Cultures 

C’est bien beau d’être artiste : #4 Mathieu Coniglio

Il incarne pleinement cette génération qui jongle avec l’écriture de « one-man », les rôles dans les cafés-théâtres ou dans le registre classique. Ce jeune comédien commence à avoir le profil du bourlingueur, pas étonnant, quand on sait qu’il a débuté auprès de Joëlle Sevilla, la Dame Séli dans Kaamelott. À l’affiche de différentes pièces au Rideau Rouge et au BouiBoui (Lyon), Mathieu Coniglio nous promet de très belles créations encore au stade de l’écriture.

Mathieu Coniglio
Crédit photo @Nans Kong Win Chang

Votre premier geste artistique ?

D’avoir découpé une trentaine de tulipes fraîchement plantées par ma grand mère, avec mon épée de Zorro. Mon premier costume, mon premier personnage, mon premier retour public : cinq ou six fessées en mode ressort de la part de ma mère. Un carton…

 

Avec lequel de vos parents pensez-vous avoir un problème ?

Aucun des deux. Enfin je crois… (Maman, Papa si vous lisez ça et qu’on a un problème c’est le moment de vous manifester. Je suis grand maintenant je peux comprendre…) Après je pense que créer est un bon moyen de canaliser ses névroses. (De toute façon même sans le divorce j’aurais probablement été comédien…) Mais ce n’est pas le seul. Nous sommes tous un peu névrosé, et pourtant nous ne créons pas tous. Selon moi créer, artistiquement parlant, c’est avant tout une question de choix. Qu’est que je veux faire ? Qu’est ce que je veux dire ? Et comment je veux le dire ? (T’as vu Maman, je suis enfin organisé !!!!)

 

Quelle pratique artistique trouvez-vous intolérable ?

Intolérable c’est peut être un peu fort. Insensible serait plus approprié et du coup dans ce cas là, je dirais le didgeridoo… Je sais même pas si ça s’écrit comme ça. Alors je sais, les mauvaises langues vont dire que je m’y connais pas. Oui c’est vrai. Et c’est pour ça que je suis allé sur YouTube. Et ben même en regardant des mecs qui « jouent bien », ça m’a rien fait.

 

Quelle est la plus grosse arnaque artistique ?

Les grandes pièces du répertoire classique trop souvent massacrées dans les TNP ou autres grands lieux de la scène française. C’est sensé être un hommage aux textes les plus beaux qui ont jamais été écrits et au final c’est l’inverse. C’est déclamatoire, ça sonne faux et c’est tout simplement infondé. Ça me donne sérieusement l’impression qu’il ne comprennent pas ce qu’ils disent, pire qu’ils ne comprennent pas ce que l’auteur a voulu dire, et je trouve ça dramatique. Pourquoi quand on parle de Molière ou Shakespeare ça paraît lourd et indigeste ? Parce que ces gens là entretiennent ce mythe, que le théâtre doit être chiant pour être brillant. Tout ça bien sûr, largement subventionné par l’état… On sent que ça me touche ou pas ?

 

Votre pire souvenir en spectacle ?

J’en ai pas. Pour l’instant en tout cas. Du coup je dirais « voir quelqu’un prendre un bide sur scène et ne pas savoir le gérer ». Ça me rend profondément mal à l’aise au point de vouloir quitter la salle. Alors on le sait, le bide existe, il fait parti du métier et il faut savoir le gérer. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire…

 

Quel homme politique serait le plus en phase avec votre travail ?

Eva Joly, parce que comme elle, j’ai un grand côté comique. François Hollande, parce que moi aussi j’assume ma part de féminité. Marine LePen, parce que moi aussi je veux « tuer le père ». Et Sarkozy, pour mon côté je me la pète. Je précise au passage que je tape cette interview sur mon nouvel iPad…

 

Le dernier produit culturel consommé ?

« Pipo et Molo » au Boui Boui et « Dans ta bulle » aux Tontons Flingueurs. Deux univers très différents mais tout deux magnifiques, et que l’on a rarement l’occasion de voir au théâtre. Oui je sais, ça fait deux produits culturel mais on m’a dit « fais ce que tu veux, t’as carte blanche ». Ben voilà, c’était mon côté rebelle…

 

Avez-vous déjà sacrifié votre art pour de l’argent ?

Sacrifié non. Après en tant que comédiens, on est amené à un moment donné à jouer des choses qui nous plaisent moins. Pour moi, il faut prendre ça comme un challenge. Si on arrive à se surprendre soi même alors c’est gagné. Je trouve ça important pour le processus créatif de s’imposer des contraintes de temps en temps. C’est ce qui permet d’évoluer.

 

Et sinon, vous avez un vrai métier ?

Et bien non, mon vrai métier c’est bien celui de comédien et auteur. Et j’en vis grâce au statut d’intermittent. Et pour le valider ce statut, il faut en faire des dates, croyez moi. Bon après je pense que j’ai choisi une discipline artistique qui est bien plus vivable que d’autres. Par exemple j’ai des potes musiciens qui font autant, voire plus de dates que moi mais qui sont incapables de valider un statut d’intermittent. Jouer dans un lieu c’est bien, se faire déclarer c’est mieux. Pour en vivre en tout cas…

 

Si vous l’avez raté dans la pièce « Les apprentis, Braquage à la Bolognaise »,  voilà de quoi vous rattraper :

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