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Grève : Les éboueurs lyonnais condamnés pour entrave à la « liberté du travail »

Sept représentants syndicaux des éboueurs lyonnais étaient jugés mardi pour avoir mis en place des piquets de grève devant les dépôts de Lyon-Gerland et Villeurbanne, depuis le début du conflit, le 12 mars, opposant les éboueurs et le Grand Lyon.

 

Ce jeudi après-midi, le tribunal de grande instance (TGI) de Lyon a rendu son verdict.

 

Il a reconnu « le trouble manifestement illicite consécutif aux entraves à la liberté du travail » et les «agissements compromettant la sécurité des personnes et des biens commis par le personnel en grève ».

 

 

En constatant, « l’existence d’un péril imminent, du fait de la possibilité de réitération de ce trouble », le juge autorise le Grand Lyon a faire appel à la police pour déloger les grévistes si ceux-ci se réunissent dans l’enceinte des dépôts.

 

 

Dans un communiqué, le Grand Lyon a tenu immédiatement à réagir :

 

 

« Cette décision garantit le droit à la liberté du travail et donne au Grand Lyon les moyens de le faire respecter y compris par le recours aux forces de l’ordre. Ce n’est pas là, évidemment l’intention du Grand Lyon qui continue à vouloir privilégier le dialogue ».

 

 

En terme de dialogue social, les marges de discussions restent faibles, puisque dans ce même communiqué, le Grand Lyon rappelle qu’il ne reviendra pas sur sa volonté de confier Lyon et Villeurbanne aux entreprises privées.

 

 

« C’est pour répondre aux recommandations de la Chambre Régionale des Comptes qu’il a modifié la répartition géographique entre régie et entreprises, sur une base qui garantit toujours un équilibre 50/50 entre les entreprises et les agents communautaires ».

 

 

Or cette nouvelle « répartition entre régie et entreprises » est précisément l’objet initial de la grève : s’opposer à ce que l’intersyndicale nomme une « privatisation rampante » de la collecte des déchets.

 

Le Grand Lyon se dit « prêt à poursuivre la discussion sur toutes les autres propositions que pourraient faire les organisations syndicales pour améliorer les conditions de travail des agents ».

Pas sûr que ce soit suffisant pour engager des négociations.

 

 

Ce jeudi matin, l’ensemble des agents du Grand Lyon étaient appelé à faire grève « pour la sauvegarde du service public » et « le respect du droit de grève ». Selon le Grand Lyon, 10% des agents ont cessé le travail, soit précisément 481 personnes. Ils étaient 48,37% pour le seul secteur de la collecte des déchets (chiffres Grand Lyon).

 

Selon les sources, entre 350 et 400 personnes se sont rassemblées ce matin à l’extérieur puis à l’intérieur du siège de la communauté urbaine, rue du Lac (Lyon 3e).

 

Le directeur général des services, Benoît Quignon a reçu une délégation. Dans un communiqué, l’intersyndicale* considère comme un « préalable inacceptable », le fait que toute discussion doit se faire dans le cadre du dispositif exposé par le président Gérard Collomb (PS)  le 9 mars. Ce jour-là, il avait fait des propositions mais également réaffirmé le retrait de la régie de Lyon et Villeurbanne.

 

« Ce n’est pas cela une négociation entre deux parties qui nécessite une avancée de part et d’autre ».

 

L’intersyndicale demande une nouvelle réunion avec Gérard Collomb.

 

Ce vendredi matin, au 12e jour de grève, les éboueurs se sont donc réunis devant les dépôts de Lyon et Villeurbanne. Selon l’intersyndicale, ils ont revoté « massivement » la grève. Selon le Grand Lyon, ils seraient 41% (contre 48,37% jeudi).

 

« Malgré ces entraves au droit de grève (le refus du Grand Lyon d’autoriser la tenue d’AG dans l’enceinte des dépôts, ndlr), les personnels (…) ont reconduit massivement et avec détermination la grève ».

 

L’intersyndicale attend, comme une décision du juge le prévoit, que le Grand Lyon « fournisse tous les jours aux organisations syndicales, le nombre d’intérimaires et le nombre d’agents en arrêt maladie ».

 

Un préavis de grève a été déposé pour les agents de la Ville de Lyon et de tous les agents des mairies du Grand Lyon.

 

 

 

*CGT, UGICT-CGT, FNACT-CFTC, CFDT, FO, FA-FPT, UNSA

 

 > Article actualisé le 23 mars à 12h

 

 

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