est là où l’on se démarque des autres salles françaises, personne ne mélange les styles de cette façon. A mon avis cette polyvalence, c’est l’avenir. Le Radiant va faire école dans toute la France. »
Hugo Lautissier/Rue89
Un projet à 4,5 millions d’euros
Malgré un contexte économique morose, la municipalité de Caluire qui cherchait une nouvelle équipe pour reprendre le Radiant a consenti un effort de 588 000 euros de subvention afin de confier la salle à Victor Bosch dans le cadre d’une délégation de service public .
« Le Radiant-Bellevue est un pari, on a tous pris des risques financiers pour que le projet aboutisse » explique Philippe Cochet. Au total, 4,5 millions d’euros ont été investis par la ville de Caluire pour rénover la salle.
Mais le maire pourra compter sur l’impressionnant carnet d’adresses dont bénéficie Victor Bosch pour assurer la rentabilité du projet Radiant-Bellevue. La programmation de la première partie de saison se veut à la hauteur des espoirs placés dans la nouvelle structure. Quelques noms prestigieux vont s’enchaîner, comme Laurent Voulzy, Jane Birkin, Cali ou Arthur H, pour ne citer qu’eux. En attendant, Le concert d’ouverture de samedi, avec Christophe en tête d’affiche, est déjà quasiment complet.
Hugo Lautissier/Rue89
Entre la cacophonie de la campagne municipale et les médias aux mains de milliardaires qui font monter l’extrême droite, il n’a jamais été aussi difficile de bien s’informer. Dans la cohue ambiante, une autre source d’information est nécessaire.
À Rue89Lyon, nous refusons la communication politique. Nous refusons les communiqués des partis repris sans contradiction. Nous refusons d’alimenter les débats stériles. À travers nos articles d’analyse, nos débunks… Nous soutenons qu’une autre voix est possible dans le paysage médiatique lyonnais.
Mais notre modèle économique est fragile, car nos lecteurs et lectrices sont les seuls garants de notre indépendance !
Vous pouvez faire vivre un autre journalisme à Lyon : aidez-nous à réunir 15 000 euros avant le 4 mars pour continuer à vous informer en 2027. Pour cela, deux choses sont possibles : l’abonnement ou le don.
À quoi servira votre soutien ?
> 15 000 euros : nous continuerons à vous informer en 2027.
> 20 000 euros : nous pérenniserons notre newsletter politique Mairie à tout prix.
>30 000 euros : nous embauchons un quatrième journaliste avec un même objectif : informer, enquêter, révéler, et défricher des terrains où les autres médias ne vont pas.
Tous les moyens sont bons ! N’hésitez pas à partager notre campagne ou à donner à Rue89Lyon.

Chargement des commentaires…