Tribune 

Concertation, végétalisation, expulsion des Roms

Roms-Mazagran-Expulsion

Panneau planté par des habitants de l’Iôt Mazagran suite à l’expulsion du squat du 52, rue Montesquieu

Téléscopage : au moment où une soixantaine de Roms dont une vingtaine d’enfants était expulsée d’un immeuble au 52 rue Montesquieu et livrés à la rue par les forces de l’ordre, ce mercredi 19 septembre, d’autres enfants du quartier étaient invités par le Grand Lyon à planter des fleurs sous les fenêtres de ce même immeuble, propriété de la communauté urbaine.

Il aura donc fallu « faire place nette » avant de fleurir ce qu’on appelle la « rue du projet », dédiée à la concertation pour le futur aménagement de Mazagran. Rue de la concertation, donc, et de la « déconcertation », ce mercredi pour nous autres, habitants du quartier Mazagran.

La pilule a très certainement été dure à avaler aussi pour les architectes-paysagers concepteurs de la nouvelle place. Comme ils l’ont dit eux-mêmes : « si on avait su que l’expulsion des Roms avait lieu aujourd’hui, on aurait changé la date de la célébration de la Rue du Projet » !

Il n’y avait pas foule pour accompagner l’opération de plantation et d’embellissement de la place qui résonne un peu comme un nettoyage de triste mémoire.

Des principaux acteurs de la transformation de cet espace connu sous le terme « l’îlot des Amaranthes », associations et habitants – jardiniers ou non du Jardin des Amaranthes, qui a répondu présent ?

Cette opération conjointe mais non concertée entre l’Etat (pour l’expulsion des Roms) et la collectivité (pour le fleurissement de l’immeuble) laisse un sentiment de mauvaise plaisanterie que les habitants et associations activistes du quartier ne sont pas prêts d’oublier.

Par le collectif d’habitants de l’Ilôt Mazagran

 

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