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Confluence : l’absence de métro est une « erreur historique ». Oui, mais quelle histoire ?

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Les samedis, depuis l’ouverture du Pôle de loisir à la Confluence, dans le quartier, c’est trams bondés et bouchons

Et le lundi, ça chauffe donc au conseil communautaire du Grand Lyon.

Ce 16 avril, l’opposition de droite a sonné la charge contre la politique de transports en commun mise en place pour la Confluence.
Le député UMP Michel Havard a qualifié d’ «erreur historique qu’il faudra corriger» l’absence de prolongement de la ligne A de métro jusqu’à la Confluence :

« C’est mieux d’avoir un tramway que rien du tout. Mais avec l’ouverture au fur et à mesure des bâtiments, se pose la question de l’accessibilité. Le tramway est une partie de la solution. (…) Se pose la question de l’accessibilité en voiture. Et c’est là que le bât blesse. (…) Il y a nécessité à ouvrir de nouvelles voiries et de nouveaux parkings. »

Le président du Sytral (l’autorité organisatrice des TCL), Bernard Rivalta (PS) a défendu la politique de transports de la majorité actuelle. Elle vise, pour la Confluence, à prolonger le tramway T1 de la station Montrochet (terminus actuel) à la station de métro Debourg (à Gerland), via un nouveau pont, déjà nommé Raymond Barre :

« Pourquoi n’avez-vous (la droite, ndlr) pas prolongé le métro A avant ? La gestion d’une agglomération est une question de mémoire. Le métro jusqu’à Gerland, c’est Michel Noir. Pourquoi n’a-t-il pas prolongé la ligne A sous Perrache ? Car il a considéré que ça prendrait trop de temps et que ça coûterait trop cher. C’est pourquoi il a décidé de rejoindre Oullins par Gerland en prolongeant la ligne B. Je n’ai fait que continuer. C’est la création du centre Perrache qui est une erreur historique et qui nous empêche de traverser avec le métro ».

Avec 324 000 personnes accueillies la première semaine, le Pôle de loisir est un succès selon le président du Grand Lyon, Gérard Collomb (PS), qui en a rajouté une louche :

« Nous ne souhaitions pas faire un centre commercial d’ancienne génération où tout le monde vient avec sa voiture. Là, seulement 30% des consommateurs viennent en voiture ; 52% sont venus en transport en commun ».

Le mot de la fin est revenu à l’ancien adjoint à l’urbanisme de Lyon et actuel conseiller municipal de Villeurbanne, Henri Chabert (UMP), qui s’est fait historien :

« Vous refaites l’histoire ! Sous Michel Noir, le premier plan de déplacement urbain du début des années 90 prévoyait une structuration de l’agglomération avec le métro. C’est l’équipe de Raymond Barre qui a décidé de ne pas prolonger le métro A. Personnellement, j’ai toujours été favorable à ce prolongement ».


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3 Commentaires postés

  1. Les réécritures de l'histoire… sauf que dans les années 1990, il était déjà quasiment acté que le métro n'irait pas au-delà de Perrache, car le prolongement implique de reprendre le tunnel existant pour faire passer le métro sous les trémies de l'autoroute. Dans l'histoire, le fautif, c'est Pradel qui a retenu la solution économique à court terme du métro au niveau 0 (voirie place Carnot), alors que le projet initial de 1972 prévoyait le terminus au Cours Suchet !
    Donc sous Noir, on savait déjà que le coût du prolongement serait dissuasif… et on a laissé le sujet de côté. Barre a eu le mérite de faire quelque chose, et surtout quelque chose d'évolutif.
    Il faudra prolonger T2 au confluent et créer le terminus au sud du centre commercial. Le prolongement de T1 à Debourg proposera une nouvelle solution pour accéder au confluent sans passer par Perrache.
    Et surtout, il faut créer une station pour les TER de Lyon – Givors : la ligne de chemin de fer dispose de capacités encore importantes et on pourrait avoir une desserte au quart d'heure depuis Oullins, Pierre Bénite, Vernaison, Grigny et Givors !
    Après, question de fond : développer de façon aussi importante un quartier qui n'a que deux points d'entrée, était-ce le plus rationnel ?

  2. j'irais plus loin c'est la SNCF qui a interdit le passage du métro sous les voûtes maintenant il y a le tramway