Cultures 

Nuits Sonores 2012 : des choix de ministre

A partir de ce mercredi soir, le son monte. Le festival Nuits Sonores s’implante notamment dans un nouveau lieu, les usines Brossette (à côté des locaux de Rue89Lyon, c’est gentil on pourra se coucher directement près de la machine à café), et s’offre quelque 300 artistes dont quelques uns que l’on estime incontournables. Le festival se fait plaisir pour ses dix ans d’existence, et nous, on vous propose une micro sélection aux oignons.

Pour démarrer ce mercredi soir : James Murphy à Nuits Sonores, c’est l’un des concerts de l’édition 2012 qui nous motive particulièrement et qui devrait permettre d’assurer le marathon annuel lyonnais. Le fondateur de feu LCD Soundsystem est un ingénieux maître du rythme qui transpire sur scène et sait coordonner les douze idées qu’il a à la minute. Un modèle.

Hop, deux heures plus tard ce même soir c’est James Holden qui peut tenir la corde, en producteur au nez creux et qui n’édite que de la bonne came dans son label Border Community. Et qui ne fera qu’en servir s’il est honnête…

Jeudi fin de journée, pas de répit car en plus des trois nuits le festival propose une programmation de jour dans la cour de l’Hôtel Dieu. Un peu d’amour surtout s’il ne pleut pas, va s’infiltrer dans l’ancien hôpital avec les Pachanga Boys dont le seul nom donne déjà envie de siroter des trucs improbables en portant des lunettes de soleil. Cela s’appelle de la hippie dance et un jour férié, ça sonne parfaitement.

Toujours dans ce lieu qui n’aura jamais réuni autant de gens en bonne santé en même temps, c’est à Modeselektor que notre préférence ira pour commencer la soirée de samedi. Les deux Djs issus de la scène underground berlinoise ont sorti un album, Monkeytown, en 2011, mais ils entament seulement leur tournée avec, pour première étape, Lyon.

 

Le secret des parrains
Samedi soir, deux scènes de l’usine Brossette sont programmées, bouclées, avec notamment le jeune lyonnais Spitzer qui devrait attirer toute l’adolescente faune de la presqu’île, mais aussi le pionnier du dubstep, Kode 9, pour mélanger un peu les publics. En revanche la troisième scène revêt la mystérieuse mention de « secrète ». Il s’agit donc de la scène « anniversaire », et on n’ose pas imaginer qu’il se fasse sans Agoria.

Pronostics à faire pour ce pari risqué de couvrir d’un drap une partie des concerts de ce samedi. Laurent Garnier n’apparaissant pas non plus dans la prog 2012, on peut se demander si, en tant que parrain du festival qui lui a offert de nombreux moments mémorables, le Dj faire une apparition dans l’obscurité du samedi ? Notons que Jean-Michel Jarre passera aussi par là ce mercredi après-midi pour une conférence-atelier autobiographique, on pourrait donc organiser un combat de rue entre les deux messieurs pour décerner le titre de pape de la techno (de masse d’un côté, plus pointue de l’autre) à qui de droit.

 

Plans d’archéologie et bon film

Dimanche, s’il reste du jus, le groupe Mudhoney peut l’aspirer jusqu’à la dernière goutte. Culte : une fois de plus, on use de cet adjectif éculé pour qualifier quelques uns des invités de de Nuits Sonores puisque le festival fait depuis sa première année d’existence un travail de défrichage, mais aussi d’archéologue de la musique en conviant dinosaures-repères de l’histoire de la musique.

Parmi eux, cette année est-il besoin de le rappeler, le joli coup du festival s’appelle New Order et est aussi programmé dimanche soir. Certains oiseaux de mauvais augure se rongeant les ongles prédisent un concert décevant : de toute façon il est complet depuis quelques semaines déjà, et on promet un bilan le lendemain pour savoir si la joyeuse division phare des années 1980 sait toujours aussi bien vendre ses nappes sombres et lyriques.

En prévision, des baskets et des boules Quiès pour être paré à mener de front la dixième de Nuits Sonores, mais aussi un cerveau. Le but n’est pas de perdre trop de neurones pendant les festivités, voire de les nourrir : Jérémy Rifkin, économiste, architecte et théoricien de la « troisième révolution industrielle », conseiller spécial au Parlement européen, tient conférence ce vendredi soir. A l’éthique et aux biotechnologies, au virage du monde contemporain, et à la fin de l’ère industrielle, il faut bien de l’illustration, avec basses, boucles répétitives et les mouvements de foule, on est en plein dans le bon film.

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L'AUTEUR
Dalya Daoud
Dalya Daoud
Redchef à Rue89Lyon.
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