Société 

L’ancien champion de France Kamel Hasni boxe "social" mais sans salle

actualisé le 21/06/2016 à 17h40

Il y a un an, Kamel Hasni, ancien boxeur de haut niveau de 28 ans, fondait le Boxing Lyon United, un club de boxe anglaise. Assisté de deux co-entraineurs bénévoles, cet ancien capitaine de l’équipe de France, dix fois champion de France et présélectionné pour les JO d’Athènes de 2004, a depuis fédéré plus de 80 boxeurs sous les couleurs du club (dont une quinzaine de féminines).

 

Les victoires… sans étagères pour les coupes

Avec un succès sportif aussi rapide qu’inattendu : 45 victoires sur les 45 combats où le club s’est engagé cette année. Six champions du Lyonnais et deux champions de France en juin dernier, lors des championnats organisés à Angers.

Une prouesse pour cette association qui ne possède pas de locaux et donc, pas de salle d’entrainement. C’est ainsi que depuis un an, tous les licenciés du club s’entrainent, été comme hiver, au Parc de La Tête d’Or, au parc de Parilly ou sur les quais de Rhône. Une situation que les boxeurs et Kamel Hasni aimeraient voir changer au plus vite :

« On a eu un hiver plutôt difficile niveau conditions climatiques, et s’entrainer dehors, malgré les excellents résultats qu’on a obtenus, reste assez compliqué pour les boxeurs ».

 

Handisport aussi

Posséder un local pour y installer le siège de l’association est donc un double enjeu pour le Boxing Lyon United (BLU) Car au delà de l’aspect purement sportif, l’action du club s’articule également autour de « l’insertion des jeunes par le biais du sport ». Pour réussir cette « mission prioritaire », le BLU développe déjà un projet ambitieux :

« En matière d’aide sociale, c’est un vrai travail en profondeur que nous voulons faire auprès des jeunes. Pour cela il y a trois grands traits dans notre projet : en premier lieu la boxe éducative qui consiste à former et éduquer les jeunes avec l’assistance d’écoles et universités partenaires.

Quand ils viendront s’entrainer il auront droit à une heure de soutien scolaire car pour nous il est essentiel de leur faire comprendre que l’école passe avant la boxe. Pour les plus grands, nous avons déjà mis en place cette année des partenariats avec des entreprises pour faire signer des stages, des contrats d’apprentissage ou des CDI avec nos boxeurs.

Le dernier aspect de notre travail consiste à monter une section handi-boxe et faciliter l’intégration des personnes handicapées via le sport ».

 

« Être pris au sérieux »

Une tâche qui serait rendue plus facile par la création d’une véritable « école de boxe ». Elle allierait sport et assistance scolaire et sociale, selon les souhaits de Kamel Hasni. Mais pour cela l’intervention des collectivités pour l’attribution de locaux semble indispensable :

« Avoir ces locaux nous permettrait d’être plus structurés, d’être davantage pris au sérieux. Ca nous permettrait également d’assoir nos activités en présentant une vitrine pour notre projet d’insertion.

Actuellement il nous est parfois délicat de nouer des partenariats, car certaines entreprises, organismes ou sponsors sont refroidis par le fait que nous n’ayons pas de club à proprement parler. »

Kamel Hasni, pour croire en son objectif, cultive la boxing-philosophie :

« Comme je dis à mes boxeurs : Dans la vie, comme sur le ring, il ne faut rien lâcher. On peut prendre des coups, mais l’important c’est de se relever et d’avancer. Le travail paye toujours. »

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