Société 

Abandon du projet Arena de l'Asvel : retour sur un cas d'école

Cela devait être la deuxième plus grande salle multifonction de France. Aujourd’hui, le projet d’Arena de l’Asvel, à Villeurbanne, n’est plus. Retour sur un projet avorté qualifié par L’Equipe Mag de « cas d’école », qui « illustre les difficultés rencontrées pour construire ce type d’équipement en France ».

En Juin 2012, Gilles Moretton, le président du club se résout à annoncer la mauvaise nouvelle dans un communiqué de presse :

« Malgré les efforts de la Mairie de Villeurbanne et de l’Asvel pour résoudre les différentes contraintes, la société Gones&Sports se [trouve] dans l’obligation d’annoncer l’abandon du projet».

Cette salle multifonction devait avoir une capacité maximale de 14 800 places. Il était prévu qu’elle accueille des compétitions sportives et des concerts, et qu’elle serve de patinoire. Le projet inédit en France et boosté par Tony Parker, vice-président et actionnaire du club, semblait pourtant bien parti.

Dans son numéro du 22 décembre dernier, L’Equipe Mag pointe quatre causes qui ont conduit à l’échec du projet :

  • Des aides publiques de l’Etat qui ne sont jamais arrivées
  • Des investisseurs privés qui ont finalement disparu.
  • Une sur-évaluation du potentiel de la salle.
  • La concurrence des autres enceintes sportives et culturelles de l’agglo lyonnaise.

 

Contraintes foncières et mauvais calculs

Malgré un soutien de principe pour ce genre d’infrastructures depuis le rapport Arena 2015, l’Etat n’est jamais allé au-delà et ne s’est pas engagé sur le moindre centime.

Le projet a multiplié les tuiles, surtout sur le plan du financement privé. Alors que les investisseurs attendaient la finalisation de l’achat du terrain pour avancer leurs billes, la transaction a échoué. Si la mairie de Villeurbanne avait préempté les 4/5ème du terrain choisi et était disposée à le vendre, la société Homebox qui détient l’hectare restant en demandait un prix mirobolant, bien plus élevé que la valeur réelle de la parcelle. Les actionnaires du club ont refusé de payer aussi cher, comme le déclarait le président de l’Asvel à TLM.

 

 

Potentiel surévalué et concurrence locale

Parallèlement, la France a retiré sa candidature pour l’organisation de l’Euro 2015 de Basket. Ce qui a supprimé ainsi une bonne partie des perspectives de rentabilité de la future salle. Les investisseurs ont commencé à douter de l’équilibre financier du projet.

Le projet d’Arena aurait été aussi victime de la réticence de certains hommes politiques locaux ainsi que de la concurrence d’enceintes culturelles déjà existantes ou futures, comme l’expliquait Jean-Paul Bret, maire de Villeurbanne, à L’Equipe Mag :

« Il y a des obstacles à franchir, notamment de savoir ce que va devenir la halle Tony-Garnier (17 000 places). A ce moment là ce n’était pas très facile (…) parce que Gérard Collomb était très préoccupé par le Grand Stade et il y a eu une concurrence entre les deux projets dans les médias ».

C’en est fini de l’Arena. Une récupération de la salle démontable des JO de Londres sera évoquée. Sans suite.

 

 

 

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L'AUTEUR
Jeremy El Mlaka
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