Le maître et l’élève ? Dans une correspondance électronique révélée par les Antifanonymous, datant du 26 juin 2009, Bruno Gollnisch, conseiller régional et député européen FN, transmet pour examen à Robert Faurisson l’ébauche d’un texte qu’il prévoit de prononcer au cours d’une conférence de presse. Elle a été programmée le 29 juin 2009 pour faire suite à la décision de la cour de cassation d’annuler sa condamnation en 2007 pour contestation de crimes contre l’humanité.
Bruno Gollnisch semble avoir voulu prendre conseil auprès d’un expert en la matière. Robert Faurisson, ancien prof à l’université Lyon-II et essayiste négationniste, s’est fait connaître en envoyant au journal Le Monde une désormais célèbre tribune, intitulée « Le Problème des chambres à gaz, ou la rumeur d’Auschwitz ». L’élu frontiste semble craindre, dans sa missive, la réaction de son interlocuteur : « Sans doute certains passages vous déplairont-ils », écrit-il à Robert Faurisson.
« Gluant ! »
Bruno Gollnisch n’a pas eu tort dans son appréhension, car la réponse de Robert Faurisson est sans appel :
« Ainsi que je vous l’ai dit lors de notre conversation téléphonique de ce jour, vous vous êtes, une fois de plus, “déculotté” en fin de course. Après votre procès devant Schir (président du TGI de Lyon, Ndlr), vous m’aviez dit qu’à la suite de l’incroyable concession que vous aviez faite publiquement à Jakubowicz, vous vous sentiez “gluant”. Vous voilà à nouveau “gluant” ! »
Le professeur négationniste fait référence à la demande qu’Alain Jackubowicz, alors avocat de la Licra, avait fait à Bruno Gollnisch, l’exhortant à reconnaître lors de son procès public l’existence du génocide juif et des chambres à gaz. L’élu FN s’était exécuté.
Joint par Rue89Lyon, Bruno Gollnisch n’a pas voulu s’étendre, dénonçant la pratique de « gens qui se vantent de violer la correspondance ». Sur la réalité d’une relation entretenue avec Robert Faurisson, l’élu FN botte en touche :
« Je suis un résistant, vous savez, je ne donnerai donc aucune réponse à la Gestapo ni même au KGB, à la police secrète de la pensée (…). Je ne me prononcerai pas sur cette correspondance, réelle ou imaginaire ».
Bruno Gollnisch a estimé bon de nous préciser qu’il reçoit environ 200 mails par jour et qu’il ne les ouvre pas tous. Les Antifanonymous l’auraient donc fait pour lui.
#opLyonpropre
Ces hackers « antifacistes » qui ont adopté le terme « anonymous » ont démarré leur action baptisée Opération Lyon propre le jour de la manifestation organisée par Alexandre Gabriac, le 14 janvier dernier. Elu au conseil régional, exclu du FN pour être apparu sur une photo le bras levé, laissant peu de place au doute sur sa capacité à faire le salut nazi, a réuni à Lyon sous la bannière « Jeunesses nationalistes » plusieurs centaines de manifestants portant attirail et discours néofascistes.
Depuis, Opération Lyon propre s’est fait remarquer en piratant notamment le compte e-mail de Steven Bissuel, responsable du GUD (Groupe union défense), un mouvement étudiant d’extrême-droite. Le contenu de cette correspondance révélait la stratégie de campagne du mouvement, préconisant notamment de séduire les filles, de mettre en avant un côté « gentleman fasciste » et de porter des Ray-ban.
Autre fait d’arme : le compte Twitter du syndicat étudiant marqué très à droite, UNI-Lyon, a été détourné, désormais pris en main par le groupe de hackers.
Les trois « anonymous » qui revendiquent l’ensemble de ces actes ont déclaré au nouvelobs.com « vouloir interpeller le grand public sur ce qui se passe à Lyon » :
« La ville est un point de convergence de l’extrême-droite française. C’est pour cela que nous avons ciblé les principaux moteurs du renouveau du fascisme dans la jeunesse lyonnaise. »
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