Politique 

Gabriac récidive en Italie : salut fasciste à la mémoire de Mussolini

Un an après avoir été exclu du Front National pour un bras tendu devant le drapeau nazi, le conseiller régional Alexandre Gabriac fait reparler de lui pour un salut fasciste, à la mémoire de Mussolini.


Alexandre Gabriac lors de la manifestation de son groupuscule, les Jeunesses nationalistes à Lyon en janvier. Photo : Mickaël Draï

Le 28 avril dernier, en Italie, au cimetière de Crémone (en Lombardie), une soixantaine de néo-fascistes italiens a commémoré l’exécution de Benito Mussolini.

L’information a été relayée par le journal italien Cremona Oggi puis en France par le site d’info streetpress.

Car, aux côtés des néo-fascistes italiens, notamment ceux de la Casa Pound, se trouvait le lyonnais Alexandre Gabriac, conseiller régional de Rhône-Alpes, exclu du FN pour un salut nazi.

Rien d’étonnant puisque le plus jeune conseiller régional de France (21 ans) entretient de très bonnes relations avec ses homologues italiens, avec qui il partage la même nostalgie.

Pour rendre hommage à Mussolini, Alexandre Gabriac et ses amis ont sorti le grand jeu. Comme le montrent les photos publiées par le journal italien, l’élu de Rhône-Alpes revêtait une chemise bleue, l’uniforme des admirateurs de Pétain de l’Oeuvre Française. Il était également accompagné de trois autres Français dont certains tenaient le drapeau à croix celtique de l’Oeuvre Française et portaient un t-shirt à l’aigle doré des Jeunesses nationalistes, le groupuscule fondé par Gabriac lui-même et qui a manifesté à Lyon le 14 janvier dernier.

 

Uniforme, Ray-Ban et bras tendu

Sur une autre photo, on voit Alexandre Gabriac, Ray-Ban sur le nez, exécutant un nouveau salut fasciste.

C’est ce cliché qu’un élu Europe Ecologie Les Verts, Eric Piolle, a tenu au Conseil Régional de Rhône-Alpes réuni en assemblée plénière mercredi après-midi :

« Sur le site web de son organisation, il est écrit « urnes, cercueil de vos illusions ». La démocratie pose manifestement un problème à Alexandre Gabriac. C’est ce qu’il marque par ses voyages. Car avant l’Italie, il y avait l’Espagne où il s’est affiché avec des Phalangistes pour rendre hommage à Franco ».

Le président (PS) de la région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne, a promis de saisir le ministre de la Justice du Gouvernement Ayrault au sujet du bras tendu mussolinien.

Absent de l’hémicycle régional, Alexandre Gabriac a tenu à s’expliquer. Dès le lendemain de l’assemblée plénière, ce jeudi 17 mai, un texte a été posté sur le site des Jeunesses nationalistes, avec pour titre « Le salut à la romaine ou olympique », où l’on apprend que « la civilisation, c’est d’abord la politesse » :

« Chaque fois qu’un homme s’engage à servir (…), il lève naturellement le bras droit plus ou moins haut avec la main bien ouverte ».

Sur une quarantaine de lignes, Alexandre Gabriac (ou sa plume) tente de convaincre que le bras droit tendu avec la main ouverte est le « symbole le plus répandu de l’humanité civilisée » : du « légionnaire de Rome au barde celtique, de l’athlète olympique au chevalier médiéval », « de Saint-Louis au Maréchal Pétain », même « en 1936 à Berlin où toute l’équipe nationale française participante salua unanimement de la sorte la tribune officielle ». Précision absente du texte : il s’agissait des Jeux Olympiques organisés sous le régime nazi, avec, à la tribune officielle Adolf Hitler.

La conclusion des Jeunesses nationalistes va de soi : ceux qui considèrent que le bras tendu renvoie aux régimes fascistes sont les « tenants de la main fermée », comprendre « les marxistes », et les « tenants de la main cachée », comprendre « l’alliance des forces occultes dirigeantes et des puissances du gros argent corrupteur ».

Bref, un parfait argumentaire d’extrême droite.

 

Un « observatoire régional de l’’extrême droite » ?

Le conseiller régional Gauche unitaire (membre du Front de gauche), Armand Creus propose d’aller au-delà de « coups médiatiques » pour dénoncer le « vrai visage » de l’extrême droite : « Pourquoi ne pas mettre sur pied un « observatoire régional de l’’extrême droite » dans et hors l’’institution régionale ? » :

« C’’est ensemble que la majorité de gauche du Conseil Régional avec l’’aide de son Président doit combattre dans la durée l’’extrême droite , ses positionnements et ses pratiques au Conseil Régional ; isoler et combattre les élus néo-nazis en examinant tous les moyens légaux pour les empêcher de nuire en lien avec le mouvement antifasciste et démocratique régional ».

 

Aller plus loin

Article mis à jour le 18 mai à 11h55, suite au communiqué de Gauche unitaire

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L'AUTEUR
Laurent Burlet
Laurent Burlet
Journaliste à Rue89Lyon - politique - questions sociales - écologie.
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