La 89ème minute
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Jusqu’au bout de l’extrême limite

actualisé le 14/09/2013 à 16h22

L’OL devait, avec l’aide du Real Madrid, rattraper un retard de sept buts sur l’Ajax. Les Espagnols ont joué le jeu à Amsterdam (0-3) mais les Lyonnais, sur la pelouse de Zagreb, ont fait le plus dur tous seuls (1-7). Enfin presque.

 

On ne jouera pas ici les esprits chagrins. S’il a bénéficié d’une totale réussite, l’OL a réalisé l’un des exploits les plus dingues de son histoire. Un exploit particulier, bizarre même, qui n’est pas intervenu au terme d’une rencontre face à un géant d’Europe mais qui, niveau suspense, se place là. Un exploit qui justifie d’être descendu à la hâte chez l’épicier acheter un pack de bière deux fois et demi le prix du marché, parce que, quand même, c’était une soirée de Ligue des champions. Et peut-être même la dernière avant longtemps.

L’investissement n’aura pas été vain. Jean-Michel Aulas ne l’aurait peut-être pas fait, tout à sa volonté de rationaliser au maximum les dépenses du club en attendant d’entrer dans son futur Stade des Lumières en 2014. Une politique provisoire de rigueur qui donne encore plus d’éclat à cette qualification, la neuvième d’affilée, pour les huitièmes de finale de la compétition la plus relevée du monde. Un coup de génie ? Peut-être, même si une élimination dès le prochain tour et/ou, pire encore, une non-qualification pour l’édition suivante (si le club ne parvenait pas à terminer parmi les trois premiers championnat) atténueraient la portée symbolique du miracle. Un coup de pot ? Assurément.

 

L’arbitre était à 1400 km de l’action

Alors que les observateurs fustigent les clubs français qui prennent la Ligue Europa par dessus la jambe, mettant en péril l’indice UEFA de la France (meilleur il est, plus le pays peut présenter de clubs en compétition européenne), Rémi Garde semblaient anticiper la alors-future-probable participation de son équipe à l’épreuve consolante. Le coach lyonnais avait choisi de ne pas aligner les Réveillère, Källström ou autre Lisandro Lopez. Un choix étonnant qu’il aurait eu bien du mal à justifier si la qualification lui avait échappé pour un ou deux buts. Mais il ne voyait pas l’intérêt de cramer ses cadres pour un combat perdu d’avance.

Pourtant, à Amsterdam, le Real, cet allié de circonstance qui n’avait rien à attendre de la soirée, assurait sa mission « pour la beauté du geste » en ouvrant le score dès la 14e minute. Un petit quart d’heure plus tard, à 1400 kilomètres de là, le Dynamo Zagreb, qui lui aussi jouait pour du beurre puisque déjà éliminé, se retrouvait à dix après l’expulsion de son milieu Leko. Il manquait toujours six buts (et c’est beaucoup six buts), mais la dynamique était positive. Les cinq minutes suivantes constituaient le premier gros tournant de la soirée : par deux fois l’Ajax pensait égaliser ; par deux fois l’arbitre portugais Manuel De Sousa, dont c’était la première à ce niveau, refusait des buts valables. Des décisions, prises avec son assistant, qui se jouaient à pas grand-chose à chaque fois mais qui allaient changer, sinon le cours de l’Histoire, au moins l’histoire.

 

Gomis a un Giroud dans chaque jambe

Incorrigibles, les Lyonnais, comme dimanche face à Toulouse (3-2), semblaient incapables de tirer profit de leur chance. Ils encaissaient même un but d’une stupidité infinie après deux arrêts coup sur coup de Lloris (40e). L’égalisation, heureuse, de Gomis, cinq minutes plus tard, ne faisait qu’exacerber le sentiment de gâchis, d’autant plus que le Real, injustice suprême, menait désormais 2 à 0. Tout ou presque restait à faire (cinq buts), mais désormais en seulement 45 minutes.
C’est alors que tout s’est affolé. Les fumeurs n’étaient pas revenus devant leurs écrans, les râleurs n’avaient pas fini de partager de leur exaspération au téléphone que l’OL s’est mis à marquer trois buts en quatre minutes (47-51e). Il restait alors quarante minutes pour en mettre deux autres. Ils seraient marqués, ça ne faisait aucun doute.

Et ils seront marqués : Lisandro, finalement entré, n’attendait pas dix minutes pour apporter sa pierre à l’édifice (64e) avant que Gomis n’inscrive le but de la qualification (70e), son quatrième de la soirée. De quoi rééquilibrer un peu la balance dans le duel médiatiquement biaisée entre le trop décrié attaquant lyonnais et le très hype Montpelliérain Giroud. Bafé Gomis, que l’on renvoie systématiquement à sa supposée maladresse, est peut-être aujourd’hui le meilleur complément de Benzema en équipe de France, comme il l’est à Lyon pour Lisandro. Et il a déjà fait ses preuves au niveau international.
Au Pays-Bas, le Real marquera un troisième but en toute fin de match. Mais l’OL était déjà qualifié depuis… vingt minutes et s’était même permis d’ajouter un septième but, par Briand (75e) qui, comme Gomis sur sa troisième réalisation, se trouvait à la limite du hors-jeu, et pas forcément du bon côté. Nul doute que Monsieur De Sousa aurait été plus pointilleux. Mais il était trop loin de l’action.

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Pierre Prugneau
Pierre Prugneau
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