Société 

Des enfants aux manifs No Tav, des parents devant les services sociaux

actualisé le 12/09/2013 à 14h26

Blog/ Distribuer des tracts, « volantinare » -un si joli mot- serait un délit selon le parquet de Turin. Il y a quelques jours, trois familles d’opposants à la ligne à grande vitesse Lyon-Turin (les No Tav) ont reçu une convocation chez l’assistante sociale. Motif: avoir manifesté en compagnie de leurs enfants, des mineurs donc, le 28 septembre dernier à Susa. Un cas d’école.

Ils ont reçu une lettre. Sept lignes pour leur dire que la justice et les services sociaux doutaient de leur capacité à bien éduquer leurs enfants. Trois familles installées dans le Val de Suse sont convoquées par l’assistante sociale Paola Bertolini des services sociaux de Avigliana, sur demande du parquet de Turin. Faits reprochés : mineurs distribuant des tracts durant la manifestation No Tav du 28 septembre dernier à Susa.

Par cette injonction, l’objectif de la justice est clair : « éviter de transmettre à des mineurs des principes d’illégalité ». Le président du consortium des services sociaux du Val de Suse ajoute : « les assistantes sociales doivent comprendre si le mineur vit dans un contexte familial dans lequel peuvent lui être transmis des principes qui le poussent vers l’illégalité ».  Sauf que. Distribuer des tracts, manifester, ne sont pas des délits.

Très peu de journaux relaient l’affaire. En fait, il n’y a quasiment que La Repubblica pour en parler.

Angela Lano, convoquée par les services sociaux

Le quotidien de centre-gauche consacre d’ailleurs une longue interview (à lire sur La Repubblica) à l’une des mères de famille convoquée en raison de la participation de son fils de 15 ans à la manifestation. Angela Lano, journaliste spécialiste du Moyen-Orient reste perplexe : « aucune plainte n’a été émise à la suite de ce rassemblement, nous aurions dans le cas contraire déjà reçu quelque chose. Partir du présupposé qu’il règne un certain malaise au sein des familles No Tav est absurde, et surtout préoccupant ».

Un point de vue partagé par la députée Elisabetta Zamparutti qui a présenté un court texte aux ministres de la Justice et de l’Intérieur. Selon elle, « Si le seul fait de manifester contre la LGV devient le symptôme d’un désagrément tel qu’il entrainerait l’intervention du tribunal et des services sociaux, alors dans la Vallée de Suse est en train d’émerger un Etat policier. Et le gouvernement risque de s’en rendre complice s’il n’intervient pas pour défendre la liberté d’opinion et de manifestation ».

Mais pour le parquet, c’est de « la sauvegarde des enfants dont il s’agit ». Et il demande aux parents de ne plus accompagner leur marmaille à de tels rassemblements. En réponse, les familles ont annoncé prévoir une manifestation, en compagnie de leur progéniture, le 8 décembre prochain.

 

 

 

 

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L'AUTEUR
Audrey Chabal
Audrey Chabal
Auteure du blog "Un pied dans la botte", je m'intéresse à l'actualité de nos voisins italiens. Ciao ciao.
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