Cultures 

C’est bien beau d’être artiste : #6 Florent Maudoux

Yatta! / Fer de lance du Label 619, subdivision de la maison d’édition Ankama, Florent Maudoux, la trentaine passée, fait partie des rares auteurs de bande-dessinée à vendre de gros volumes. Edité en cinq tomes, Freaks’ Squeele a été tiré à un peu plus de 60 000 exemplaires. Des chiffres plus qu’encourageant pour le Lyonnais formé à l’école des Gobelins, qui nous livre, avec cette bande-dessinée,  une aventure inventive et divertissante, enfant illégitime d’un manga et d’un comic book, biberonné à la pop culture ricaine et nipponne. Comment résister alors à la tentation de le soumettre à notre questionnaire sobrement intitulé « Orgueil et préjugés » ?

 

Votre premier geste artistique ?

Qu’est-ce que l’art ? Peut-il être le fruit du hasard ou d’une action inconsciente ? Vaste question qui en soulève tant d’autres que je ne peux pas répondre succinctement.

 

Avec lequel de vos parents pensez-vous avoir un problème ?

Bof rien de bien anormal. Un amour Oedipien pour ma mère et la volonté farouche d’être l’homme que mon père aurait voulu être. La vie d’un type comme tant d’autres.

 

Quelle pratique artistique trouvez-vous intolérable ?

Du moment qu’on ne crée que pour flatter son propre ego c’est intolérable, n’est-ce pas ?

 

Quelle est la plus grosse arnaque artistique ?

Une performance qui ne consisterait qu’à assouvir la soif d’exhibitionnisme de l’individu qui se prétend artiste.

 

Votre pire souvenir en dédicace ?

D’en avoir retrouvé une en vente sur Internet, malgré le nom de la personne inscrit dessus. Christophe, je te retrouverai et j’aurai ta peau.

 

Quel politicien serait le plus en phase avec votre travail ?

Michel Rocard. Mais depuis Quai d’Orsay j’apprécie de Villepin qui a beaucoup de classe malgré le fait qu’il soit homme de droite.

 

Le dernier produit culturel consommé ?

One piece tome 548

 

Avez-vous déjà sacrifié votre art pour de l’argent ?

Je suis un raconteur d’histoire et j’ai essayé de trouver une écriture dans mon dessin. Ce qui m’a toujours éloigné de quelconques velléités artistiques. Peut-être qu’on peut considérer que la narration et la mise en scène sont des arts. Auquel cas j’ai déjà refusé des contrats prestigieux pour ne pas avoir à mettre de l’eau dans mon vin. Plus prosaïquement, je n’ai rien sacrifié à ma vision éditoriale de Freaks pour l’argent ou le succès. En cela je considère être un enfant gâté de la BD.

 

Et sinon, vous avez un vrai métier ?

Oui je suis auteur de BD à plein temps. Je le dois à ma fainéantise et mon esprit scientifique qui m’ont poussé à toujours rechercher le meilleur résultat reproductible avec le minimum d’effort à fournir. Je dois aussi ma productivité à ma mère et à mon père, anciens immigrés tous les deux, qui m’ont transmis cette capacité très saine à être heureux avec ce qu’ils ont.

 

Freaks’ Squeele, par Florent Maudoux

 

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