Société 

Ne dites pas « expulsion » : les Roms virés du gymnase de Vaulx-en-Velin

Ce mardi matin, la police est intervenue vers 9h30 pour « inviter à partir » une cinquantaine de personnes hébergées dans un gymnase municipal de Vaulx-en-Velin. Mais ni la mairie communiste, ni la préfecture du Rhône ne parlent d’expulsion. Et pour cause, le tribunal n’avait pas encore rendu sa décision.

Depuis quatre jours, une soixantaine de personnes séjournait dans ce gymnase du quartier de La Soie à Vaulx-en-Velin, suite à l’incendie d’un ancien entrepôt de Vaulx-en-Velin transformé en squat d’habitation. C’était même le plus important au sein de l’agglomération lyonnaise avec 140 personnes.

Gilberte Renard, militante associative du collectif Rroms raconte l’expulsion de ce matin :

« Le maire de Vaulx-en-Velin, Bernard Genin, était présent jusqu’à 8h30. La police est arrivée peu de temps après son départ. Ils étaient une quinzaine. Ils ont rassemblé la cinquantaine de personnes encore présente (la préfecture parle de 25 personnes, ndlr), ceux qui n’étaient pas partis faire la manche. Ils ont contrôlé leurs papiers et relevé les identités. Aucune Obligation à quitter le territoire français (OQTF) n’a été délivrée. Ensuite, les policiers leur ont dit de préparer leurs affaires et de partir ».

 

La préfecture du Rhône et la mairie ne parlent pas d’expulsion

La mairie de Vaulx-en-Velin comme la préfecture ne veulent pas employer le mot qui fâche. Et pour cause. La mairie communiste disait, jusqu’à lundi soir, qu’elle attendait la réponse du tribunal administratif de Lyon pour les expulser. Après avoir pris l’initiative de les héberger, le maire Bernard Genin avait dès le vendredi pris un arrêté de fin d’occupation des lieux afin, disait-il dans un communiqué, « de mettre l’Etat, et donc ses représentants, devant leurs responsabilités dans cette situation ».

La préfecture du Rhône attendait la décision de justice pour procéder à une expulsion. Elle ne peut donc parler également d’expulsion. Selon la porte-parole de la préfecture, environ 25 personnes sont parties d’elles-mêmes suite à un contrôle par la Police de l’air et des frontières (PAF) :

« Les policiers ont procédé à des contrôles d’identité, parce qu’il y avait des personnes en situation irrégulière. Contrôles effectués en signifiant aux gens qu’ils ne pouvaient pas entrer dans le gymnase et qu’il y allait y avoir une intervention dans l’après-midi. Quarante minutes après, les gens sont partis d’eux-mêmes. (…) On a simplement dit aux gens qu’ils ne pouvaient pas rester là, puisqu’ils occupaient le gymnase illégalement».

A la mairie de Vaulx-en-Velin, on réagit « positivement » par la voix de Jean–Luc Joubert, directeur du cabinet du maire :

« Parce qu’on souhaitait que le gymnase ne soit plus occupé. Il va être nettoyé aujourd’hui pour être rendu à ses fonctions, l’accueil des écoles et des clubs sportifs ».

Mais le directeur de cabinet ne veut pas employer le terme expulsion. Il dit même que la mairie n’était pas au courant d’une intervention d’une équipe de police dans un de ses bâtiments :

« On n’a pas été prévenu de l’intervention de la préfecture. J’étais présent quand la PAF s’est présenté à 9h45 au gymnase. C’était un contrôle d’identité comme il y en a habituellement. Les gens sont partis directement, il n’y a donc pas eu d’expulsion, ce n’était pas un déplacement de force. Peut-être qu’ils voulaient faire un petit contrôle avant la décision du tribunal ».

Certes, ces Roms ont été invités à partir et s’ils avaient refusé, la police n’aurait rien pu faire. Mais ces personnes sont désormais à la rue et ne peuvent pas retourner dormir ce soir dans le gymnase. Si ce n’est pas une expulsion, ça en a le goût.

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