Politique 

Législatives : au PS, le complexe de la diversité

actualisé le 15/05/2015 à 14h33

Le bureau national du parti socialiste s’est penché mardi soir sur les candidatures à l’investiture, pour les élections législatives de 2012, qui feront suite aux présidentielles. Et sur les quatorze circonscriptions du Rhône, certaines ont donné un peu de travail à Solférino.

BOXE BOXE 3 -® M. Cavalca

« Boxe Boxe » de la compagnie Käfig (Mourade Merzouki) ® M. Cavalca

A la veille du vote interne des militants pour désigner les candidats socialistes aux élections législatives 2012, le bureau national du parti a donné son plan de bataille. Entre les circos réservées « partenaires » (c’est-à-dire à Europe Ecologie Les Verts ou au parti radical de gauche), les circos réservées aux femmes pour respecter la parité, et les circos réservées à des personnes issues de la « diversité », reste peu de place. Des prétendants députés ainsi que des militants grognent, dénonçant l’utilisation abusive et intéressée de l’argument « diversité », parfois sorti du chapeau et qui ne recouvre pas de réalité très précise.

La faute à un flou artistique entretenu. Dans sa convention, le PS met en avant les termes de « diversité » et de « renouvellement », et n’a pas été plus clair, ouvrant des brèches dans lesquelles les candidats à l’investiture auraient tort de ne pas s’engouffrer.

Dans le Rhône, six circonscriptions doivent être réservées à des femmes, et a priori, la 9e et la 13e circonscriptions à des candidats issus de la diversité. Mais la 13e cumule, car elle doit être gelée « femme » et « diversité ». Une voie royale pour Farida Boudaoud, vice-présidente à la Région déléguée à la Culture.

« Il ne manquait plus qu’on demande que la candidate ait un nom qui finisse par « oud » ! », ironise une militante, pour qui ces critères très resserrés sur la 13e circonscription ont été choisis dans le but unique de placer Farida Boudaoud.

Cette élue à la Région, qui a soutenu Martine Aubry pendant les primaires socialistes, présente aussi l’avantage d’avoir intégré le secrétariat national du parti il y a deux ans. Tout cela semblant donc être piloté de Paris, plusieurs militants se disent exaspérés. Si leur vote n’est que consultatif, il doit pourtant exister. C’est pourquoi Emilie Renoux, militante à Décines, a décidé de challenger Farida Boudaoud, alors même qu’elle ne présente pas le fameux critère « diversité ». En tout cas dans son acception la plus répandue :

« Je suis une femme, non élue, j’ai moins de quarante ans, je suis mère de famille et chef d’entreprise, j’estime que je représente aussi une minorité quand on voit de quoi est composé l’assemblée nationale ».

Un courrier est parti hier soir de la fédération du Rhône pour demander à Solférino de revoir sa notion de « diversité », « qui ne peut pas inclure que les critères black ou beurre ». D’autant que de ce point de vue, « le Rhône remplit déjà ces critères », argue Emilie Renoux. Hélène Geoffroy et Nassira Boucherit briguent toutes les deux la 7e circonscription, et Najat Vallaud-Belkacem, adjointe de Collomb et porte-parole de François Hollande, retournera ferrailler contre Dominique Perben sur la 4e circonscription.

Mais la liste officielle des candidats à la désignation par les militants est tombée ce mercredi matin. La proposition faite au bureau national de revoir sa copie sur plusieurs points, et notamment sur celui de la diversité a été retoquée, et Farida Boudaoud est donc la seule candidate à la candidature.

Place aux jeunes…

Arnaud Montebourg avait mis sur le tapis une autre question, cher à son coeur de quadra, celui du renouvellement générationnel des élus au sein du pays socialiste, proposant de limiter à 67 ans l’âge des députés au moment de leur investiture.

Sur les quatorze circonscriptions du Rhône, le parti socialiste n’en compte que quatre dans son giron. Et chacun de ses députés a plus de 60 ans. Pierre-Alain Muet repart pour la deuxième circonscription, Pascale Crozon se présente également pour un second mandat à Villeurbanne, tout comme Jean-Louis Touraine sur la troisième circonscription.

Jean-Jack Queyranne, sous la pression du bureau national qui tente de lutter autant que possible contre le cumul des mandats, a décidé de ne pas se représenter.

Pour plusieurs élus et militants, qui auraient bien aimé pousser ces candidats sortants vers une vraie sortie, l’argument de l’âge n’aurait pas dû être aussi vite écarté par le bureau national.

 

 

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